Rangers de New York: Dignes de Broadway

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Lorsque vous pensez à l’équipe des Rangers de New York, dans le passé et dans le présent, à quoi pensez-vous? Probablement à Henrik Lunqvist, à leur Coupe Stanley en 1994, à l’impulsivité de Glen Sather et James Dolan, et évidemment les Marc Messier, Wayne Gretzky, Adam Graves, Brian Leetch, Mike Richter, Jaromir Jagr et à toute la bande de joueurs talentueux qui y sont passés.

Même si ceux-ci sont plus qu’intéressants et impressionnants, les saisons qui se sont déroulées au légendaire Madison Square Garden n’ont pas toujours été à l’image de l’équipe. Les Rangers de New York ont donc tout d’une présentation sur Broadway : l’allégresse, le drame, le suspense, la gloire et le happy ending. Il y a quelque chose dans l’air de la ville de New York. Cette métropole aux allures glamour, internationales et touristiques, lui ajoute un certain grain de sel que nous ne retrouvons pas dans tous les marchés sportifs. Il y a une certaine fierté lorsqu’on parle de sport dans la Grosse Pomme, les amateurs en sont très passionnés et alors les équipes ont le devoir de gagner.

La différence avec New York et les autres gros marchés de hockey, c’est qu’ils ont le portefeuille pour se démarquer. James Dolan a la signature facile lorsqu’il vient le temps d’acquérir un joueur pour sa franchise; mais souvent celui-ci est surpayé, mal entouré ou tout simplement surévalué. Revenez au début des années 2000 où Sather, nouvellement engagé, promettait une Coupe Stanley. Il avait même pris le ton de Mark Messier qui avait promis de battre les Devils du New Jersey lors de leur saison de rêve. Il avait alors sorti le livret de chèques et a couvert d’or Alex Kovalev, Jaromir Jagr, Martin Rucinsky et Bobby Holik. C’est aussi à partir de cette saison-là que les amateurs au Centre Molson ont hué Stéphane Quintal pour s’être vendu également. Avant ces signatures, Sather avait également transigé pour rapatrier Mark Messier une seconde fois, Eric Lindros et Pavel Bure. Devant les buts, c’était le natif de Mont-Laurier Dan Blackburn qui avait épaté la galerie à sa saison recrue, mais qui s’est estompé après 17 matchs à sa deuxième saison avant d’être contraint à la retraite à seulement 22 ans en raison de problèmes de santé.

À la fin de la saison 2003-04, Sather s’est finalement résigné à une vente de feu où il a notamment échangé Leetch et Kovalev. Durant la saison morte, Bure et Messier ont annoncé leur retraite; et Lindros avait quitté pour Toronto. Sather s’est alors éloigné des gros contrats en faisant confiance à de jeunes talents comme Petr Prucha, Dominic Moore et Blair Betts. Plusieurs s’attendaient à une saison médiocre des Blue Shirts suite au lock-out de 2004, par contre Henrik Lunqvist s’avéra une révélation et l’équipe s’est qualifiée pour 8e fois de suite aux séries éliminatoires. Même si Sather tenait à son plan de reconstruction, il a signé le vétéran Brendan Shanahan pour pallier au manque de buts marqués. À l’aide des choix au repêchage obtenus, l’organisation a mis la main sur des jeunes loups comme Ryan Callahan et Brandon Dubinsky. Marc Staal a également été sélectionné par l’équipe de recruteur.

2014 Coors Light Stadium Series - New York Rangers vs New Jersey Devils

Mais évidemment, ce qui monte doit descendre. Sather a volé la vedette durant la saison morte de 2007. D’abord au repêchage, Alexeï Cherepanov fut leur sélection. Malgré l’incertitude qu’il traverse un jour l’Atlantique, le jeune Russe représentait un talent digne d’un top 5 selon plusieurs recruteurs; le choix demeurait alors une gageure. Au marché des joueurs autonomes, Sather retomba dans ses vieilles habitudes et dépensa 51.5 millions$ pour sept ans pour Scott Gomez et 32.25 autres millions$ pour 5 ans cette fois-ci pour Chris Drury. Au moment de ces acquisitions, elles avaient été acclamées de toutes parts; mais la lune de miel s’est vite tournée au cauchemar alors que ni l’un ni l’autre n’a répondu aux attentes. Aussi, pour combler les lacunes défensives de son club, Sather offra 39 millions$ à Wade Redden pour un contrat d’une durée de six ans. Ce dernier a joué plus de matchs avec le club-école des Rangers qu’avec le grand club. Et comble de malheur, on ne connaîtra jamais l’impact du jeune Cherepanov, qui perdra la vie – un peu plus d’un an après avoir été sélectionné – lors d’un match de la KHL alors que son rythme cardiaque irrégulier n’a pu être maîtrisé à temps. Après une deuxième moitié de saison décevante, Tom Renney s’est fait remercier au profit de John Tortorella.

Même si les Rangers se tiraient bien d’affaires en participant aux séries éliminatoires à chaque année, avec l’émergence des Callahan (qui devena le 26e capitaine de leur histoire en 2011), Brandon Dubinsky, Marc Staal, Artem Anisimov et Carl Hagelin; Sather ne s’est pas gêné de magasiner encore quelques fois. En 2009, il offra 35 millions$ pour 5 ans à Marian Gaborik et en 2011, 60 millions$ pour 9 ans à Brad Richards. Du côté des transactions, Sather se signala en allant chercher entre autre Ryan McDonagh dans une transaction qui envoyait Gomez à Montréal, il a obtenu Rick Nash contre une pelletée de bons jeunes, et un an plus tard il envoya Gaborik à Columbus.

Même si Sather est un des directeurs-généraux les plus actifs, il n’en demeure qu’il répare constamment son impulsivité en bout de ligne. Ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’il réussit à le faire plus souvent qu’autrement. Cette saison, les Rangers, sous les ordres d’Alain Vigneault, ont très mal commencé la campagne mais ils ont su rebondir; ils sont maintenant en place pour les séries, deuxièmes derrière les Penguins de Pittsburgh de la section Métropolitaine. Sather a tout récemment réglé le problème Michael Del Zotto en l’envoyant à Nashville en retour de Kevin Klein.

Avec des éléments clés comme Brian Boyle et Dan Girardi qui deviendront joueurs autonomes sans compensation, sera-t-il tenté de bouger de nouveau? Seul Ryan Callahan parmi ce groupe semble avoir une bonne chance de rester, mais vous savez comme moi: Glen Sather reste Glen Sather. Je me mets dans la peau d’un fan au MSG, et j’ignore si cela arrivera un jour, mais je craindrais une implosion au sein de cette équipe. Mais ne l’étant pas, lorsque je vois de l’action qui implique les Rangers, même sans avoir lu la une, je me dis clairement que cela doit être du bonbon.

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