Crossing Lines: Le pari international des créateurs de Criminal Minds

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Les séries télévisées policières sont établies depuis un bon moment déjà. Elles sont comme une vieille dame en jaquette et pantoufles de flannellette, installée très confortablement dans nos salons. Qu’on pense à la franchise Law & Order qui a fait cinq petits, dont un toujours aussi populaire: SVU. Il y a les CSI, Castle, The Mentalist et Criminal Minds (pour n’en nommer que quelques-uns) qui fleurissent sur nos petits écrans. Mais pourquoi ces émissions sont-elles si populaires?

Ma théorie: on aime croire que les gens qui sont payés pour nous protéger sont des super-héros. On aime l’idée qu’ils ont une empathie extraordinaire pour les victimes qu’ils côtoient et un profond respect pour l’emploi qu’ils occupent. On les regarde chaque semaine se dévouer corps et âme pour percer une enquête et mettre le coupable en prison. Ça nous rassure parce qu’on devient convaincu que si le pire nous arrive, les meilleurs seront derrière nous. Nous savons tous, au plus profond de notre être, que tout ça ressemble plus à un conte de fée des temps modernes qu’à la réalité. Le système n’est pas si parfait, les gens qui le compose encore moins. Mais libre à nous de nous raconter les histoires qu’on veut, non?

Ce que nous, téléspectateurs, voulons; nous obtenons de nos diffuseurs. Cette fois-ci, plusieurs d’entres eux (dont la chaine française TF1 et Sony Pictures Television Networks) se sont regroupés pour nous offrir une édition internationale de Criminal Minds : Crossing Lines. Ces deux séries policières viennent des mêmes créateurs, Edward Allen Bernero et Rola Bauer. Cette fois-ci, l’équipe de prodiges travaille pour la Court pénale internationale (CPI). Ils viennent des États-Unis, d’Italie, de France, d’Allemagne et d’Irlande du Nord. Ils ont tous été choisi en raison d’un talent quelconque, que ce soit les armes, l’analyse du comportement du criminel, la technologie, etc.

Souvent, pour qu’une série décolle on a besoin de gros noms. Crossing Lines a donc Donald Sutherland qui joue un supérieur, le français Marc Lavoine et l’acteur William Fitchner. C’est assez pour nous convaincre de leur donner une chance. D’ailleurs, l’histoire tourne beaucoup autour de ces vedettes et ça fonctionne bien. Fitchner joue le rôle d’un policier de la NYPD, Carl Hickman, à la retraite et accro à la morphine en raison d’une grave brûlure à la main. Lavoine, supérieur de l’équipe de police de la Cour pénale, au passé tragique, convaincra Hickman de quitter le carnaval dans lequel il travaille pour se joindre à l’équipe élite qu’il a mise sur pied. Ensemble, ils devront résoudre des crimes horribles qui traversent les frontières de plusieurs pays européens.

Il y a beaucoup de bons coups à la télé en ce moment et je comprends que le temps de tout le monde est précieux; le vôtre comme le mien. Alors, est-ce que ça vaut la peine de prendre une heure par semaine pour regarder une autre série policière? Selon moi, oui, bien que j’ai une petite réserve.

Crossing Lines véhicule un fantasme voulant que la Court pénale internationale ait une division policière qui se chargerait de travailler sur des crimes autres que des crimes de guerre, génocides ou crimes contre l’humanité. Malheureusement, cette division n’existe pas. Mais comment nourrir le besoin de millions de téléspectateurs qui veulent voir le bien combattre le mal sans répéter une formule qui existe dans tant d’autres séries policières? On est donc parti d’une institution qui a une valeur profondément morale (CPI) et on y a ajouté un élément qui mousse le fantasme. J’avoue que ça m’emmerde, mais je peux faire avec.

Malgré cela, Crossing Lines présente un élément nouveau et qui risque de la distinguer des autres séries policières : son décor. Cette fois-ci, on a droit à une série beaucoup plus européenne qu’américaine. On laisse New York, Las Vegas et Miami pour Paris, Berlin et Amsterdam. On voyage en train et on entend des accents forts. Un vent de fraicheur si vous voulez mon avis.

Alors, bien que dans Crossing Lines vous reconnaîtrez notre bonne vieille dame en jaquette de flannellette, vous verrez qu’elle a un peu plus de couleurs. On espère qu’elle osera le tout pour le tout en nous offrant des intrigues qui se distinguent des crimes nationaux typiques. Il y a un potentiel réel d’offrir quelque chose de différent. En attendant, je serai à l’écoute. J’ai la vieille à l’œil.

**Crossing Lines a été renouvelé pour une deuxième saison de 12 épisodes. La première saison est en ondes à la CBC les mardis à 21 h. http://www.cbc.ca/mediacentre/crossing-lines.html#.UmV2HBaE7dk  

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