La descente aux enfers des Flyers de Philadelphie

Flyers bench

Si vous avez une bonne mémoire, vous vous souvenez probablement du but dramatique de Patrick Kane compté en prolongation du match #6 de la finale de la Coupe Stanley. Ce but, qui sema toute une confusion, a mis fin aux espoirs des Flyers de Philadelphie de remporter les grands honneurs, ce qui aurait été une première depuis les Broadstreet Bullies de 1975.

Personne ne s’y attendait. Pourtant, le parcours emprunté a été bien impressionnant, en déclassant coup sur coup les Devils du New Jersey (classés 2e), les Bruins de Boston (classés 6e) et les tout aussi surprenants Canadiens de Montréal (classés 8e). Durant la même danse printanière, on se souviendra par ailleurs de la série mémorable contre Boston, où les Flyers tiraient de l’arrière 0-3 pour finalement renverser la vapeur et forcer un septième match, remportant cette partie cruciale à l’image de la série par la marque de 4 à 3.

Avec l’émergence des Giroux et Van Riemsdyk, Pronger et Gagné en santé, des jeunes vétérans comme Richards et Carter; tous s’entendaient pour dire que les Flyers décolleraient vers une domination digne d’une puissance. Il s’agissait plutôt d’un mirage, et la descente aux enfers n’avait fait que commencer.

C’est un secret de polichinelle : les Flyers ont toujours eu un problème au poste de gardien de but. Il faut remonter à Ron Hextall pour trouver le dernier portier stable que l’organisation a eu. Depuis, John Vanbiesbrouck, Brian Boucher, Roman Cechmanek, Robert Esche, Antero Niitymaki, Jeff Hackett, Sean Burke, Martin Biron, Michael Leighton, Ray Emery, Sergei Brobovsky, Ilya Bryzgalov et Steve Mason (ouf!) ont tous partagé le temps de glace entre les poteaux. Les récents insuccès ont commencé lorsque la direction a décidé que c’était assez, et qu’elle comblerait ce poste une fois pour toutes. On donna alors un contrat d’une valeur de 51 millions de dollars à Bryzgalov sur une durée de neuf ans. Grosse erreur! Les amateurs qui se déplaçaient au Wells Fargo Center avaient autant peur pour leur équipe que la peur bleue que ce gardien éprouve face aux ours.

Très frustrante, l’ère Bryzgalov à Philadelphie

Pour faire une place à celui qu’on surnomme Bryz sous le plafond salarial, les Flyers avaient échangé des éléments-clés nommés Mike Richards et Jeff Carter. Pour Richards, l’équipe a reçu Brayden Schenn, Wayne Simmonds et un choix de deuxième ronde (plus tard échangé); et pour Carter, Columbus avait envoyé Jakub Voracek et leur choix de première ronde, 8e au total, qui est devenu Sean Couturier. Schenn et Voracek étaient destinés à une belle carrière, mais même avant ces échanges, ils avaient plutôt plafonné. Ces transactions ont donné leurs dividendes rapidement, mais pour une seule saison. Même si tous les joueurs mentionnés dominent l’équipe d’aujourd’hui au chapitre des points, ils n’en produisent pas assez pour propulser le club. De plus, réalisant qu’il leur sera impossible de refiler Bryzgalov à une autre équipe, Holmgren jette beaucoup trop rapidement la serviette dans le cas de Sergei Brobovsky. Le jeune Russe recevra l’année suivante le trophée Vézina avec les Blue Jackets de Columbus.

Il y a des lois non-écrites, ou plutôt une logistique au hockey qu’il faut respecter si on ne veut pas commettre une erreur. Une de celles-ci est qu’on ne doit jamais échanger un marqueur naturel pour un défenseur défensif. Paul Holmgren a défié cette croyance en échangeant James Van Riesmdyk à Toronto contre Luke Schenn. Malgré ses blessures, JVR produit toujours de façon respectable alors que Schenn a lui aussi plafonné et n’est plus dans les bonnes grâces de son entraîneur.

Dans une autre vie, Holmgren devait être un joueur compulsif. Non seulement donne-t-il des contrats faramineux, il liquidait des salaires dans le but d’en octroyer de nouveaux! Malgré lui, Bryzgalov joue cette fois le rôle de celui qu’on a liquidé. Bien que le rachat de son contrat était imminent, Holmgren a également racheté celui de Daniel Brière… pour ensuite dépenser cet argent épargné sur Mark Streit (21M$/4 ans) et Vincent Lecavalier (22.5M$/5 ans). Bien sûr que ces signatures comblent des besoins, mais était-ce nécessaire pour des vétérans en déclin?

Alors que diable fait Paul Holmgren? Depuis que le directeur-général est en place, il accumule les mauvaises décisions plutôt que les bonnes. Malgré cela, la haute direction a toujours confiance en lui. L’équipe en place aujourd’hui est méconnaissable malgré le talent qu’elle regorge. Le club a très mal commencé la saison 2013-14, même s’ils se sont ressaisis suite à l’embauche de Craig Berube. Il y avait un temps où les Flyers étaient une équipe intimidante; maintenant, on se demande plutôt s’ils pourront survivre dans cette ère Holmgren. La saison est bien entamée, mais encore jeune. Il n’est pas trop tard pour que les Flyers se remettent sur pied pour viser une place en séries éliminatoires.

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