L’esprit du guerrier de Kevin Durant

L’ancien MVP de la NBA Kevin Durant vient de signer un contrat d’une durée de deux ans à 54 millions de dollars au total avec les Avengers Warriors de Golden State. Oui oui… ces mêmes Warriors qui viennent de fracasser tout plein de records la saison dernière, qui ont éliminé le Thunder de Durant de manière dramatique en séries, sans toutefois pouvoir mettre la main sur le trophée Larry O’Brien.

Sans aucun doute, cette décision controversée sera débattue en long et en large par tous les fans et analystes. Que peut-on en déduire dans l’immédiat?

La main de maître de Jerry West
Jerry West vient de prouver qu’il est un sapré gestionnaire et influenceur hors pair dans la NBA. Il a maintenant les deux MVP des trois dernières saisons dans son alignement, tout en ayant Klay Thompson et Draymond Green sous contrat jusqu’en 2019 et 2020, respectivement. Il aura à se départir d’Andrew Bogut, qui servait principalement d’écran à Steph Curry afin que ce dernier puisse se démarquer et lancer de n’importe où sur le court, afin de respecter le plafond salarial. Peu importe, cette équipe déborde de talent et plusieurs autres transactions peuvent être effectuées si jamais la chimie ne colle pas, telle que souhaitée.

Le manque de leadership de KD

Durant, pour tout le talent qu’il possède, n’est tout simplement pas un leader #1, un alpha dog comme on dit dans le jargon basket. Ce rôle, c’est Russell Westbrook qui se l’est approprié officiellement depuis la blessure de Durant en 2014. KD a tout simplement laissé Russell devenir le moteur de SON équipe, sans jamais reprendre les rênes à son retour, avec les résultats qu’on connaît maintenant. Westbrook est un joueur phénoménal, explosif et divertissant, qui a cependant la mauvaise habitude de prendre de mauvaises décisions dans les moments cruciaux, ce qui fait en sorte qu’on ne peut malheureusement pas remporter de championnat avec lui comme meneur.

À Oakland, Draymond Green reste le coeur et l’âme des Warriors, comme on a pu constater avec sa performance inouïe lors du septième match contre Cleveland. L’arrivée de Durant fera en sorte qu’il aura encore moins à se soucier de faire rentrer le ballon dans le panier lui-même, mais rendra sa tâche de distributeur et chef d’orchestre encore plus facile avec un tel outil de plus à ses côtés.

Reconstruction inattendue?
Il y a certains signes avant-coureurs qu’on choisit d’ignorer dans la vie, et l’échange de Serge Ibaka vers Orlando, conclu il y a quelques jours, aurait dû nous révéler la fin de cette époque en Oklahoma. On se sait pas encore ce qui aura été le catalyseur de tout ce mouvement de personnel, mais si jamais c’est le fait que Westbrook compte se prévaloir de son autonomie complète dans un an, alors le DG Sam Presti aurait intérêt à l’échanger au plus offrant immédiatement et amorcer la reconstruction de son club sans perdre de temps ni de valeur marchande. (Allo, les Lakers?)

May 30, 2016; Oakland, CA, USA; Golden State Warriors guard Stephen Curry (30, right) is congratulated by Oklahoma City Thunder forward Kevin Durant (35) after game seven of the Western conference finals of the NBA Playoffs at Oracle Arena. The Warriors defeated the Thunder 96-88. Mandatory Credit: Kyle Terada-USA TODAY Sports
Durant et Curry: d’adversaires à coéquipiers. Credit: Kyle Terada-USA TODAY Sports
Le dos large de KD
L’héritage de Durant est évidemment en jeu dans tout ça, et il est certain que tous les yeux seront tournés vers lui la saison prochaine. C’est une pression énorme qu’il vient d’endosser volontairement, mais qui risque fort probablement de payer fruit, au risque d’aliéner bien des fans à travers la planète NBA. L’envers de la médaille dans tout ça, c’est qu’il sera toujours perçu comme celui qui n’aura su transporter son équipe sur ses épaules et remporter les grands honneurs, préférant s’allier avec ses bourreaux des dernières séries. Il imite du même coup Ray Allen, qui signa avec le Heat de Miami en 2012 immédiatement après avoir été éliminé par ces derniers alors qu’il s’alignait avec les Celtics de Boston. Seul l’avenir nous dira si Russell Westbrook lui en voudra au point de ne plus lui adresser la parole, tout comme Kevin Garnett avec Allen…

Rien de nouveau sous le soleil…?
Beaucoup de fans voient d’un mauvais oeil ce concept de super-équipe fraîchement assemblée à coups de millions, mais ce n’est rien de nouveau dans la NBA, même que quelques unes d’entre elles ont lamentablement échoué (Rockets de 1996-97, Lakers de 2003-04), alors rien n’est garanti pour ces Warriors.

De plus, la parité n’a jamais vraiment existé dans cette ligue, et depuis 1980, seulement 11 franchises ont pu asperger leur vestiaire de champagne au mois de juin. Trois de ces équipes (Sixers, Mavericks, Cavaliers) ne l’ont remporté qu’une seule fois. On peut comprendre ceux qui souhaiteraient voir de nouveaux noms s’ajouter sur la liste de champions, mais ceux qui déplorent la façon de faire d’aujourd’hui tout en évoquant les beaux jours du passé ont la mémoire courte.

Dans cette décennie actuelle, nous avons déjà 6 équipes championnes différentes, alors jouons rapidement aux comparaisons:

Années 2010: Lakers, Mavericks, Heat, Spurs, Warriors, Cavaliers
Années 2000: Lakers, Spurs, Pistons, Heat, Celtics
Années 90: Pistons, Bulls, Rockets, Spurs
Années 80: Lakers, Celtics, Sixers, Pistons

La victoire avant tout?

Nous vivons à une époque où les superstars de la NBA semble vouloir prioriser la victoire au détriment de l’argent. La convention collective de la NBA fait en sorte que changer d’équipe rapporte moins que de rester en place si la valeur du joueur est indiscutable, vu que l’équipe qui détient les droits actuels du joueur en question peut offrir une année de contrat supplémentaire que les autres équipes du circuit.

Alors le choix est simple pour les joueurs: soit on opte pour la stabilité financière et/ou la loyauté, mais en espérant que l’état-major fasse les bonnes transactions pour améliorer l’équipe (Carmelo Anthony, DeMar DeRozan), ou bedon on bouge vers de meilleurs cieux, tout en sacrifiant un peu de sous mais en ayant de meilleurs chances de parader torse nu dans les rues de notre nouvelle ville adoptive pendant trois jours.

Dans son cas, Durant a tout de même passé 9 ans dans le plus petit marché de la ligue, sans toutefois remporter les grands honneurs. Certains pourront dire qu’il aurait pu rester et continuer à bâtir quelque chose de solide avec l’alignement en place, mais rappelez-vous que c’est la même organisation qui s’est débarrassée de James Harden car ils ne voulaient tout simplement pas le payer à sa juste valeur, à l’expiration de son contrat.

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La NBA vient de voir un de ses plus grands noms changer de cap, et le destin de plusieurs franchises vient d’être affecté du même coup. Reste à voir si le pari de Warriors et de Durant sera remporté en juin prochain.
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