Course aux Oscars: L’état des forces final… suite et fin.

Voici enfin le classement final des films en nomination pour les Oscars. Pour les critiques précédentes, vous les trouverez ici:

Première partie (Gravity et American Hustle)
Deuxième partie (Blue Jasmine)
Troisième partie (Dallas Buyers Club)
Quatrième partie (Captain Phillips, Nebraska)
Cinquième partie – 1 de 2 (Philomena, Before Midnight, August: Osage County).

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12 Years A Slave

[Mettant en vedette Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender et Lupita Nyong’o. Réalisé par Steve McQueen.]
En nomination pour: meilleur film, meilleur acteur, meilleur acteur de soutien, meilleure actrice de soutien  et meilleur scénario adapté.

12 Years A Slave raconte l’histoire de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor), homme libre qui se fait arnaquer et passe 12 ans de sa vie comme esclave. Jusqu’au jour où une rencontre avec un Canadien (un Brad Pitt grisonnant) change sa route.

Je dois avouer que j’ai été voir ce film à reculons. Juste le synopsis de l’histoire me lève le cœur. Je me demandais comment j’allais pouvoir survivre à regarder cette histoire sur grand écran. La réponse : assez facilement.

Le film commence assez bien. On voit Solomon avec sa famille, vivre comme n’importe quel homme libre. Lorsque sa femme part avec ses enfants et lui décide de partir faire de l’argent avec deux «artistes», on sait ce qui va arriver. Quand il se réveille enchaîné, je voulais vivre son calvaire avec lui mais je n’ai pas réussi. Je comprend que mon expérience peut être différente de la plupart du monde mais donnez moi la chance de m’expliquer.

Parce que Solomon ne tombe jamais dans le désespoir, j’ai eu de la misère à avoir de la rage pour lui. Quand la femme avec qui il arrive dans le sud perd ses enfants et qu’elle pleure sans cesse, j’ai commencé à avoir un pincement au coeur. Jusqu’à ce que Solomon lui dise de ne pas tomber dans le désespoir pour qu’elle puisse se donner une chance de s’en sortir. Même chose lorsque, dans une autre plantation, une esclave demande à Solomon de la tuer parce qu’elle n’a pas le courage de le faire elle-même.

J’ai aussi eu des problèmes avec comment Solomon gardait l’espoir. Jamais on ne le voit penser à sa famille ou avoir des flashbacks. Est ce qu’il gardait espoir parce qu’il ne pensait pas à eux? Ou bien est-ce le contraire c’est de savoir qu’il les reverrait un jour qui l’aide à ne point sombrer? Est ce qu’il n’a jamais eu de nuits où il rêvait qu’il était un homme libre et en se réveillait, réalisait où il se trouvait et pleurait un bon coup? Je pense que ces choses m’aurait aidé à m’identifier plus avec lui.

Si son premier maître était «gentil», son deuxième est tout à fait le contraire. Michael Fassbender joue le rôle d’Edwin Epps à merveille. Un maître d’esclave cruel qui aime Patsey, une esclave (Lupita Nyong’o), à sa manière tordue. On le réalise dans une scène assez pénible. À chaque apparition, il brille de tous ses feux. Ses émotions, surtout ses conflits émotionnels lorsque sa femme (Sarah Paulson dans une performance prestigieuse) plus méchante que lui, lui demande de maltraiter Patsey parce qu’elle est jalouse d’elle. Michael Fassbender nous livre une performance qui mérite d’être oscarisé.

Ce film a été fait pour gagner des Oscars. Les gros plans sur les paysages, le gros plan sur la face de Solomon avec une larme qui coule, un sujet assez corsé filmé avec des gants de velours pour que l’on puisse apprécier la cinématographie et ne par sortir troublé.

Verdict: Cinéma mardi

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THE WOLF OF WALL STREET

The Wolf of Wall Street

[Mettant en vedette Leonardi DiCaprio, Jonah Hill, Kyle Chandler et Jean Dujardin. Réalisé par Martin Scorcese.]
En nomination pour: meilleur film, meilleur acteur, meilleur acteur de soutien et meilleur scénario adapté.

Ce film raconte l’ascension de Jordan Belfort (Leonardi DiCaprio), de jeune agent de finance naïf à un requin financier puissant jusqu’à ce qu’il perd tout.

Le film débute en nous montrant Jordan dans son style de vie extravagant. Il nous narre sa vie au quotidien et fait un saut dans le passé pour savoir où tout a commencé.

Il nous ramène à ses débuts sur Wall Street. Il est ambitieux mais il a certaines restrictions. Elles tombent assez rapidement. Ça n’a pris qu’un dîner avec son mentor (Matthew McConaughey dans une brève apparition explosive) pour qu’il découvre et plonge dans les excès de Wall Street. Tout se passe bien jusqu’au Black Monday, où tout Wall Street s’effondre. Il perd son emploi. Il désespère un peu jusqu’à ce que sa femme lui suggère une petite entreprise. Et tout changea.

Trouvant un moyen de faire de l’argent vite, il décide de partir à son compte avec des amis d’enfance et Donnie Azoff (Jonah Hill), un mec qui a quitté son emploi après avoir vu combien Jordan faisait dans un mois. À partir de là, on part dans une montagne russe de débauche, d’alcool et de drogue. Il change son style de vie, change sa femme pour un modèle plus nouveau, etc. Même quand son père lui demande d’arrêter parce que la loi est après lui, il ne le fait pas. À son détriment.

Le film fonctionne à cause de plusieurs choses. Jonah Hill est égal à lui-même dans le rôle du bras droit de Jordan. Kyle Chandler (Coach Taylor de Friday Night Lights) dans le rôle de l’agent du FBI qui poursuit Jordan est d’une intégrité solide. Rob Reiner dans le rôle du père de Jordan, Margot Robbie étant la deuxième de Belfort, Jean Dujardin comme banquier suisse corrompu. Tout ce casting joue leur rôle à perfection. Mais le film tient sur les épaules de Leonardo DiCaprio.

Leonardo, peu de temps après avoir joué parfaitement le rôle d’un excentrique millionaire dans The Great Gatsby, nous livre une performance impeccable. Chaque fois qu’il s’adresse à la caméra pour nous dire que sa plus grande dépendance est l’argent, qu’il commence à nous expliquer ses magouilles, qu’il s’arrête et nous dit: «Vous vous en foutez, ce qui est important c’est que je faisais des millions!!!!», non seulement on le croit, mais on comprend pourquoi des personnes le suivaient. Quand il est sous l’effet de la drogue, spécialement dans la scène où il est dans un country club, il est excellent.

Cependant, la scène où il scelle l’Oscar du meilleur acteur est quand il donne sa démission à ses employés. Il passe de sobre, à émotif, à être tourmenté et finalement, il redevient le leader charismatique, tout ça en l’espace de 5 minutes. Quoique j’ai bien aimé le film, cette scène a validé à elle seule le prix de mon billet.¹ Elle nous démontre le meilleur acteur de sa génération en pleine maîtrise de son art. Vous méritez une ovation, Monsieur DiCaprio.

Ce film, quoiqu’un peu long, en vaut vraiment la peine.

Verdict : Cinéma plein prix

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Her

[Mettant en vedette Joaquin Phoenix et Amy Adams, réalizé par Spike Jonze.]
En nomination pour: Meilleur film et meilleur scénario original

De tous les films en nomination aux Oscars, Her était celui que j’avais le plus hâte de voir pour deux raisons. Lesquelles?

Ces deux vidéoclips sont parmi mes favoris à cause de leur esthétique et ils ont été tournés par Spike Jonze. Après Being John Malkovich et Adaptation, il nous revient en pleine forme avec l’histoire d’un écrivain qui tombe amoureux de son système d’exploitation. Un peu fou comme histoire, non? Mais c’est ce que Spike Jonze fait de mieux.

Theodore Twombly est encore morose dû à sa séparation récente. Dans un monde où les systèmes d’exploitation lisent les courriels à haute voix, il décide de s’offrir un système d’exploitation personnalisé à son caractère. Entre Samantha (avec la voix de Scarlett Johansson, sublime), un système d’exploitation qui évolue et avec qui Theodore tombe amoureux.

Joaquin Phoenix est tout simplement brillant dans le rôle de Theodore. On ne voit jamais Samantha et pourtant il ne paraît jamais ridicule quand il parle à son ordinateur. Dans plusieurs de ses scènes, il est tout seul mais on ne le sent jamais. Son amour pour Samantha nous saute aux yeux, même quand lui ne le réalise pas. On est heureux pour lui quand il décide finalement de sortir avec elle. Et on est mal à l’aise quand la relation finit. Aucun autre acteur, à part James Franco, n’aurait pu jouer un rôle aussi fou de manière aussi crédible que Phoenix. Sa prestation vaut au moins une nomination.

Le réalisme de la relation vient du fait que lorsque Theodore voit d’autres femmes (Rooney Mara dans le rôle de son ex qui est frustrée parce qu’il sort avec un système d’exploitation, Olivia Wilde dans un blind date qui finit très mal, et Amy Adams qui joue le rôle de sa meilleure amie geek ), il y a peu de différences entre ses interactions avec elles et Samantha. Ils se parlent, ils rient ensemble, ils prennent des vacances, font des double dates et font même l’amour ensemble.

Ce film réussi à explorer le thème de la relation dans un monde à la fois magique, futuriste et réel. Il est tout simplement le meilleur film que j’ai vu cette année.

Verdict : Cinéma plein prix

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CLASSEMENT FINAL

Catégorie The Godfather II (meilleur film) :
1- Her
2- Philomena
3- Captain Phillips
4- The Wolf of Wall Street
5- American Hustle
6- 12 Years a Slave
7- Nebraska

8- Gravity
9- Dallas Buyers Club

Catégorie Marlon Brando (meilleur acteur) :
1- Leonardo DiCaprio
2- Matthew McConaughey
3- Christian Bale
4- Bruce Dern
5- Chiwetel Ejiofor

Catégorie Katharine Hepburn (meilleur actrice) :
1- Cate Blanchett
2- Judi Dench
3- Meryl Streep
4- Amy Adams
5- Sandra Bullock

Catégorie Christoph Waltz (meilleur acteur de soutien) :
1- Jared Leto
2- Michael Fassbender
2- Bradley Cooper
4- Jonah Hill
5- Barkhad Abdi

Catégorie Shelly Winters (meilleur actrice de soutien)
 :
1- June Squibb
2- Julia Roberts
3- Sally Hawkins
4- Jennifer Lawrence
5- Lupita Nyong’o

Catégorie Woody Allen (meilleur scénario original) :
1- Her
2- Nebraska
3- Blue Jasmine
4- American Hustle
5- Dallas Buyers Club

Catégorie Francis Ford Coppola (meilleur scénario adapté)
1- Philomena
2- Captain Phillips
3- The Wolf Of Wall Street
4- 12 Years A Slave
5- Before Midnight

¹Pour les sportifs: si Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club se compare à Lebron James qui amène les Cavs en finale en 2007, cette scène de Leonardo DiCaprio équivaut à Michael Jordan marquant 55 points dans le quatrième match de la finale en 1993. Oui, la scène est si bonne que ça.

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