Le CH victime de ses attentes?

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Évoluer dans un gros marché de hockey comme celui de Montréal a ses bons et ses mauvais côtés. Parmi les bons, on peut compter l’appui inconditionnel de ses partisans, la passion de ceux-ci, la motivation de jouer dans un tel marché, la tradition, la gloire et bien d’autres points que nous pouvons constater avec évidence. Parmi les mauvais, celles qui seront explorées lors des paragraphes suivants sont les attentes à l’endroit de l’équipe; pas juste venant des amateurs, mais aussi venant de l’état-major et même des médias.

Le Club de Hockey Canadien évolue dans un marché où il est impératif de gagner; et manquer les séries éliminatoires, même si ce n’est que par un maigre point, constitue un échec à la saison. Plusieurs entraîneurs, plusieurs directeurs-généraux et plusieurs joueurs également, ont écopé suite à des saisons en-deçà des attentes. Malgré cela, vous constaterez que les autres équipes n’ont rien à envier à celle qu’on a en place. Alors pourquoi, après tant d’attente, n’a-t-on pas une meilleure équipe qu’on a en ce moment, justement dans le but de gagner?

Malgré mon fanatisme, il est difficile de ne pas constater que l’équipe qu’on a est moyenne. Bien sûr, ces dernières saisons, on a eu quelques lueurs d’espoirs. Je pense entre autres à P.K. Subban qui a raflé le trophée Norris remis au défenseur par excellence de la LNH, la sélection d’Alex Galchenyuk en 2012, la découverte surprise de Brendan Gallagher, l’éclosion de Max Pacioretty; pour n’en nommer que quelques-uns. Le lien qui unit tout ce que je viens d’énumérer est que ces joueurs sont tous jeunes et représentent le bel avenir de nos Glorieux.

Là où je veux en venir, c’est qu’il est facile de dire qu’on devrait liquider quelques vétérans qui rendent cette équipe médiocre, mais c’est difficile de pouvoir emprunter cette voie. Il est inpensable pour le CH de s’asseoir sur ses saisons dans le but de reconstruire de la véritable façon, comme Pittsburgh l’a fait, de même que Chicago, Washington, St-Louis et Edmonton, entre autres. Je suis persuadé que vous êtes d’accord avec moi: de faire jouer ses jeunes, même si cela veut dire tomber dans la cave du classement deux ou trois saisons d’affilée, garnir nos repêchages de choix hâtifs, les développer et gagner avec eux. Cette façon de faire, communément appelé le tanking, est probablement la dernière option de relance de notre équipe.

Dans un monde idéal, le CH doit atteindre les séries à chaque saison, mais les conséquences de ces attentes, c’est qu’on force l’équipe à gagner. On signe des joueurs qui ne font plus à d’autres équipes, des joueurs qu’on surpaye dans le but d’avoir un noyau qui nous permettra d’entrevoir une mince lueur d’espoir, mais qui ne passera pas la première ronde des séries.

Voici un accoutrement représentatif de la saison cauchemardesque du CH en 2008-2009.

Je crois que les conséquences de ces attentes ont atteint un summum lors du Centenaire de la Ste-Flanelle. Vous souvenez-vous en 2007-08, lorsque les Canadiens ont fini premiers de la Conférence de l’Est avec une récolte de 104 points? Tout le monde s’accordait pour dire que la vingt-cinquième Coupe Stanley était dans notre mire, avant que nos rêves soient démolis en deuxième ronde face aux Flyers de Philadelphie. Durant la saison morte, on nous convainc que la pièce maîtresse qui nous manquait pour les grands honneurs est acquise, et qu’elle se nomme Alex Tanguay. Coup de théâtre! Au fur et à mesure que la saison avance, plusieurs distractions sur et en dehors de la glace frappent l’équipe; on congédie l’entraineur de l’époque Guy Carbonneau, et donc l’équipe n’arrive nullement proche des succès de la saison précédente, et s’incline en première ronde face à Boston.

On décide alors qu’il est temps pour un ménage: on laisse donc partir Saku Koivu, Alex Kovalev, Mike Komisarek et Francis Bouillon, tous devenus joueurs autonomes. Et on décide ensuite d’acquérir les services de Scott Gomez, de signer Brian Gionta, Mike Cammalleri, Jaroslav Spacek, Travis Moen et Paul Mara… tout ça parce qu’il est impensable que le Canadien ne fasse pas bonne figure lors de son Centenaire, et qu’il est inimaginable que le Tricolore n’atteigne pas la danse du printemps pendant cette saison de célébrations.

Je comprends l’objectif annuel, et on a bien failli causer toute une surprise, malgré qu’on se soit inclinés en cinq matchs en finale de l’Est, en 2010. Sauf que je ne peux pas croire que personne n’ait pensé au fait que l’équipe serait un jour prise avec ces joueurs et leurs lourds contrats. Bien sûr, Gomez, Spacek, Kaberle n’y sont plus (et les circonstances ont totalement joué en faveur du CH grâce au lock-out); mais pensez-y bien: imaginez si nous avions eu la chance de pouvoir liquider les Koivu, Kovalev, Komisarek (qui avait une bonne valeur à l’époque), Tanguay, Hamrlik, Dandenault, et Bouillon alors que le navire était en train de couler pendant la saison 2008-09, au lieu de tenter de forcer les choses et de se faire éliminer de manière expéditive face aux Bruins. Les repêchages qui ont suivi cette édition du CH, en 2009 et en 2010, ont donné plusieurs choix intéressants. On ne saura jamais qui on aurait pu sélectionner de tous ces jeunes, mais à imaginer que certains auraient pu aboutir chez le Tricolore, c’est toujours plaisant de rêver dans nos cœurs de partisans.

Aujourd’hui, nous sommes toujours aux prises avec des joueurs qui amputent les possibilités de nos Glorieux, soit par leur âge, par leur contrat, leur gabarit, ou peu importe. Je suis conscient que ce genre de casse-tête est présent dans chaque équipe, et que nous n’avons pas de baguette magique qui ferait que nous serions aussi puissants immédiatement que certaines équipes. Je suis conscient aussi qu’on répare les pots cassés à travers les années, et que les derniers repêchages nous ont donné une bonne récolte d’espoirs. La saison 2013-14 est encore jeune et promet assurément plusieurs rebondissements. Le contrat de Gionta, de Markov, de Parros, de Bouillon, de Murray et de Diaz viennent tous à échéance et ils pourraient tous être libres comme l’air, en espérant que cette fois-ci que Marc Bergevin ne fasse pas la même erreur que Bob Gainey à l’été 2009.

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