Red Wings de Detroit: Un modèle à suivre

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Dans tout sport professionnel, il y aura toujours une équipe, un athlète ou un dirigeant qui semble être capable, d’année en année, de démontrer une supériorité face à ses adversaires. Malgré les tempêtes, malgré le temps qui avance et surtout lorsque la majorité s’accorde à se dire que leur époque est révolue, ils parviennent tout de même à déjouer les attentes qu’on leur donne. Ces gens deviennent alors un modèle d’excellence que tous essaient de reproduire. Plusieurs s’y rendent comme d’autres se cherchent encore, mais reste toujours qu’on peut facilement imiter mais qu’on ne peut jamais dupliquer.

Depuis la saison 1983-84, les Red Wings de Detroit n’ont raté les séries éliminatoires que deux maigres fois, tout en remportant la prestigieuse Coupe Stanley à quatre reprises. Par ce fait, cette ville du Michigan vit pour ce sport, et a développé à elle seule un système de hockey mineur impeccable où plusieurs jeunes grandissent dans le but de devenir des joueurs professionnels. L’attraction que l’équipe opère dans cette ville lui a même prévalu le sobriquet de Hockey Town, que nous pouvons bien lire au centre de la patinoire au Joe Louis Arena. L’engouement est tellement fort, que malgré la faillite qui frappe durement la ville, la mairie a décidé d’accorder la permission de construire un nouvel amphithéâtre au coût de 650 millions de dollars.

Mais comment y arrivent-ils? Après tant d’années, l’Empire est toujours à un point fort, peut-être un peu moins puissant que dans les années 90 où les joueurs paraissaient seuls sur la glace, mais assez bien pour que les partisans des autres équipes s’y intéresse, pour que les joueurs le respecte et surtout pour que plus personne ne doute de lui.

Un état-major de haut niveau

Tout cela commence par la haute direction. Le propriétaire Michael Illitch et Illitch Holdings sont maîtres dans les services des ressources humaines. Sous lui, le directeur-général Ken Holland est aux commandes depuis 16 ans. À travers la ligue, il est un des hommes les plus respectés, tout en tenant un des records de longévité à ce poste. Pour ce faire, il s’est entouré de bonnes têtes de hockey et surtout d’excellents gens d’affaires comme Ryan Martin, assistant à Holland ainsi que responsable de l’administration hockey. Parmi les anciens joueurs qui occupent un poste dans la direction, on peut y compter notamment Chris Chelios, Kris Draper et Jiri Fischer qui agissent tous au sein des Opérations Hockey. L’entraîneur-chef Mike Babcock est en poste depuis neuf ans et représente un des meilleurs techniciens et enseignants de ce sport; ce qui lui prévaut ce même poste avec Équipe Canada. Ses adjoints sont Tom Renney, Bill Peters, Jim Bedard, Chris Osgood et Keith McKittrick.

Le directeur-général Ken Holland, le capitaine Henrik Zetterberg et l’entraîneur-chef Mike Babcock, trois gros piliers des Red Wings.

L’équipe de dépisteurs, avec Mark Howe en tête, nous a habitué à un travail remarquable aux différents repêchages, en frappant plusieurs coups de circuit dans les rondes tardives. On peut bien sûr penser à Pavel Datsyuk, Henrik Zetterberg, Jonathan Ericsson, entre autres, qui ont été sélectionnés au 6e, 7e et 9e ronde respectivement. Malgré les choix tardifs en raison des succès de l’équipe sur glace, leurs dépisteurs réussissent année après année à dénicher des perles rares que personne n’a vu venir. Ce flair et ces yeux de lynx proviennent entre autre de Tyler Wright, Jeff Finley, Hakan Andersson et Nikolai Vakourov. Il y a quelques temps, le directeur derrière le tout était Jim Nill, maintenant directeur-général chez les Stars de Dallas.

Leur propre rythme de développement

Les Wings ne sont pas le genre d’équipe qui dépêchera un jeune joueur avec le grand club. Avec beaucoup de sagesse, l’équipe de développement prônent beaucoup la patience. J’appelle ce système « la façon du football de la NCAA ». Lorsque les jeunes graduent des rangs universitaires vers la NFL, en général, les jeunes ont autour de 21, 22 ou 23 ans et ils sont prêts immédiatement à jouer. Avec les Wings, ça se ressemble beaucoup. Lorsqu’un jeune est repêché, l’organisation maximisera sur ses années juniors et ensuite, il est également inévitable qu’il passera par la Ligue Américaine pour parfaire son jeu et on lui donne le temps qu’il faut. Pendant ce temps, il sera évalué sur son développement. Lorsqu’il graduera avec les Wings, l’athlète aura aux alentours de 22 à 24 ans. Jimmy Howard est un bon exemple, Jonathan Ericsson aussi. Corey Emmerton et Brendan Smith sont des choix de deuxième et première ronde en 2006 et 2007. Cela fait déjà six et sept ans qu’ils se développent; or, plusieurs équipes auraient déjà lancé la serviette avant ce temps.

Jimmy Howard, repêché en 2003, a dû patienter jusqu’à la saison 2009-10 pour enfin avoir la chance de se faire valoir en tant que gardien numéro 1.

En plus des jeunes, Holland n’hésite pas à aller chercher un morceau de casse-tête dont il a besoin. Plus souvent qu’autrement, ce sont des joueurs qui peinaient à amasser le moindre de point dans une autre équipe mais qui regagnent confiance une fois avec les Wings; ou encore, ce sont des joueurs souvent blessés sur qui ils ont pris une chance. Pensons à Todd Bertuzzi, par exemple. Ce colosse au lourd passé d’assaillant poireautait en Floride avec une équipe qui n’allait nulle part. Holland décida alors de passer un coup de fil à Mike Keenan qui n’a aucunement hésité face à l’offre de son homologue, cédant le jeune prometteur Shawn Matthias et un choix de 2e ronde en 2008. C’était cher payé pour un joueur qui avait à peine joué sept matchs avant l’échange à la date limite de transactions. Néanmoins, Bertuzzi a aidé son équipe à atteindre la finale de la Conférence avant de s’incliner en six matchs face aux Ducks d’Anaheim.

L’expérience mise à profit

Finalement, l’âge n’est pas un problème à un certain point. Plusieurs joueurs, même à 35 ans et plus, sont toujours aussi dominants. Johan Franzen, Dan Cleary, Pavel Datsyuk, Mikael Samuelsson, Todd Bertuzzi ne rajeunissent pas, mais cela ne les empêchent pas d’avoir leur place au sein de la formation et de bien performer soir après soir. Encore là, dans plusieurs autres équipes, on les qualifierait de finis ou de bois mort. Néanmoins, ces joueurs sont utilisés à toutes les sauces durant un match et Babcock n’hésite aucunement à les utiliser en situation cruciale.

Le résultat de tout ça? Les Red Wings de Detroit accèdent aux séries éliminatoires à chaque année. Faisant maintenant partie de la Conférence de l’Est, Detroit joue maintenant régulièrement contre des équipes, selon la croyance populaire, moins fortes que l’Ouest. Soyons honnêtes, combien de fois avons-nous favorisé une autre équipe pour les éliminer en séries et à chaque fois, nous nous sommes trompés? Moi, je l’avoue. J’avoue également que toutes leurs réussites sont fascinantes et c’est encore plus surprenant de constater que l’Empire est loin d’être détrôné.

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