LNH: Une entre-saison mouvementée

Kings Rangers

Il y a soixante-dix-neuf jours, ce fut le dernier lancer, la dernière mise au jeu, où nous avons été témoins de la domination des Kings de Los Angeles face aux Rangers de New York durant la finale de la Coupe Stanley, qui s’est conclu par la marque de 4 parties à 1. Le champagne qui a coulé à flot dans le vestiaire cette soirée-là, et la camaraderie emportée, la célébration des vainqueurs est le dernier souvenir d’une saison remplie qu’a été la campagne 2013-14.

Depuis, 210 espoirs ont réalisé un rêve après avoir été appelé au podium suite à leur sélection au repêchage, et un peu plus de 300 joueurs aguerris ont soit changé de camp comme d’autres ont décidé de poursuivre l’aventure avec la même équipe.

Plusieurs de ces 210 espoirs ont été invités aux différents camps d’évaluation de leur équipe respective. Certains ont aussi participé au tournoi de Traverse City qui a été remporté cette année par les espoirs des Blue Jackets de Columbus. Plusieurs se sont démarqués et ont mérité une invitation au camp professionnel comme pour d’autres, ce n’est qu’une partie remise et hop, le retour aux classes dans leur équipe junior respective.

Ceux que nous appelons les vétérans se sont entraînes rigoureusement pendant ce temps-là afin d’arriver prêt et dispo pour ce qui sera une autre longue saison, celle de 2014-15.

Même si Gary Bettman n’est pas un saint, la prochaine saison de la LNH s’est dessinée en six temps. La septième étant le 8 octobre prochain lorsque la première mise-en-jeu officielle se fera au Air Canada Center alors que les Maple Leafs de Toronto recevront leurs éternels rivaux, les Canadiens de Montréal lors de l’ouverture locale de la formation ontarienne et qui donnera en même temps, un coup d’envoi à cette nouvelle saison de hockey.

1 – Le repêchage

Contrairement au repêchage précédent, il n’y a pas eu de réel débat sur qui sera le premier choix universel. Rappelons qu’en 2013, Seth Jones et Nathan Mackinnon se sont livrés une bataille jusqu’à la toute fin où finalement, l’Avalanche du Colorado a tranché le débat en prononçant le nom de l’attaquant de Cole Harbour, faisant de lui le premier choix de cet encan. L’été dernier, bien que plusieurs de ces espoirs qui figuraient dans le top 5 soient talentueux à leur tour, les Panthers de la Floride n’ont jamais mis l’ombre d’un doute que le défenseur format géant Aaron Ekblad soit leur homme. Ensuite se sont suivi les Sam Reinhart (Buffalo), Leon Draisaitl (Edmonton), Sam Bennett (Calgary) et Michael Dal Colle (Islanders) qui complète le top 5.

Chez les Canadiens, le directeur du recrutement Trevor Timmins a été agréablement surpris de constater que Nikita Scherbak fut encore disponible à leur droit de parole au 26e rang. Le choix a été plutôt facile ce qui a fait que le jeune Russe a enfilé l’uniforme tricolore pour la première fois tout en connaissant son premier bain médiatique, lui qui s’est très bien débrouillé malgré un anglais primaire. Le controversé Josh Ho-Sang a finalement trouvé preneur deux rang derrière l’espoir des Canadiens alors que Garth Snow a devancé son choix de deuxième ronde en cédant deux choix (35 et 57) au Lightning de Tampa Bay pour le choix 28, ce qui faisait de lui le 2e choix des Islanders de cet encan. C’est un gros pari de la part de Snow, mais plusieurs sont prêts à dire que cela finira par payer beaucoup.

2- Les joueurs autonomes

À l’ouverture du marché des agents libres, pas moins de 94 joueurs ont trouvé preneurs dès le 1er juillet. Parmi les noms à souligner, on retrouve Paul Stastny (28M$ pour 4 ans à St-Louis), Dan Boyle (9M$ pour 2 ans avec les Rangers), Matt Niskanen (40.25M$ pour 7 ans à Washington) et Jarome Iginla (16M$ pour 3 ans au Colorado). Depuis son premier échange qui l’a envoyé chez les Islanders, les rumeurs concernant Tomas Vanek qui voulait retourner chez lui au Minnesota se sont avérées vraies. L’attaquant autrichien a longuement laissé miroiter que son désir était de poursuivre sa carrière avec le Wild, chose qu’il a fait en signant un pacte de 3 ans d’une valeur de 19,5M$. D’autres joueurs qui ont changé d’adresse sont Brooks Orpik (Washington), Matt Moulson (Buffalo) et Radim Vrbata (Vancouver).

Au Québec, toute l’attention était tournée vers PK Subban. Fort d’une saison de 53 points en 82 matchs, il en a ajouté 14 autres en 17 confrontations éliminatoires. Il s’est hissé comme leader au sein de la formation montréalaise d’autant plus du statut de défenseur élite dans le circuit Bettman. Même s’il n’a pris part qu’à une seule rencontre, Subban a mérité également une médaille d’or remportée avec la formation canadienne lors des derniers Jeux Olympiques à Sotchi. C’est une feuille de route impressionnante pour le jeune de 25 ans, ce qui a engendré toute sortes de débats quant au contrat qu’il méritait. Le summum des tensions a été atteint lorsque le clan de PK s’est inscrit à l’arbitrage suite à l’impasse dans les négociations. Là, les chiffres sont sortis : le CH offrait un contrat annuel dans les 5M$ alors que le clan de PK en demandait 8.

Cet écart a semé la grogne chez certains partisans reprochant à l’organisation du Tricolore de manquer de respect à son meilleur joueur. Or, cet écart est une pratique courante en processus d’arbitrage. L’employeur donnera toujours un chiffre minimal alors que l’employé demandera à son tour un chiffre maximal. L’arbitre tente par la suite de trouver la juste valeur du joueur, ce qui n’empêche pas les deux parties d’en venir à une entente excédant les chiffres sur la table. Suite à la session, le marché a été conclu lorsque le défenseur étoile apposa sa signature au bas d’un contrat d’une valeur de 72M$ sur 8 ans, faisant de lui le défenseur le mieux payé de la LNH et une nouvelle référence quant au salaire des meilleurs de sa profession.

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3- Les transactions

Le premier échange majeur a été conclu entre les Ducks d’Anaheim et les Canucks de Vancouver. Mécontent depuis plusieurs saisons, le souhait de Ryan Kesler de quitter la formation canadienne a été exaucé lorsque le nouveau directeur-général Jim Benning l’a refilé aux Ducks en compagnie d’un choix de 3e ronde en 2015 en retour de Nick Bonino, Lucas Sbisa, un choix de première ronde en 2014 (Jared McCann) et d’un choix de 3e ronde en 2014. Ce dernier choix a été ensuite échangé au Rangers de New York pour Derek Dorsett.

L’ère Rutherford a commencé à se faire sentir à Pittsburgh alors qu’il a échangé le marqueur étoile James Neal aux Predators de Nashville en retour de Patric Hornqvist et Nick Spaling. Même si Rutherford voulait ajouter de la profondeur à son club, cet échange qualifié de douteux n’a certainement pas fait l’unanimité dans la ville de l’acier.

À l’instar de Kesler, Jason Spezza a également émis le souhait de quitter sa formation, celle des Sénateurs d’Ottawa. N’aimant pas la direction que prenait l’équipe, le centre a demandé une transaction qui lui permettrait d’aspirer à la Coupe Stanley. Ce sera donc chez les Stars de Dallas qu’il poursuivra sa carrière en compagnie de Ludwig Karlsson. En retour, les Sens mettent la main sur Alex Chiasson, les espoirs Nick Paul et Alex Guptill ainsi qu’un choix de 2e tour en 2015.

Coup de théâtre chez le CH alors qu’au repêchage, le très-bien-plogué Bob McKenzie a fait savoir sur Twitter que Marc Bergevin tentait de se débarrasser du salaire de Josh Gorges même s’il est un favori de la foule. Il avançait même que le partenaire de danse de Bergie soit Dave Nonis des Leafs et que les noms de Cody Franson ou James van Riemsdyk soient impliqués. Tout en son honneur, Gorges ayant une clause de non-échange, n’a jamais accepté une transaction chez les rivaux torontois. Il a plutôt accepté de se joindre aux Sabres de Buffalo monnayant un choix de 2e ronde en 2016 pour le Tricolore. De plus, Bergevin a échangé Daniel Brière, qui n’était plus dans les grâces de Michel Therrien, en retour de Pierre-Alexandre Parenteau. Ce dernier comblera, ou du moins essaiera de combler, le départ de Tomas Vanek sur le premier trio en compagne de David Desharnais et Max Pacioretty.

4 – Les camps d’entraînements

Comme à l’habitude, celui de la Ste-Flanelle a débuté avec le traditionnel tournoi de golf. Pour plusieurs joueurs, c’était le premier bain médiatique montréalais; ici on parle des nouveaux venus Manny Malhotra et Tom Gilbert. Quelques jours après, les joueurs se sont soumis à une évaluation physique autant hors glace que sur glace. Alors que les joueurs se préparaient à donner les premiers coups de patins, Michel Therrien et son équipe d’entraineurs ont revu quelques objectifs et ont surtout pu voir ce que Daniel Lacroix (en remplacement de Gerard Gallant, qui dirige maintenant les Panthers de la Floride) amènera sur la table en termes de connaissance, de stratégie et de techniques. Ce camp d’entrainement a permis aux partisans de connaitre quelques ajouts moins connus comme Jiri Sekac, l’espoir Jacob de la Rose et le premier choix au mois de juin dernier, Nikita Scherbak.

Pour plusieurs vétérans, c’est un moyen de se remettre en forme, alors que pour d’autres, c’est leur moment de vérité dans le but de se tailler une place au sein de la formation. Pour les plus jeunes, c’est le temps idéal de se démarquer et de laisser leur carte de visite.

5 – Les matchs préparatoires

Durant ceux-ci, les entraîneurs veulent tenter quelques expériences. Nous l’avons vu à Montréal avec Alex Galchenyuk qui a été muté au centre, sa position naturelle, où il a eu le plus de succès notamment dans les rangs juniors avec le Sting de Sarnia. Jiri Sekac a également goûté à toutes les sauces, jouant la plupart du temps en compagnie de Tomas Plekanec, il a également vu du temps de jeu avec Lars Eller. On veut aussi bâtir une chimie, ce fut le cas du trio composé de David Desharnais, Max Pacioretty et P-A Parenteau qui a été tout feu tout flamme durant les matchs intra-équipes.

Souvent, ce sont dans ces matchs qu’un joueur se démarquera et tentera de forcer la main de la direction. Par exemple, Sekac a démontré pourquoi il n’y avait pas moins que douze équipes à ses trousses. Il a fini par démontrer qu’il a ce qu’il faut pour combler le départ de Brian Gionta sur le troisième trio. Du côté des défenseurs, les jeunes Nathan Beaulieu, Jared Tinordi et Greg Pateryn tentaient tous de mériter un poste avec le grand club, alors que des vétérans comme Francis Bouillon et Davis Drewiske ont malheureusement failli à la tâche.

6 – Les dernières coupures

C’est la partie la plus redoutée, mais cela fait partie du métier. Même si parfois les joueurs font bien, ce n’est pas assez pour mériter une place pour l’instant en vue du début de la saison. Les plus jeunes reprendront leur apprentissage dans le junior et certains plus vieux entameront la saison dans la Ligue Américaine, toujours dans l’espoir d’être rappelé en cas de blessures ou d’échange. Certains devront passer par le ballotage dépendant de leur âge et/ou de leur contrat.

C’est également la partie finale où l’entraîneur peaufinera les dernières étapes afin que son équipe soit prête et que ses tactiques soient assimilés par ses joueurs. Dans plusieurs cas, les équipes tiendront une activité plus souvent dans le format d’une retraite fermée afin qu’une fraternité et une chimie s’installent au sein du groupe qui portera l’uniforme lorsque les matchs compteront.

Et…

7 – Jour de match

Les paris sont faits, les alignements sont finalisés, l’avion est prêt, l’autobus vient chercher tout le monde. La routine et les rituels embarquent, les joueurs s’habillent et s’échauffent. L’entraîneur donne les dernières directives, on embarque sur la glace, les hymnes nationaux sont chantés et finalement comme on dit en anglais… drop the puck!

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