LeBron James: L’exil du Roi et l’impact sur le royaume

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La nouvelle est tombée comme une bombe, tôt mardi matin: LeBron James renonce à sa dernière année de contrat avec le Heat de Miami. Pourtant, pour ceux qui suivent la NBA de près, cette annonce n’a rien de trop surprenant, en fait. Par contre, les répercussions de cette décision ont déjà un impact monumental sur le reste de la ligue, et ce n’est que le début de l’effet domino.

Prenons le temps de répondre aux questions de la foule, si vous le permettez bien.

LeBron veut quitter Miami? J’comprends pas, ils sont bons, pourtant… non?

La réponse n’est pas si simple, mais la version abrégée est oui et… bof. Voici ce que la plupart des experts ont pu remarquer durant cette saison qui vient de se terminer:

1- L’alignement du Heat de Miami prend rapidement de l’âge et de l’usure
2- Ils n’ont pu dominer comme ils l’ont fait lors des saisons antérieures et terminer en tête de la conférence de l’Est, malgré la compétition somme toutes assez risible
3- La majorité de la masse salariale de l’équipe est occupée par les contrats faramineux accordés à Dwyane Wade et Chris Bosh
4- Sans l’apport monumental de LeBron, cette équipe… ouf.

L’avenir n’est donc pas rose en Floride, et LeBron doit se demander ce qui en est par rapport à ses aspirations compétitives.

Mais les autres membres du Big Three… ils se passe quoi avec eux?

Justement, le gros du problème pour LeBron se situe exactement là. Dwyane Wade n’est décidément plus l’ombre de lui-même, lui qui est considérablement ralenti par des problèmes chroniques aux genoux, et Chris Bosh qui semble avoir régressé cette saison. Les deux sont dans la trentaine à présent, et donc il est fort probable que leurs meilleurs jours soient malheureusement derrière eux en tant que joueurs dominants.

Wade n’a disputé que 54 matchs cette saison, et même si ses statistiques lors des dernières séries éliminatoires ont été supérieures à celles de l’an dernier, son impact a visiblement diminué au niveau pratique. Son jeu repose principalement sur ses qualités athlétiques, autant du côté offensif que défensif; et il n’a visiblement plus l’énergie d’antan pour créer ses propres occasions de marquer, ou de créer des revirements chez ses adversaires, qui eux se font maintenant un malin plaisir à exploiter ses faiblesses.

Pour sa part, Bosh ne joue presque plus du tout à l’intérieur, se contentant de rester en périphérie et de tenter des tirs de trois points, alors que le Heat a un manque criant de gros joueurs pouvant s’imposer physiquement dans la bouteille et aller chercher des rebonds offensifs et/ou se créer de opportunités de lancers francs. Il est devenu la version 2.0 du vénérable Sam Perkins ancienne gloire des Lakers et des Sonics des années 90.

Devinez qui a dû combler toutes ces lacunes à lui seul cette saison…

New York at Miami

 

D’accord… mais que serait la solution pour sauver le Heat dans sa formule actuelle et garder les services de James?

Très simple: Tout le monde devra mettre de l’eau dans son vin. Tout comme King James, Wade et Bosh ont le choix d’adhérer ou non à leurs années d’option de contrat, ce qui leur confèrerait un salaire cumulé d’environ 41 millions de dollars l’an prochain à eux deux, et un autre 44 millions l’année d’après. C’est énorme. Sachant fort bien qu’il s’agira probablement de leur dernier gros contrat en carrière, ils auront peu de raisons de vouloir s’en départir. Pour eux, les championnats déjà acquis sont probablement suffisants, même s’ils ne l’avoueront jamais.

L’idéal serait que les trois renégocient leur contrat à la baisse afin de donner plus de flexibilité financière à Pat Riley pour acquérir d’autres joueurs d’impact. Il n’est pas trop tard pour ce scénario, ceci étant dit; et le fait que LeBron ait choisi de résilier son contrat actuel met la pression sur Wade et Bosh pour qu’ils fassent de même, mais si c’était l’option préconisée par ces deux derniers, il est facile de croire qu’une annonce aurait déjà été faite en ce sens. Lorsqu’on apprend que le seul appât pour LeBron serait de repêcher un joueur de pointe à la Shabazz Napier, de l’Université du Connecticut, ou de signer Kyle Lowry, des Raptors, on se dit que les chances de retenir ses services sont minimes. Et lorsqu’on entend LeBron dire qu’au bout du compte « deux championnats en quatre ans, ce n’est pas si mal du tout », on en déduit que ça commence à sentir la reconstruction à plein nez chez le Heat.

Et voila donc la vraie raison pour laquelle il était prévisible que James veuille partir. Il ne peut en vouloir à ses coéquipiers de vouloir sécuriser à jamais leur avenir financier, mais en même temps il ne fait pas face au même combat que ses comparses.

Voyez-vous, James ne se bat pas contre les Spurs, le Thunder ou les Pacers. Sa vraie compétition, c’est avec l’histoire de la NBA. Jordan. Magic. Bird. Kobe. Duncan, maintenant. La planète NBA entière lui a imposé ce combat avant même son tout premier match en carrière avec les Cavs de Cleveland, contre les Kings de Sacramento en 2003. S’il veut mériter le titre de meilleur joueur de tous les temps qu’il convoite tant, il lui faudra gagner des championnats. Beaucoup de championnats. C’est le baromètre des légendes, au basket. Julius Erving a révolutionné le basket dans les années 70, mais le fait qu’il n’a remporté qu’un seul trophée Larry O’Brien fait en sorte qu’il est rarement, voire jamais mentionné parmi le Top 5 de tous les temps. LeBron se retrouve en ce moment en périphérie de cette sphère et tente désespérément d’y entrer, lui qui est indiscutablement le spécimen physique le plus impressionnant de l’histoire de la ligue.

Alors que fera-t-il pour s’assurer de remporter d’autres championnats?

Il devra trouver une situation qui l’avantagera à court et à moyen terme. Les mauvaises langues aiment nous rappeler qu’un leader se doit d’amener son équipe à bon port, coûte que coûte, et que LeBron tente de trouver le moyen facile de garnir sa collection de trophées de championnats en cherchant à s’associer avec d’autres joueurs étoiles. Nous sommes rendus à un point tel que certains fans rouspètent quand les joueurs mettent l’argent en priorité, et qu’ils rouspètent encore plus lorsqu’une légende en devenir ne demande qu’avoir une chance de remporter les grands honneurs à tous les ans…

Mais voici la vérité: même Jordan avait Scottie Pippen à ses côtés; et pendant que MJ était parti jouer au baseball, les Bulls ont tout de même remporté 55 matchs en 1993-94, en plus de passer à un cheveu de se rendre en finale de conférence. Pas mauvais pour des soi-disants seconds violons. Kobe n’a rien fait qui vaille lorsqu’il était seul avec des deux de pique comme coéquipiers chez les Lakers, ratant même les séries une fois. Comme par magie, la venue de Pau Gasol en 2008 les a immédiatement transformés en finalistes et champions. Pourtant, la volonté de vaincre à tout prix de Kobe est probablement une de ses plus grandes forces. Même constat pour Magic Johnson (Worthy, Abdul-Jabbar), et Larry Bird (McHale, Parish, Ainge, Walton). L’histoire a tendance à romancer les faits et écarter certains détails importants, des fois, mais bon…

D’accord, on a compris… mais ça nous dit pas plus ce qu’il fera!

En effet, parce qu’il est trop tôt pour dire, et qu’en plus, il aura l’embarras du choix.

Voici comment la NBA est présentement chambardée: le repêchage se déroule ce soir à Brooklyn, avec la plus belle cuvée en 11 ans, pleine de joueurs d’impact qui peut changer la destinée d’une équipe du jour au lendemain. Tout à coup, nous devons composer avec le fait que les 30 équipes de la ligue sont soudainement prêtes à remuer ciel et terre afin d’acquérir les services du meilleur joueur de cette génération. Certains clubs ont même déjà amorcé leur opération séduction.

Prenons le temps de survoler quelques options qui s’offrent à lui et les autres marchés qui seront affectés:

Cleveland: Les Cavs croupissent dans les bas-fonds du classement depuis le départ de James en 2010, et ce malgré plusieurs haut choix au repêchage. Mais Kyrie Irving semble destiné à devenir un joueur de pointe d’élite, Dion Waiters est un bon complément en tant que garde, l’ailier fort Tristan Thompson n’est pas mauvais même s’il déçoit quelque peu depuis ses débuts, et Anderson Varejao reste fidèle au poste au centre. James pourrait rentrer au bercail et démontrer du leadership auprès de ces jeunes loups. Ah, mais j’oubliais! Devinez en plus quelle équipe repêchera encore une fois au tout premier rang ce soir, pour la troisième fois en quatre ans? Ils ont même tenté en vain d’échanger ce choix pour obtenir les services de l’ailier de puissance des Timberwolves, Kevin Love, mais semblerait-il que Cleveland ne soit pas une destination attrayante pour un jeune homme originaire de la Californie, qui l’eut cru… De toute façon, vu la manière dont son départ de Cleveland s’est effectué il y a quatre ans, je doute fort que LeBron ait envie de se retrouver à la merci des caprices du propriétaire Dan Gilbert.

Los Angeles: Les Clippers ont toute une équipe à leur disposition déjà. Blake Griffin vient de faire tout un saut cette saison en démontrant un jeu plus complet autour du panier, et un tir de plus en plus fiable. Sera-t-il meilleur que LeBron? Absolument pas. Mais malgré tout, ce serait tentant pour les deux équipes de s’échanger leurs superstars. La transaction qui ferait pencher la balance du côté des Clippers serait d’envoyer DeAndre Jordan et un autre joueur secondaire à Miami en retour de King James. Sans compter l’influence de l’entraineur Doc Rivers, LeBron pourrait facilement y remporter quelques autres championnats. Mais Pat Riley ne voudra pas d’un joueur de centre moyen pour remplacer sa star, donc la faisabilité de la chose en prend un coup.

Pour leur part, les Lakers ont un peu de flexibilité financière à offrir à LeBron afin de batir une équipe compétitive. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas d’autre appât. Kobe Bryant fera 24M$ par année pour les deux prochaines saisons, et ce peu importe quelle partie de son corps vieillissant risque de flancher en premier. On parle également d’ajouter un joueur d’impact à la Carmelo Anthony, mais je vous reviens là-dessus dans quelques instants.

New York: Vous connaissez mon affinité amour-haine pour mes chers Knicks, n’est-ce pas? Dites-vous qu’ils sont soudainement en pleine reconstruction avec la transaction qu’ils ont effectué hier après-midi avec les Mavericks de Dallas afin de se débarrasser du lourd contrat de Tyson Chandler et du lourd bedon de Raymond Felton. En retour, ils obtiennent entre autres Jose Calderon, un joueur de pointe compétent, même s’il est faible défensivement, et donc aidera immanquablement cette formation. Sont-ils de sérieux prétendants aux services de King James? Bof… Mais ils vont tout de même essayer de se préparer à courtiser le #6 du Heat, tout en tentant de retenir les services de leur joueur étoile Carmelo Anthony. Les deux auraient signalé leur intérêt d’être coéquipiers la saison prochaine (probablement une très mauvaise idée au niveau tactique), mais ce dernier semble vouloir quitter vers d’autres cieux, préférablement Chicago ou Houston. Alors justement…

Houston: Les Rockets et leur DG téméraire Daryl Morey tentent encore le grand coup en remuant leur alignement pour faire place à l’un ou l’autre de ces joueurs étoiles. Ils viennent tout juste d’échanger le centre Omer Asik aux Pelicans, et il y a une folle rumeur qui court à l’égard qu’ils seraient prêts à se départir de James Harden en retour d’Anthony si jamais cela leur donne une meilleure chance de signer James. Mais ils manqueront encore d’espace financier dû au contrat ridicule qu’ils ont offert pour les services de Jeremy Lin, et je ne crois pas qu’une autre équipe veuille l’acquérir à 15 millions pour l’an prochain.

Chicago: Les Bulls ont aussi de grandes ambitions pour le futur, avec le retour de Derrick Rose. L’arrivée de Melo semble être la solution la plus plausible aux yeux des experts, mais maintenant que LeBron est disponible… hmmm… que feront-ils? La haine que King James a développé envers les Bulls au cours des dernières saisons semble véritable, donc ce scénario semble peu probable en bout de ligne. Anthony, Rose et Noah… la prochaine dynastie dans l’Est?

Bref, ça risque d’être chaud pendant les prochaines semaines, et beaucoup de décisions attendent non seulement James, mais tous les bureaux de la ligue. Seul l’avenir nous le dira…

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