Warriors de Golden State: Réécrire l’histoire en 24 victoires

Écrire quelque chose sur la NBA avant le 15 décembre (date où l’on peut échanger les joueurs que l’on a signé durant la saison morte) ou le 25 décembre (pour certains, c’est Noël. Pour les amateurs de la NBA, c’est là que la saison commence pour vrai), c’est un peu inutile à mon avis. Les équipes qui ont gardé le même noyau vont débuter en feu, les équipes qui ont un nouvel entraîneur-chef vont prendre du temps à s’adapter à la nouvelle philosophie, etc… Cependant, quelque chose d’historique vient d’arriver et on ne peut le passer sous le silence.

Samedi soir, dans un match peu enlevant, les Warriors de Golden State ont perdu, mettant fin à une série de victoires consécutives à 24. Voici pourquoi je ne peux qu’être heureux d’avoir vu cette séquence.

1- CHAMPIONS EN TITRE

Lorsqu’on est champions en titre, chacun de nos matchs devient LE match de la saison. L’aréna est rempli, les fans sont surexcités, tous les médias locaux sont présents et les joueurs adverses veulent prouver qu’ils sont aussi bons que les champions. Ajoutez à ce mélange le fait que le titulaire du joueur le plus utile à son équipe de la saison passée joue pour les champions. La motivation est à son plus haut niveau pour un match de saison régulière.

Si ce n’était pas assez, ajoutez une touche de dénigrement jamais vu pour un champion en titre. Le raisonnement (idiot selon moi) est que les Warriors ont été chanceux parce qu’ils n’ont pas joué contre les Spurs de San Antonio (qui ont été éliminés au premier tour par les Clippers de Los Angeles), parce que Mike Conley Jr était blessé durant le 2e tour, que les Rockets n’auraient pas dû être leurs adversaires au 3e tour et que Kyrie Irving et Kevin Love étaient blessés lors de la finale.

Soit, toutes ces choses sont arrivés. Cependant, devrait-on blamer les Warriors pour la tournure des évènements? Ils n’ont fait que ce que tous les champions font : ils ont battu tout le monde qui étaient devant eux.  On ne peut que lever notre chapeau devant leurs succès.

2- DÉBUT DE LA SAISON

Toutes les autres séries de victoires de la NBA ont un point en commun : les équipes avaient joués au moins 8 matchs durant la saison régulière.

Ce point est important parce que la plupart des bonnes équipes atteignent leurs vitesses de croisière vers décembre ou janvier. Personne n’aurait blâmé les Warriors s’ils avaient commencé 4-2, 5-1 ou 8-3. On les aurait excusé en disant “la saison est un marathon”, “à chaque match, ils ont le meilleur effort de chaque équipe”, “ils apprenent à jouer avec la pression d’être champions”, etc…

Or, Golden State a pris les meilleurs frappes de chacun de ses adversaires et est sorti vainqueur de chaque match.  



3- LA CONSTANCE

C’est vrai que la foudre ne tombe pas deux fois au même endroit. Si on remonte à la saison passée, ils ont gagné 16 matchs de suite durant la saison régulière. On ne peut donc dire que cette série de victoires est chanceuse. Comme le dit si bien Louis van Gaal, entraîneur-chef des Red Devils de Manchester United : “Quality is the exclusion of coincidence”. L’excellence est l’absence de coïncidence. Avoir deux séries comme ça, ce n’est pas de la chance. C’est la preuve que l’on est excellent.

4- STEPHEN CURRY

Ce point, je le dois à une conversation que j’ai eu avec un ami. Cet ancien joueur de football m’a demandé si c’était possible que Stephen Curry, titulaire du joueur de l’année 2014-15, pouvait gagner le trophée du joueur qui s’est le plus amélioré.

Aussi bizarrement que cela sonne, c’est présentement mon choix. Je m’explique.

Stephen Curry est un joueur de basketball, un peu comme un musicien de jazz est un musicien. Pour l’oeil non-initié, on ne voit que sa carrure modeste, son athlétisme médiocre selon les standards de la NBA, sa défense presqu’inexistante et ses tirs de l’extérieur.

Pour l’initié, on voit un génie du basketball qui voit des angles et des ouvertures où les autres ne voient qu’un mur. On voit dans la confiance qu’il a lorsqu’il tire de l’extérieur un homme qui a mis beaucoup, mais beaucoup de temps cet été à améliorer cet aspect de son jeu. On voit dans ses changements de direction (crossovers) et la façon dont il se libère pour tirer et/ou faire un tir en foulée (lay-up), le digne fils spirituel de Mark Price et de Steve Nash.

Le fait qu’il s’est amélioré et qu’il donne son meilleur de lui-même à tous les matchs, donne une ligne de conduite au reste de son équipe. Comme preuve de son leadership, l’équipe suit son rythme.

Je n’essaie pas de dire que cette équipe est la meilleure de tous les temps. Je n’essaie pas de dire que cette série de victoires est plus imposante que celle des Lakers de Los Angeles de 1971-72. Ce que je veux simplement dire c’est que l’on a vu quelque chose de spécial. On devrait lever notre chapeau et leur dire : félicitations!  

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