Cinq histoires à suivre dans la NBA cette saison

Ce soir, finalement, la NBA est de retour dans nos écrans. Les Passionnés et moi seront rivés à nos écrans pour suivre avec attention cette nouvelle saison. Cependant, en plus de la course aux trophées (Joueur le plus utile, Joueur défensif, Meilleur 6ème joueur, Entraîneur de l’année), voici 5 autres histoires à suivre en attendant de savoir qui sera la prochaine victime des Warriors de Golden State en finale cette année.

1- La mort de l’attaque « 7 Seconds or less »

Mike D’Antoni, entraîneur-chef des Rockets de Houston, est connu pour son style offensif. Il désire que son équipe lance un tir dans les 7 premières secondes de leur possession, au lieu de prendre les 24 secondes allouées.

L’an dernier, avec la venue de Chris Paul et surtout contre les Warriors de Golden State en finale de Conférence de l’Ouest, son attaque aurait pu s’appeler « On pick-and-roll l’adversaire le plus possible afin de trouver l’avantage qui nous fait plaisir ». C’est beaucoup moins attrayant, mais ce fut un étrange changement qui fut très efficace.

Avec la venue de Carmelo Anthony, va-t-il revenir à ses vieilles habitudes, ou va-t-il continuer de maximiser la capacité de décision supérieure de James Harden et Chris Paul?

2- Switch Everything

La plus grande raison pourquoi je voulais que les Celtics de Boston aillent en finale contre Golden State était pour voir la prédiction de Doug Collins se réaliser.

Durant son passage à l’émission NBA Countdown pendant la saison 2013-2014, l’ancien entraîneur-chef et analyste disait qu’il aimait ce que faisait les Bucks de Milwaukee. Il démontrait que cette équipe signait et repêchait des joueurs interchangeables en défense. Lorsque les 5 joueurs sont interchangeables en défense, il n’y a presque qu’aucun moyen pour l’attaque de scorer.

Petit moment de « coaching » : dans la NBA, les petits surveillent les petits en défense et les grands surveillent les grands. Afin de trouver un moyen de scorer facilement, les équipes offensives jouent ce qu’on appelle un pick-and-roll, c’est-à-dire un joueur qui sert d’écran à celui qui possède le ballon afin de forcer un grand à jouer un petit en défense. Exemple: Jonas Valaciaunas, armoire à glace des Raptors (j’ai l’air rachitique à ses côtés), qui ne bouge pas extrêmement vite, doit essayer d’empêcher Kyrie Irving, qui lui est vite, d’aller au panier. Avantage Kyrie.

L’an dernier, quand Boston alignait Marcus Smart, Jaylen Brown, Jayson Tatum, Marcus Morris et Al Horford, c’était grandiose à voir. Aucun avantage pour l’équipe offensive qui peinait à scorer.

Mais les Celtics n’étaient pas les seuls à avoir un Death Lineup (alignement de la mort) défensif. Les Warriors aussi. Shaun Livingston, Klay Thompson, Kevin Durant, Draymond Green et Andre Igoudala ont aussi cette capacité de défendre tous les joueurs pendant 24 secondes.

J’avoue que c’est très précis et très fanatique sur les bords, mais ce jeu d’échecs tactique est quand même fascinant. J’ai hâte de voir combien d’équipes pourront faire la même chose.

3- Le retour des Grands

Tout le monde pense que l’émergence de Steph Curry et des Warriors ont rendu les centres obsolets*. Il faut se souvenir qu’Erik Spoelstra avait essayé de vendre l’idée à Pat Riley quand Lebron et Chris Bosh sont venus à Miami. Tim Duncan a mis un frein à ça.

Bien sûr, lorsqu’une équipe a Dwayne Wade, Lebron James, Chris Bosh, Ray Allen et Shane Battier dans son alignement, ou Steph Curry, Klay Thompson, Draymond Green, Kevin Durant et Iguodala, la réaction première est de se dire: il faut rivaliser avec eux avec leurs armes. On ne gagne une guerre si l’adversaire a un fusil et nous des roches.

Mais le basket n’est pas la guerre, c’est un jeu de qui peut maximiser son talent disponible. Une des équipes qui a donné le plus de fil à retordre aux Warriors fut les Grizzlies de Memphis avec Marc Gasol et Zach Randolph. Cette équipe jouait fort en défense et était non seulement patiente à l’attaque, mais maximisait les talents de Gasol et Randolph près du panier.

Un changement subtil s’est fait durant la deuxième ronde des Séries 2018. Durant la série Boston-Philadelphie, Dario Saric a passé les 3 premiers matchs à jouer à l’extérieur. Résultat: 3 défaites et une moyenne de 12 points par match. Durant les 2 derniers matchs, il a maximisé son avantage physique en allant à l’intérieur. Résultat : une victoire, une défaite et une moyenne de 26 points par match!

Ce changement, de passer à « il faut que tous les joueurs tirent du 3 points » à « utilisons le joueur où il est le plus efficace » est un vent d’air frais. Toutes les équipes ne peuvent pas jouer comme Houston et Golden State. Un peu de différence ne fait de mal à personne.

C’est donc avec un plaisir que je vais regarder DeAndre Ayton (Phoenix), Nikola Jokic (Denver) et Karl-Anthony Towns (Minnesota) maximiser leurs talents naturels.

4- Les Timberwolves du Minnesota

Justement, en parlant du loup, l’histoire la plus intriguante cette saison, à part le fait que Javale McGee et Lance Stephenson sont dans la même équipe, (fait que Woodwendy se fera un plaisir de parler dans le prochain podcast), est sans ambivalence ce qui se passe au Minnesota.

Depuis la dernière saison que je me plains que Tom Thibodeau ne maximise pas les talents de Karl-Anthony Towns (KAT) et d’Andrew Wiggins. Pour moi c’est impensable que Taj Gibson et Derrick Rose, deux anciens Bulls de Chicago qui ont déjà joué pour Thibs, touchent plus au ballon que KAT et Wiggins. Je me disais que cela allait avoir un impact sur l’avenir de ces deux jeunes joueurs.

Je me suis trompé royalement!

Jimmy Butler, au début du camp d’entrainement, déclare qu’il veut se faire échanger. Au lieu d’en rester là, il fustige l’organisation et les deux jeunes joueurs mentionnés ci-haut. Il décide finalement de participer au camp d’entraînement et explose verbalement, n’oubliant personne dans son attaque… en présence des médias. Après s’être calmé, il donne une interview à Rachel Nichols et… je vous laisse savourer ce clip :

Comment tout cela va affecter l’équipe? Qui est de son côté dans le vestiaire? Qui est du côté des jeunes loups? Est-ce que ces dernières semaines vont motiver les jeunes loups ou créer une apathie majeure de leur côté? Est-ce que Thibs va finalement créer un style de jeu pour se servir de leurs talents à bon escient? Est-ce que tout le monde va se faire échanger?

Vous avez sûrement compris que cette équipe est mon équipe de League Pass cette saison!

5- Le talent de passeur

La chose la plus difficile à faire dans la NBA est de scorer avec constance. C’est pour cela que les scoreurs sont exaltés. Avec raison. Si l’équipe pour qui vous vous passionez n’a pas de joueur qui peut scorer dans les deux dernières minutes du match, votre équipe n’aspire probablement pas au championnat. Pensez à Michael Jordan, Kobe Bryant, LeBron James, James Harden et Steph Curry. Ils sont plus que des scoreurs, mais on les acclame pour ce talent particulier.

Ces dernières années, il y a un mouvement qui recommence à célébrer le jeu d’équipe. On a finalement arrêté de dire que les Spurs étaient plates à regarder. Le jeu collectif des Warriors est devenu un modèle pour les amateurs de la NBA. Ricky Rubio a été repêché parce qu’il était un passeur hors-pair. Ben Simmons est un clone de Magic Johnson.

Un de ces joueurs que j’aime regarder est Nikola Jokic, alias The Joker. À 7 pieds et 250 livres, il n’est pas très vite, ne saute pas très haut et ne lance pas comme Steph Curry. Pourtant, les Nuggets ont décidé de bâtir leur attaque autour de lui car il est le meilleur big man passeur depuis Chris Webber et il va sans doute finir comme le meilleur de l’histoire. Il voit le terrain comme peu d’autres et ses passes sont toujours à la bonne place.

Sur ce, je vous souhaite une bonne saison!

* Shout out à MC Solaar!