Deux Solitudes: NBA versus basketball européen

NBA: Preseason-CSKA Moscow at San Antonio Spurs

Quand je pense hockey, je pense NHL. Quand je pense baseball, je pense, MLB. Quand je pense football, je pense NFL. Et quand je pense basketball, je pense Euroleague. Bahahaha, as if. Non, quand je pense basketball, je pense NBA. Comme vous. Comme tout le monde? Bonne question.

Pour y répondre, je m’entretiendrai au cours des prochaines semaines avec des ballers amateurs des deux côtés de l’Atlantique afin de voir comment chacun vit son fanatisme du basket. Les petits garçons rêvent-ils tous de la NBA, peu importe qu’ils soient nés à St-Michel ou sur une île grecque?

Le premier à partager son opinion sera Arseni, un Estonien d’origine russe (l’Estonie, c’est ICI), qui a commencé assez tard à jouer, mais qui a rejoint un bon niveau dans les ligues allemandes il y a quelques années. Il regarde rarement les matchs de la NBA, mais il ne manque jamais les highlights.

arseni-entrevue

Quelle est ton plus lointain souvenir associé au basketball?
J’avais 6 ou 7 ans. Le père de mon ami est rentré d’un contrat aux États-Unis avec un ballon officiel de la NBA, un jersey et des chaussures de Michael Jordan, impossibles à trouver en Estonie, pays d’ex-Union soviétique. Il nous a ensuite amenés jouer au basket et je me rappelle encore avoir été impressionné par la hauteur des paniers et le squeek-squeek de mes chaussures sur le sol. Pour moi, le basket c’était vraiment quelque chose de très spécial, un peu hors du commun.

Qui étaient tes idoles?
À cet âge-là, je n’étais pas du tout au courant de ce qui se passait dans le sport. Dans mon pays, la télévision diffusait surtout des nouvelles sur le soccer ou le hockey. À l’âge de 14 ans, j’ai commencé à jouer au basketball de façon plus sérieuse. J’ai alors réalisé ce que le jeu exigeait et j’ai acquis beaucoup de respect pour les professionnels. Je me suis mis à suivre les exploits de Michael Jordan, Shaq et des autres stars de la NBA. Je ne connaissais pas du tout les équipes européennes.

Crois-tu que ton jeu est différent parce que tu as appris d’entraîneurs européens?
C’était vrai jusqu’à ce que je rencontre Kris, un gros gars tatoué qui s’entraînait avec son boombox JVC qui blastait du Wu-Tang et du Dr Dre. No joke. Originaire des États-Unis, Kris avait joué au niveau collégial avant de déménager dans mon coin. Il  n’aimait pas notre style de jeu trop « blanc » (ses mots) et voulait nous montrer à prendre le contrôle. On a appris à aller au panier de façon agressive, acharnée, sans se soucier d’avoir l’air maladroit et surtout sans avoir peur du contact physique. Il nous a enseigné à repousser nos limites, à VOULOIR le ballon, le panier et la game. Je me suis beaucoup développé comme joueur grâce à lui et à ce que je considère être son influence américaine sur mon style européen.

T’es-tu un jour intéressé au basketball européen?
Oui. Lorsque j’ai commencé à jouer à un meilleur niveau en Estonie, je m’entraînais au même endroit où jouait l’équipe professionnelle régionale. J’étais impressionné par les joueurs, mais en consultant les classements, J’ai vite compris que l’équipe n’était pas très bonne, donc je me suis mis à suivre d’autres joueurs estoniens et j’ai découvert que certains évoluaient pour de grandes équipes de l’Euroleague et même pour la NBA.

Que penses-tu de la croyance selon laquelle les bons joueurs vont dans la NBA et les autres restent en Europe?
Je crois qu’il y a d’excellents joueurs partout. À mon avis, l’argent et la célébrité propres à la NBA en poussent sans doute plusieurs à vouloir faire le saut – ceux qui ont le niveau, le gabarit et les qualités athlétiques nécessaires. Je pense aussi que certains préfèrent rester en Europe, près de leur famille. Pensons notamment à Rudy Fernandez qui annonçait en juillet 2012 qu’il quittait la NBA pour retourner en Europe; il est maintenant dans le starting 5 du Real Madrid. Pour un Américain, réussir en Europe est un triste deuxième choix, peut-être, mais pour nous, c’est un grand exploit. Moins flamboyant, mais aussi admirable.

Il est difficile de comparer la NBA et l’Euroleague, car les règles et les dimensions du terrain ne sont pas les mêmes, ce qui à mon avis influence grandement le jeu. Une des différences majeures en Europe est l’emphase que l’on met sur l’équipe plutôt que sur des joueurs individuels. En mon sens, c’est un point positif pour nos ligues d’ici parce que je trouve le star système de la NBA assez lassant, parfois…

Tes équipes et joueurs préférés?
NBA
Équipe : Pacers d’Indiana
Joueur : Derrick Rose

Euroleague
Équipe : CSKA Moscou
Joueur : Je ne peux pas dire que j’ai un joueur préféré… ça en dit long!

Meilleur joueur de tous les temps : Michael Jordan

Quand tu étais petit, tu rêvais de jouer où?
Dans la NBA, bien sûr.

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