CMHJ 2015: C’est déjà fini!

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Le Championnat mondial de hockey junior est déjà chose du passé, et il s’est terminé en force par cette victoire non sans peine du Canada par la marque de 5 à 4, face à leurs éternels rivaux, les Russes. Fidèle à leur habitude, cette confrontation a eu tous les allures d’un classique. Du but rapide en début de match, aux jeux robustes, au rythme endiablé, aux simagrées provocatrices; de l’avance confortable à la remontée spectaculaire. Je vous le dis, tout était là! Si vous ne l’avez pas vu, ne manquez pas les reprises, cela en vaut certainement la peine.

Durant le tournoi, j’ai bien sûr suivi l’action de très près, surtout dans le Groupe B qui a joué toutes ses parties au Centre Bell. J’offre donc mes fleurs et mes prix citron, qui relatent de mes surprises et de mes déceptions, et finalement, mon équipe d’étoiles.

MES FLEURS

La Slovaquie
Soyons francs, personne ne les voyait aller plus loin que les quarts de finale. Ok, peut-être avec une petite chance, mais plus loin que les demi-finales? Non. Gagner la médaille de bronze contre la Suède? Encore moins! Les Slovaques constituent une des plus grandes surprises du tournoi avec Martin Reway qui a mené l’attaque et que dire du gardien Denis Godla… Il est clairement la révélation du tournoi et gageons qu’une équipe de la LNH tentera d’en faire l’acquisition l’été prochain au repêchage. Sinon un contrat le lie au Bratislava HC de la KHL jusqu’en 2016, il deviendra libre comme l’air par la suite.

Le Danemark
Une autre surprise de ce championnat. Avant celui-ci, le Danemark n’avait jamais gagné un seul match à ce prestigieux tournoi et n’avait jamais même amassé le moindre point au classement. Tout ça est maintenant chose du passé et ils ont même obtenu leur premier point avant de savourer leur première victoire. Mené par Nikolaj Ehlers, Mads Eller et Oliver Bjorkstrand sans compter les sublimes performances du gardien Georg Sorensen; les Danois ont de quoi à être fiers de leur performance.

Le Canada
Les Canadiens ne constituent peut-être pas une surprise, mais beaucoup de facteurs m’ont poussé à les inclure dans cette catégorie. Sans compter la médaille d’or, ils ont connu un tournoi sans faille en récoltant 7 victoires en autant de parties. Ils ont aussi combattu sous pression en jouant devant leurs partisans. 21 buts ont été marqués en ronde préliminaire et seulement 4 ont été alloués à l’adversaire.

Lawson Crouse
Ce jeune Canadien est passé quasiment inaperçu derrière les McDavid, Duclair, Reinhart, Domi et cie. Par contre, ce jeune de 16 ans a joué de façon remarquable le rôle ingrat du joueur de soutien. Employé sur la troisième et même parfois la quatrième unité, Crouse a amené beaucoup d’énergie à son équipe avec un échec-avant soutenu et intense, en plus d’amasser sa part de points. Il est éligible à revenir l’année prochaine et parions qu’il aura un rôle plus accru en tant que joueur de deuxième année.

MES CITRONS

La Finlande
Les champions déchus n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes dans ce tournoi, s’inclinant trois fois dans la ronde préliminaire, dont une fois face aux surprenants Slovaques. Beaucoup de joueurs-clés de l’édition championne ont franchi les 20 ans et sont donc devenus inéligibles pour participer; mais il en demeure que la Finlande pouvait faire mieux qu’une fiche de 1-2-1. Julius Honka, qui était la révélation de l’année dernière, n’a pas répété l’exploit, si bien que la défensive des Finlandais en a souffert.

Jack Eichel et Anthony DeAngelo
Les Américains en soit ont été décevants après leur défaite face au Canada. Malgré cela, ils ont été bons durant le tournoi. J’ai donc décidé de cibler deux joueurs que je tiens en sorte responsables pour l’échec des États-Unis. Choix de première ronde du Lightning de Tampa Bay (19e), le défenseur Anthony DeAngelo a été appelé à remplacer Steve Santini, qui s’est blessé avant le tournoi. Force est d’admettre que DeAngelo est bon offensivement, mais le reste se gâte terriblement. Plus souvent qu’autrement, il accumulait les erreurs qui créaient plusieurs revirements, en plus de prendre des punitions très coûteuses dans des moments inopportuns.

Pour ce qui est de Jack Eichel, il n’a pas été l’ombre de lui-même, tellement que j’ai mis en doute ses qualités de leadership. Souvent, il se laissait déranger par l’adversaire tout en jouant un style individualiste. Il a manqué beaucoup de créativité en possession de la rondelle, et ça aussi aura couté cher aux Américains.

Les Oilers d’Edmonton, les Capitals de Washington et le Lightning de Tampa Bay
Qu’ont-ils tous en commun? Indices : Leon Draisaitl, Andre Burakovsky, Jonathan Drouin. Oui, ce sont tous des excellents joueurs; mais le goût suret du citron ici provient du fait que tous ces joueurs étaient encore une fois éligibles à prendre part à cette prestigieuse compétition et aucun des directeurs-généraux respectifs n’a donné ce privilège à leur jeune.

La situation de Tampa est plus compréhensible, étant donné que l’équipe est au sommet de l’Est donc, Drouin joue dans une situation gagnante même s’il est relégué sur le 4e trio. Par contre, Burakovsky a connu un bon début de saison avant que sa production ne s’estompe. Il a même été cédé à Hershey dans la Ligue Américaine pour deux matchs afin qu’ils puisse voir plus d’action qu’il en voyait à Washington. La palme, par contre, revient aux Oilers d’Edmonton. Ce club est dans les bas-fonds du classement pour une énième fois. Il n’était sensiblement pas prêt pour la grande ligue et ils ont choisi de le garder quand même. Encore une fois éligible pour l’équipe de l’Allemagne, on décide de le garder avec le club pour finalement…. le céder à son club junior après les Fêtes! Le pire, c’est qu’en voyant jouer l’équipe de l’Allemagne, il leur manquait clairement une petite coche pour rivaliser avec les meilleurs. Draisaitl aurait très bien fourni ce punch à l’attaque qui leur manquait. C’est dommage, car l’effort de cette équipe y était.

Denis Godla

L’ÉQUIPE D’ÉTOILES

Attention, ici je ne décernerai pas nécessairement les nominations par vedettariat, ni par la domination, ni par le talent et ni par les choix évidents. Ces lauréats ont plutôt été choisis en fonction de l’élément surprise, du constat, de l’apport à leur équipe et leur qualité à se démarquer. Donc trois attaquants, deux défenseurs et un gardien.

Attaquants

Dylan Larkin (États-Unis) : Ce choix de première ronde des Red Wings de Detroit a été mon coup de cœur de ce tournoi. Il a été de loin, le meilleur attaquant américain en plus de démontrer des aptitudes défensives, du leadership en plus d’être le meilleur pointeur chez les USA.

Mikko Rantanen (Finlande) : Tout ce que j’ai lu à propos de ce Finlandais s’est transporté sur la glace. Il a été un rouage important à son équipe et il a à peine 18 ans. Il sera éligible au repêchage l’été prochain, retenez bien ce nom.

Sam Reinhart (Canada) : Alors que tous étaient en admiration devant les Domi, Duclair et McDavid, il y avait un joueur (et deux, incluant Curtis Lazar) qui jouait incognito avec ces gars, mais qui a fini par être le meilleur pointeur du tournoi. Reinhart jouait tel un vétéran et les succès des autres passaient par lui.

Mentions honorables : Pavel Buchnevich (Russie), Martin Reway (Slovaquie), Nikolaj Ehlers (Danemark), Oskar Lindblom (Suède)

Défenseurs

Josh Morrissey (Canada) : Au repêchage de 2013, j’ai été très critique envers ce défenseur, si bien que j’avais semoncé les Jets de l’avoir choisi. Force est d’admettre qu’il s’est grandement développé et a amélioré tous les aspects de son jeu. Il a été un pilier pour le Canada à travers ce championnat.

Will Butcher (États-Unis) : Ça été un choix serré entre lui et le Suédois Gustav Forsling (le meilleur pointeur chez les défenseurs). Ce qui les a départagé, c’est que Forsling était mieux entouré que Butcher. La défensive américaine dépendait beaucoup de ce dernier et il a été utilisé à toutes les sauces.

Mentions honorables : Gustav Forsling (Suède), Christian Jaros (Slovaquie), Vladislav Gavrikov (Russie),

Gardien

Denis Godla (Slovaquie) : Celui qui est devenu le chouchou du public canadien en a épaté plusieurs. Même si par bouts, la Slovaquie s’est fait malmener par les grandes puissances, Godla a multiplié les arrêts-clés et prouesses spectaculaires. Il a été un des artisans principaux quant à la médaille de bronze des siens, tellement que la foule torontoise lui a réservé une ovation debout en scandant son nom alors qu’on honorait un de ses coéquipiers comme joueur du match.

Mentions honorables : Igor Shestyorkin (Russie), Georg Sorensen (Danemark), Ilya Sharipov (Allemagne), Ville Husso (Finlande)

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