Becky Hammon: le choix innovateur des Spurs

Becky Hammon 2

Les Spurs de San Antonio viennent de réaliser une première dans le sport nord-américain: ils ont engagé la première femme entraîneur-adjoint à temps plein. De loin, cela semble être un coup audacieux que seuls les Spurs ont le don de faire. Mais si on regarde de plus proche, on s’aperçoit que les champions en titre sont restés constants dans leur style de gestion.

Fermez les yeux un instant et imaginez ce scénario:

  • Un meneur de jeu très petit qui remporte plusieurs honneurs en jouant pour son école secondaire mais n’est pas recruté par des grosses universités.
  • Il va donc jouer dans une petite université où il brise des records durant sa carrière. Malgré cela, il ne sera pas repêché pour jouer dans les ligues majeures.
  • Au lieu de se décourager, il essaie de percer et gagne sa place comme recrue non repêchée. Après quelques équipes et quelques années, il arrive à San Antonio, où il devient une pièce importante de l’équipe.
  • Vers la fin de sa carrière, il commence à se faire une place dans l’équipe d’entraîneurs. Rien d’officiel, puisqu’il continue à jouer, mais assez pour que les autres entraîneurs voient en lui un futur entraîneur à temps plein.
  • Durant sa dernière saison, il annonce qu’il va prendre sa retraite au terme du calendrier et va faire partie du groupe d’entraîneurs de l’équipe la saison prochaine.

Vous imaginez qui, en ce moment? Avery Johnson? Ça pourrait être lui dont je parle mais c’est bel et bien l’histoire de Rebecca Lynn « Becky » Hammon.

*   *   *   *   *

Comme la plupart des gens dans l’organisation des Spurs, Becky a toujours dû se battre pour avoir sa place. Après avoir été nommé meilleure joueuse de l’état du Dakota du Sud, elle se retrouva à l’Université Colorado State, qui n’est pas une puissance dans le monde du basketball universitaire féminin. Qu’à cela ne tienne, elle réussit à amener son équipe dans le tournoi de fin d’année, le March Madness, où son flair capta l’attention du public, à la Kim Phelke¹. Malgré une carrière où elle brisa tous les records de sa conférence, elle ne fut pas repêchée, mais elle se forgea une place avec le Liberty de New York. Même après avoir été nommée sur la deuxième équipe d’étoiles de la WNBA en 2005 et avoir été nommée pour jouer dans le Match des Étoiles à trois reprises (2003, 2005 et 2006) pour cette équipe, elle se fait échanger aux Stars de San Antonio.

Becky Hammon Russia

Sa détermination fit la une en 2008. N’ayant pas été invitée une fois de plus au camp d’entraînement de l’équipe américaine et voulant réaliser son rêve de jouer aux Jeux Olympiques, Becky décida de revêtir les couleurs de la Russie et amena son équipe à une médaille de bronze².

Comme la plupart des Spurs, elle est plutôt reconnue pour sa détermination et son haut quotient intellectuel de basketball que pour son talent. Elle fond parfaitement dans le moule de cette organisation.

Je tiens cependant à lever mon chapeau à l’état-major des Spurs. Ils sont reconnus pour faire les choses à leur façon sans prendre en considération leurs critiques. S’ils aiment un joueur européen, ils le prennent en première ronde même si tout le monde pense que c’est un risque (allo, Tony Parker!). S’ils aiment le meilleur joueur de la ligue italienne, ils le repêchent en deuxième ronde même si tout le monde pense qu’il ne viendra jamais jouer dans la NBA (allo, Manu Ginobili!). S’ils trouvent que le calendrier ne les favorise pas et qu’ils doivent donner du repos à certains joueurs, aucun problème (allo, Pop!).

Les Spurs pensent que Becky Hammon est la meilleure personne pour occuper un rôle d’entraîneur-adjoint. Non pas parce qu’elle est une femme. Simplement parce qu’elle a le talent et la connaissance pour faire le travail. Aussi simple que ça.

Bravo les Spurs et bravo Becky!

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¹ En 1992, Kim Phelke amena son équipe, Western Kentucky, au Final Four. Elle avait une entente avec son entraîneur: si une de ses passes à l’aveuglette derrière son dos se transformait en perte de ballon, elle venait s’asseoir. Pourquoi sais-je cela? Parce qu’à cette époque, CBS diffusait le March Madness féminin, ce qui le rendait très accessible. Un de mes souhaits les plus chers, en tant que fan de basketball, est que la NCAA décide d’avoir son March Madness féminin en février et le ramène à CBS.

C’est une victoire sur toute la ligne pour tout le monde :

– Le sport féminin aura plus de visibilité.
– La période morte entre le Super Bowl et le March Madness/début de la saison de baseball serait comblée.

Tout ce que la NCAA aurait à faire c’est de commencer la saison féminine en octobre. Facile comme solution, non?

² Puisque la saison de la WNBA se déroule en été et que les salaires n’y sont pas faramineux, beaucoup de joueuses vont jouer en Europe durant l’automne et l’hiver. Becky a joué pour le CSKA Moscow de 2007-2009, et les autorités russes se sont empressées de lui dénicher un passeport local lorsque les Américains lui ont fait faux bond.

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