Finale de la NBA: Crise d’identité à Miami

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Dans la NBA, les bonnes équipes ont une identité :

– Le « low-post game » à Memphis
– L’athlétisme de Westbrook et la touche de scoreur de Durant à Oklahoma City
– « Lob City » chez les Clippers de Los Angeles.

Contrairement à la croyance populaire, l’identité du Heat de Miami ne se trouve pas à l’attaque, malgré les faits saillants de dunks et de lay-ups spectaculaires que TSN nous nourrit. Son identité se base sur une défense suffocante qui cause des revirements, qui eux se traduisent en paniers spectaculaires.

Leur stratégie est simple: ils commencent en mettant de la pression sur le meneur de jeu (point guard), ce qui le force à passer le ballon à un de ses coéquipiers, souvent un centre et/ou un gros ailier, qui n’est pas habitué de prendre des décisions rapides avec le ballon. Il essaie donc de se débarraser du ballon le plus vite possible avec un résultat que l’on aime trop bien (même si on n’aime pas le Heat).

Cette stratégie fonctionne très bien dû à la super-spécialisation de la NBA. Le meneur de jeu a le ballon et prend les décisions 90% du temps. Ses coéquipiers n’ont pas la même vision du jeu et la capacité à faire des passes décisives sous pression.

Regardons les statistiques des deux premiers matchs :

1e Match : San Antonio a 22 pertes de ballon. Tim Duncan et Tiago Splitter ont 9 de ces pertes pour un pourcentage de 40% environ.
2e Match : San Antonio a 11 pertes de ballon. Tim Duncan et Tiago Splitter ont 4 de ces pertes pour un pourcentage de 36% environ.

Les deux premiers ont été chaudement contestés. Qu’est-ce qui a changé?

Boris Diaw amène une dynamique supplémentaire aux Spurs.

Son inclusion dans le cinq partant (starting five) à la place Tiago Splitter a donné aux Spurs un deuxième joueur partant qui peut faire des passes décisives sous pression. Avec Manu Ginobli et Patty Mills qui forment la fondation de leur seconde unité, les Spurs ont toujours deux excellents manieurs de ballon sur le terrain. Le Heat est donc toujours une passe en arrière dans leur rotation défensive. Ce qui permet des séquences comme celles-ci :

*   *   *   *   *

Qu’est-ce que toutes ces choses ont à voir avec l’identité du Heat? En regardant les matchs 3 et 4, tout ce qui me venait à l’esprit, c’est Michael Jordan qui, en 1998 après le troisième match de la finale, lorsque les Bulls ont limité le Jazz à 54 points, déclara: “We figured them out” (nous les avons démystifiés).

Les Spurs ont “figure out” le Heat.

En faisant cet ajustement, Coach Pop a coupé l’herbe sous le pied du Heat. Avec plus de manieurs de ballon à l’attaque, le Heat doit travailler plus fort en défense. Avec moins de pertes de ballon des Spurs, le Heat à moins de paniers faciles. Avec moins de paniers faciles, le Heat doit travailler plus fort à l’attaque. Ce qui leur laisse moins d’énergie pour jouer leur style de défense. Sans énergie, c’est dur d’être combatif.

Durant les finales de la NBA, il est trop tard pour changer ton identité. Tu es qui tu es. Le Heat le sait mieux que n’importe qui. Ils savent qu’ils doivent assumer qui ils sont : des champions déchus.

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