Cinq histoires à suivre dans la NBA cette saison

Ce soir, finalement, la NBA est de retour dans nos écrans. Les Passionnés et moi seront rivés à nos écrans pour suivre avec attention cette nouvelle saison. Cependant, en plus de la course aux trophées (Joueur le plus utile, Joueur défensif, Meilleur 6ème joueur, Entraîneur de l’année), voici 5 autres histoires à suivre en attendant de savoir qui sera la prochaine victime des Warriors de Golden State en finale cette année.

1- La mort de l’attaque « 7 Seconds or less »

Mike D’Antoni, entraîneur-chef des Rockets de Houston, est connu pour son style offensif. Il désire que son équipe lance un tir dans les 7 premières secondes de leur possession, au lieu de prendre les 24 secondes allouées.

L’an dernier, avec la venue de Chris Paul et surtout contre les Warriors de Golden State en finale de Conférence de l’Ouest, son attaque aurait pu s’appeler « On pick-and-roll l’adversaire le plus possible afin de trouver l’avantage qui nous fait plaisir ». C’est beaucoup moins attrayant, mais ce fut un étrange changement qui fut très efficace.

Avec la venue de Carmelo Anthony, va-t-il revenir à ses vieilles habitudes, ou va-t-il continuer de maximiser la capacité de décision supérieure de James Harden et Chris Paul?

2- Switch Everything

La plus grande raison pourquoi je voulais que les Celtics de Boston aillent en finale contre Golden State était pour voir la prédiction de Doug Collins se réaliser.

Durant son passage à l’émission NBA Countdown pendant la saison 2013-2014, l’ancien entraîneur-chef et analyste disait qu’il aimait ce que faisait les Bucks de Milwaukee. Il démontrait que cette équipe signait et repêchait des joueurs interchangeables en défense. Lorsque les 5 joueurs sont interchangeables en défense, il n’y a presque qu’aucun moyen pour l’attaque de scorer.

Petit moment de « coaching » : dans la NBA, les petits surveillent les petits en défense et les grands surveillent les grands. Afin de trouver un moyen de scorer facilement, les équipes offensives jouent ce qu’on appelle un pick-and-roll, c’est-à-dire un joueur qui sert d’écran à celui qui possède le ballon afin de forcer un grand à jouer un petit en défense. Exemple: Jonas Valaciaunas, armoire à glace des Raptors (j’ai l’air rachitique à ses côtés), qui ne bouge pas extrêmement vite, doit essayer d’empêcher Kyrie Irving, qui lui est vite, d’aller au panier. Avantage Kyrie.

L’an dernier, quand Boston alignait Marcus Smart, Jaylen Brown, Jayson Tatum, Marcus Morris et Al Horford, c’était grandiose à voir. Aucun avantage pour l’équipe offensive qui peinait à scorer.

Mais les Celtics n’étaient pas les seuls à avoir un Death Lineup (alignement de la mort) défensif. Les Warriors aussi. Shaun Livingston, Klay Thompson, Kevin Durant, Draymond Green et Andre Igoudala ont aussi cette capacité de défendre tous les joueurs pendant 24 secondes.

J’avoue que c’est très précis et très fanatique sur les bords, mais ce jeu d’échecs tactique est quand même fascinant. J’ai hâte de voir combien d’équipes pourront faire la même chose.

3- Le retour des Grands

Tout le monde pense que l’émergence de Steph Curry et des Warriors ont rendu les centres obsolets*. Il faut se souvenir qu’Erik Spoelstra avait essayé de vendre l’idée à Pat Riley quand Lebron et Chris Bosh sont venus à Miami. Tim Duncan a mis un frein à ça.

Bien sûr, lorsqu’une équipe a Dwayne Wade, Lebron James, Chris Bosh, Ray Allen et Shane Battier dans son alignement, ou Steph Curry, Klay Thompson, Draymond Green, Kevin Durant et Iguodala, la réaction première est de se dire: il faut rivaliser avec eux avec leurs armes. On ne gagne une guerre si l’adversaire a un fusil et nous des roches.

Mais le basket n’est pas la guerre, c’est un jeu de qui peut maximiser son talent disponible. Une des équipes qui a donné le plus de fil à retordre aux Warriors fut les Grizzlies de Memphis avec Marc Gasol et Zach Randolph. Cette équipe jouait fort en défense et était non seulement patiente à l’attaque, mais maximisait les talents de Gasol et Randolph près du panier.

Un changement subtil s’est fait durant la deuxième ronde des Séries 2018. Durant la série Boston-Philadelphie, Dario Saric a passé les 3 premiers matchs à jouer à l’extérieur. Résultat: 3 défaites et une moyenne de 12 points par match. Durant les 2 derniers matchs, il a maximisé son avantage physique en allant à l’intérieur. Résultat : une victoire, une défaite et une moyenne de 26 points par match!

Ce changement, de passer à « il faut que tous les joueurs tirent du 3 points » à « utilisons le joueur où il est le plus efficace » est un vent d’air frais. Toutes les équipes ne peuvent pas jouer comme Houston et Golden State. Un peu de différence ne fait de mal à personne.

C’est donc avec un plaisir que je vais regarder DeAndre Ayton (Phoenix), Nikola Jokic (Denver) et Karl-Anthony Towns (Minnesota) maximiser leurs talents naturels.

4- Les Timberwolves du Minnesota

Justement, en parlant du loup, l’histoire la plus intriguante cette saison, à part le fait que Javale McGee et Lance Stephenson sont dans la même équipe, (fait que Woodwendy se fera un plaisir de parler dans le prochain podcast), est sans ambivalence ce qui se passe au Minnesota.

Depuis la dernière saison que je me plains que Tom Thibodeau ne maximise pas les talents de Karl-Anthony Towns (KAT) et d’Andrew Wiggins. Pour moi c’est impensable que Taj Gibson et Derrick Rose, deux anciens Bulls de Chicago qui ont déjà joué pour Thibs, touchent plus au ballon que KAT et Wiggins. Je me disais que cela allait avoir un impact sur l’avenir de ces deux jeunes joueurs.

Je me suis trompé royalement!

Jimmy Butler, au début du camp d’entrainement, déclare qu’il veut se faire échanger. Au lieu d’en rester là, il fustige l’organisation et les deux jeunes joueurs mentionnés ci-haut. Il décide finalement de participer au camp d’entraînement et explose verbalement, n’oubliant personne dans son attaque… en présence des médias. Après s’être calmé, il donne une interview à Rachel Nichols et… je vous laisse savourer ce clip :

Comment tout cela va affecter l’équipe? Qui est de son côté dans le vestiaire? Qui est du côté des jeunes loups? Est-ce que ces dernières semaines vont motiver les jeunes loups ou créer une apathie majeure de leur côté? Est-ce que Thibs va finalement créer un style de jeu pour se servir de leurs talents à bon escient? Est-ce que tout le monde va se faire échanger?

Vous avez sûrement compris que cette équipe est mon équipe de League Pass cette saison!

5- Le talent de passeur

La chose la plus difficile à faire dans la NBA est de scorer avec constance. C’est pour cela que les scoreurs sont exaltés. Avec raison. Si l’équipe pour qui vous vous passionez n’a pas de joueur qui peut scorer dans les deux dernières minutes du match, votre équipe n’aspire probablement pas au championnat. Pensez à Michael Jordan, Kobe Bryant, LeBron James, James Harden et Steph Curry. Ils sont plus que des scoreurs, mais on les acclame pour ce talent particulier.

Ces dernières années, il y a un mouvement qui recommence à célébrer le jeu d’équipe. On a finalement arrêté de dire que les Spurs étaient plates à regarder. Le jeu collectif des Warriors est devenu un modèle pour les amateurs de la NBA. Ricky Rubio a été repêché parce qu’il était un passeur hors-pair. Ben Simmons est un clone de Magic Johnson.

Un de ces joueurs que j’aime regarder est Nikola Jokic, alias The Joker. À 7 pieds et 250 livres, il n’est pas très vite, ne saute pas très haut et ne lance pas comme Steph Curry. Pourtant, les Nuggets ont décidé de bâtir leur attaque autour de lui car il est le meilleur big man passeur depuis Chris Webber et il va sans doute finir comme le meilleur de l’histoire. Il voit le terrain comme peu d’autres et ses passes sont toujours à la bonne place.

Sur ce, je vous souhaite une bonne saison!

* Shout out à MC Solaar!

 

 

 

 

Manchester United: Le début de la fin pour Mourinho

Ce samedi contre Newcastle, j’espère que ce sera le dernier match où Jose Mourinho sera le manager de Manchester United. Quoique je suis un de ceux qui pensent que le manager/entraîneur-chef devrait toujours avoir le dernier mot, je crois fermement qu’il est grand temps qu’il parte.

Quand les rumeurs devenaient de plus en plus fortes que Man U allait virer Louis van Gaal, je n’en étais que trop heureux. Pour la première fois de ma vie, je m’endormais en regardant des matchs de mon équipe de foot favorite. Cependant, quand ces mêmes rumeurs faisaient allusion que Jose Mourinho, alias The Special One, allait le remplacer, mes espoirs retombaient sur terre.

Quoique je pense que Mourinho est un génie (il a remporté un championnat de ligue partout où il est passé, 2 titres de la Ligue des Champions), je n’ai jamais aimé le style de jeu que ses équipes préconisent. Trop défensif à mon goût. Je ne me voyais pas supporter ça après 2 ans de passes sur le côté pour garder la possession du ballon sans jamais attaquer.

Ma deuxième appréhension venait du fait qu’il a eu maille à partir avec toutes ses stars offensives récemment. Appeler Karim Benzema un chat, problèmes avec Cristiano Ronaldo, Eden Hazard qui dit que son équipe n’est pas constituée pour jouer du football.

Mais ma plus grande crainte était sa relation avec les jeunes. Qu’est-ce que Juan Mata, Arjen Robben, Kevin De Bruyne, Mohamed Salah et Romelu Lukaku ont en commun?

Jose Mourinho les a tous vendus. Comprenez qu’avec Anthony Martial, Marcus Rashford et Luke Shaw, The Special One était la dernière personne que je voulais voir en charge à Old Trafford.

Voilà sa troisième saison aux commandes de Manchester United entamée et 2 de mes 3 craintes se sont déjà réalisées :

– Il s’obstine à faire jouer Marouane Fellaini, qui est un bon milieu de terrain défensif, en tant qu’attaquant lorsqu’il est évident qu’il n’a pas les capacités techniques pour ce poste; et cela tout en essayant de transformer Ander Herrera, qui a toujours été un milieu de terrain offensif, en milieu de terrain défensif et parfois comme défenseur central.
– Il n’a pas voulu féliciter Paul Pogba pour sa victoire en Coupe du Monde et a profité du 15 minutes que la presse a pour filmer les pratiques pour l’humilier publiquement. Il lui a aussi retiré le titre de vice-capitaine… qui n’existe pas à Manchester United. Il a blâmé Eric Bailly et Phil Jones (2 défenseurs) pour une défaite en penaltys. Il a aussi dit que son capitaine avait trop fait la fête durant la Coupe du Monde.
– La seule raison pour laquelle il n’a pas réussi à vendre Martial, c’est que le directeur en chef ne voulait pas s’en départir.


Après le match de samedi contre Newcastle, c’est la pause internationale. Quel meilleur moment pour changer d’entraîneur? La question est: qui devrait le remplacer?

La plus grande rumeur est que Zinedine Zidane désire le poste. Malgré qu’il était à Londres récemment pour prendre des cours d’anglais, je ne crois pas cette rumeur une seule seconde. Quitter Real Madrid pour se retrouver à Man U, c’est un peu comme si Steve Kerr décide de laisser Golden State pour aller à Toronto. À mon avis, Zidane attend le moment d’aller en équipe de France ou retourner à Juventus.

Mon choix réaliste est Ryan Giggs. Je dois dire ici que je suis déçu qu’il n’a pas fait comme Tom Thibodeau lorsque celui s’est fait virer des Bulls de Chicago. Il a passé une année sabbatique à aller visiter et apprendre des autres coachs. Ou mieux encore, Giggs aurait pu faire comme Zidane et Pep Guardiola et devenir l’entraîneur de l’équipe de l’académie. Son manque d’expérience d’entraîneur à haut niveau n’aurait pas été retenu contre lui. Ces deux hommes ont amené leur équipe respective à la victoire de la ligue des champions à leur première année comme entraîneur.

Cependant, avec tous les autres noms qui ont été lancés dans l’air, j’aimerais en rajouter un autre en particulier qui, comme disent les Américains, vient du “left field”. Voici ses qualifications en tant que joueur :

– Gagnant de la Premier League
– Gagnant de la FA Cup
– Gagnant de l’Euro
– Gagnant de la Coupe du Monde

En Angleterre, il a joué pour un homme qui a révolutionné le soccer anglais. En Espagne, il a joué pour un homme qui a révolutionné le soccer, point à la ligne.

Comme assistant-entraîneur, il a aidé une nation a jouer à son plein potentiel. (on reviendra là-dessus).

Voici mon choix :

Le fait qu’il a joué pour Arsène Wenger et Pep Guardiola l’a exposé à un football offensif de deux manières différentes. Avoir joué pour Raymond Domenech, il a surement appris comment ne pas aliéner ses joueurs (faire tout simplement le contraire de Domenech).

Mais la performance de la Belgique lors de la dernière coupe du monde est vraiment ce qui a fait basculé ma balance de son côté.

Kevin de Bruyne, un milieu de terrain avec un talent offensif incroyable a connu une superbe Coupe du Monde. Ça vous fait penser à quelqu’un?

Même son de cloche pour Eden Hazard. Un ailier offensif, autour duquel on peut bâtir son équipe. Lui aussi vous fait penser à quelqu’un?

Lors du match contre le Brésil, la Belgique a changé son style de jeu. Tactique qui a bien fonctionné.

Donc, Thierry Henry a les mentors qui lui ont possiblement insufflé le goût du foot offensif, ce qui est en manque à Old Trafford depuis que Sir Alex Ferguson est parti. Il a automatiquement le respect de Pogba. Et qui de mieux pour aider Martial et Rashford, qui ont été tous les deux comparés à Henry, pour maximiser leurs potentiels?

 

LeBron James: Et si…

Si. Une petite injonction qui en dit tant. Et c’est cette injonction qui me gardera rivé sur mon téléviseur pour la finale de la NBA.

Les médias sportifs et les fans de la NBA sont présentement captivés par un débat : LeBron James est-il le meilleur joueur de tous les temps?

Deux choses m’empêchent de donner ce titre à LeBron :

  1. Sa carrière n’est pas finie. Que dira-t-on de lui si ses 5 dernières années ressemblent à celles de Tim Hardaway, Amare Stoudemire ou Antoine Walker? Hautement improbable pour l’instant, direz-vous, mais laissons le temps agir.
  2. Les « si » qui accompagnent sa carrière.

De tous les grands joueurs de l’histoire de la NBA, aucun n’a autant de « si » attachés à son nom que LeBron James.

Avant d’aller plus loin, j’aimerais clarifier quelque chose : je ne suis pas de ceux qui prient aux pieds du King tous les soirs, ni quelqu’un qui brûle des poupées de LeBron tous les soirs. Ceci étant dit…

Michael, Magic, Larry, Shaq, Hakeem, Kareem, Tim Duncan et Bill Russell n’ont pas autant de « si » qui les hantent. Le seul scénario hypothétique non résolu de MJ et Hakeem est qui l’aurait emporté entre les Bulls et les Rockets en 1994 et 1995 si Jordan n’était pas parti jouer au baseball. Shaq aurait pu mieux prendre soin de son corps, mais avec quatre bagues aux doigts, ainsi que le poids des années, il est difficile de lui reprocher grand chose. Magic était déjà sur la pente descendante lorsqu’il a appris avoir contracté le VIH.

Avec LeBron, c’est plus compliqué.

*****

Premier « Si » : 97,5%

Match 6 de la Finale 2013

Tout le monde se souvient du tir incroyable de Ray Allen. Mais la séquence précédente qui a permis à ce tir d’exister est mon sujet de discussion et aussi, selon moi, le plus grand mystère de l’histoire de la NBA.*1

Durant la série, Kawhi Leonard a touché le ballon 80 fois au rebond. Deux fois, il ne l’a pas capté. Un de ces rebonds fut sur cette séquence.

Je récapitule. On enchaîne :

– Il reste 28 secondes
– Les Spurs mènent par 5.
– LeBron prend un 3pt et le manque.
– Kawhi touche au ballon lors du rebond.

C’est ici qui tout change. Au lieu du ballon qui finit par se retrouver une seconde fois dans les mains de LeBron qui réussit son lancer de trois points:

– 97,5% du temps, Kawhi attrape le rebound.
– Miami le faute.
– Il rentre ses lancers francs.
– San Antonio mène par 7 avec 20 secondes à faire.
– San Antonio gagne le titre.
– LeBron est 1 en 3 en finale.

(En d’autres mots, il aura fallu une situation qui arriva 2,5% du temps pour que LeBron remporte son second titre.)

Deuxième « Si » :  La bourde de Draymond

Match 5 de la Finale 2016

Avec un Kyrie Irving et Kevin Love en santé, avec un Steph Curry qui n’était visiblement pas rétabli de sa blessure au genou, Cleveland était clairement en voie de se faire éliminer.

La NBA suspend Draymond Green. Avec raison.

Je récapitule :

– Les Cavs sont en santé, mais se font outrageusement dominer par les Warriors pendant les premiers matchs et sont sur le point de prendre une avance de 3-1 dans la série.
– Alors qu’il ne reste que 2:30 au quatrième match, LeBron tente d’intimider Draymond Green, mais ce dernier n’embarque pas dans son petit jeu.
– La NBA ne suspend pas Draymond Green.
– Les Warriors gagnent la série 4-1.
– LeBron est 1 en 7 en finale.

Ce qui nous amène à ce soir. Les deux équipes sont en santé. Les Warriors se sont délestés de cette aura d’invincibilité qui les habitaient l’an dernier, et paraissent maintenant plus dangereux que jamais avec Kevin Durant parmi eux. Comment LeBron va-t-il prendre l’affront ultime d’être le meilleur joueur de la ligue ET le champion en titre, mais que tout le monde pense que Golden State ne fera qu’une bouchée de Cleveland?

Je savais à quoi m’attendre de Jordan en 1993.
Je savais à quoi m’attendre de lui en 1998.

Lebron?

Je vais le savoir dans les prochains matchs.

Mais pour ce que ça vaut… Warriors en 5.

¹ Si les Spurs gagnent :
– Tim Duncan a un 5e titre, finit sa carrière avec 6 championnats, élimine le débat « Meilleur joueur de sa génération: Kobe ou Duncan? » et égalise un centre de la NBA.
– Tim Duncan gagne le MVP de la finale, 14 ans après son premier MVP des Finales, comme un centre de la NBA.
– En d’autres mots, il devient le Kareem Abdul Jabbar de sa génération, jusqu’à sa relation avec les médias.

Norse Mythology: La Scandinavie à l’honneur

Mardi dernier, Neil Gaiman, l’auteur de 1602 dont nous vous avons parlé la semaine dernière, lançait son nouveau livre Norse Mythology.

Ce livre n’est pas une de ses fabuleuses créations originales. Comme il le dit dans son introduction, il raconte les mythes scandinaves à sa façon. Pour ceux comme moi qui ne connaissent rien de la mythologie scandinave, outre les personnages de Marvel, cette collection de récits est une belle entrée en la matière.

Les récits commencent avec l’introduction des personnages principaux : Odin, Thor et Loki. La première grande différence avec la mythologie Marvel saute aux yeux. Loki est le frère d’Odin, pas celui de Thor.

De là, Neil Gaiman continue ses récits de manière presque chronologique. Il décrit la naissance du monde… et sa fin aussi. Ragnarok, la fin du monde selon les peuples nordiques, est toujours présent. Toutes les aventures des héros nous préparent à ce moment fatidique. Il nous parle de l’inimitié que les Géants et les Dieux ont entre eux. Il nous raconte comment les Dieux ont reçus leurs armes. Tout ceci avec une ligne commune.

Si Marvel nous présente Thor comme LE héros Asgardien, ici l’auteur passe plus de temps à nous parler de Loki. Toutes les aventures du livre sont causées par lui. Ses mensonges et ses tours sont presque toujours l’élément déclencheur de l’histoire qu’on lit. Même lorsqu’il est un personnage secondaire, ses empreintes sont partout. Lorsqu’on rencontre ses enfants, une de mes histoires favorites, il n’est que présent au début. Mais puisque ce sont ses enfants qui amènent la fin du monde, il reste une figure imposante.

Comme dans toutes les mythologies, les dieux nordiques ne sont ni toujours bons, ni toujours mauvais. Il y a de la ruse, de l’amour, des pleurs, des déceptions et de la traîtrise. Même s’ils sont des dieux, ils sont très humains aussi.

Le grand défaut du livre est qu’il est court. Les histoires sont tellement intéressantes et le ton de Neil Gaiman donne une telle vivacité à ces récits qu’on en redemande plus. On veut qu’il nous raconte toutes les histoires de ces dieux.

L’héritage de Neil Gaiman

 

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Hier, l’auteur britannique Neil Gaiman a lancé un nouveau livre intitulé Norse Mythology, une collection de récits basés sur les mythes scandinaves d’où proviennent notamment le célèbre Thor. Comme son éditeur ne m’a pas envoyé ce nouvel ouvrage, au lieu de me lancer dans une critique de celui-ci, je vais plutôt vous parler de comment je suis devenu un fan de Gaiman.

En 2003, Marvel annonça une nouvelle mini-série appelée 1602. Celle-ci racontera l’univers de Marvel si, au lieu d’avoir commencé dans les années 1960, il débuta en 1602. La prémice semblait intéressante et surtout, Andy Kubert serait le dessinateur principal. Vous connaissez peut-être Kubert pour ce livre*:

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1602 commence dans le palais Hampton Court en Angleterre, où la reine discute avec Sir Nicholas Fury des phénomènes naturels étranges qui se sont produits durant la dernière semaine. Et puisque Sir Fury n’est pas astrologue, elle fait appel au Docteur Stephen Strange.

Dès les premières pages, on découvre que même si les personnages ne sont pas dans leur ère familière, on les retrouve dans leurs rôles et habits, quoiqu’un peu modifié, habituels. Sir Nicholas Fury, au lieu d’être directeur de S.H.I.E.L.D., est à la tête des services de renseignements de Sa Majesté. Docteur Stephen Strange, au lieu d’être Maître des Arts Mystiques, est le Maître de la médecine de Sa Majesté. Ceci nous permet de plonger dans l’histoire en appréciant les différences.

Docteur Strange annonce à Sir Fury qu’il a accepté de garder un trésor (une arme, peut être?) des Templiers qui part de Jérusalem pour arriver en Angleterre. Sir Fury l’assure que le trésor sera protégé. Grâce à cette entente, nous découvrons les autres personnages de 1602. Peter Parquagh, qui est l’assistant de Sir Fury. Un troubador aveugle qui est un espion à la solde de Fury qui s’appelle Matthew. Lors d’une conversation, on apprend qu’il y a un homme, que le monde surnomme Le Beau, qui répond au nom de Comte Otto Von Doom.

Puisque nous sommes en 1602, l’inquisition espagnole est toujours active. Au lieu de seulement s’attaquer aux sorcières, elle s’attaque aussi à ceux qui sont « de la race des sorcières ».

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L’inquisition espagnole est menée par Le Grand Inquisiteur, aidé de ses jeunes assistants Petros et Soeur Wanda. Lorsque Le Grand Inquisiteur décide de brûler vivant ce mi-homme mi-ange, les hommes de Javier qui habite une école appelée le Sanctuaire viennent à sa rescousse.

C’est comme ça durant toute la série, on y découvre des visages familiers et d’autres moins familiers.**

Ce qui est particulier et qui fait le charme de cette série est le ton. Les couleurs sont très vivantes, tout est nouveau puisqu’on vient de découvrir le Nouveau Monde. Le ton de l’histoire aussi est particulier. Si vous cherchez une histoire avec plein de batailles entre super-héros et super-villains et d’un sérieux sévère, vous vous trompez de livre. C’est très acceuillant et plein d’enjouement. Au lieu d’utiliser de la force, tout le monde utilise leur cerveau pour essayer de gagner.

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Reconnaissez-vous vos héros Marvel favoris ici?

Les meilleures choses que je peux dire au sujet de cette histoire est qu’elle nous rend heureux et qu’on est un peu triste de quitter cet univers. Je ne peux que vous le conseiller très fortement!

Après ceci, j’ai vu Stardust. Découvrant que c’était la version film d’un livre de Neil Gaiman, j’ai décidé de descendre dans l’antre du lapin. J’y ai découvert le livre « Stardust » et le magnifique « American Gods », qui est sur le point de devenir une série télévisée.

Mais ma passion pour Neil Gaiman commença avec 1602. Bonne lecture!

* * * * *

* Ce livre contient le plus grand secret de Marvel.

** L’apparition d’un certain personnage vaut à elle seule le prix de la série.

Finale de la NBA: Affrontement au sommet, prise 2

Ce soir, la grande finale de la NBA débute enfin. Je vais laisser à d’autres personnes l’honneur de faire le constat de l’héritage du gagnant et du perdant. D’un côté, je ne crois pas qu’on peut parler d’héritage tant que la personne est encore active. De l’autre, cela enlève l’appréciation du moment présent selon moi.

Cette année, les Cavaliers de Cleveland arrivent en finale en bonne santé comparativement à l’an dernier. Kyrie Irving et Kevin Love seront disponibles pour la série. Ils seront aussi reposés, n’ayant perdu que deux matchs (contre nos Dinosaures favoris) depuis le début des séries éliminatoires, ce qui devrait être un avantage pour eux. Mais gardons l’idée de cet avantage pour plus tard.

Pour leur part, les Warriors de Golden State arrivent en finale ayant survécu un combat de 12 rounds contre le Thunder d’Oklahoma City. D’un côté, ils ont prouvé qu’ils sont des champions en titre (ne sous-estimez jamais le coeur d’un champion, comme nous a si bien dit Rudy Tomjavonich), mais de l’autre, ils ont prouvé qu’ils étaient vulnérables. L’aura d’invincibilité de cette équipe qui détient le record de victoires en saison régulière semble s’être dissipé avant le début de cette grande finale.

La plupart des commentateurs voient la série aller jusqu’au bout, avec un beau 7e match qui plairait à tout le monde. J’ai beaucoup de misère à voir comment cela arrivera.

Cette finale est une reprise de l’année passé. Comme les Spurs avant eux, les Warriors ont déjà vu LeBron en finale. Ils ne seront pas surpris de voir LeBron monter son jeu d’un cran¹. C’est un ajustement qui n’a pas de prix.

Ensuite, le fait d’avoir tiré de l’arrière contre OKC va surement forcer Golden State à se concentrer dès le début et à ne pas prendre cette série à la légère.

Cependant, le plus gros point favorisant Golden State selon moi, c’est la bonne santé de Kyrie Irving et de Kevin Love.

CLEVELAND, OH - MARCH 18: Kyrie Irving #2 and Kevin Love #0 of the Cleveland Cavaliers during the game against the Brooklyn Nets on March 18, 2015 at Quicken Loans Arena in Cleveland, Ohio. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and/or using this Photograph, user is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2014 NBAE (Photo by David Liam Kyle/NBAE via Getty Images)
(Photo par David Liam Kyle/NBAE via Getty Images)

Irving et Love sont les 2 pires joueurs défensifs des Cavs. Leurs contributions à l’attaque est souvent annulée par leurs carences en défense. Demandez à Marcus Morris, qui a joué comme un joueur étoile en première ronde, et à Kyle Lowry en finale de conférence. Cette fois-ci, les joueurs dont ils auront la responsabilité défensive s’appellent Stephen Curry, seulement le joueur le plus utile à son équipe les deux dernières années, et Draymond Green, le coeur et l’âme des Warriors. J’ai beaucoup de misère à croire que ces deux joueurs n’auront pas des statistiques époustouflantes lors de la finale.

N’oublions pas aussi que la NBA est avant tout une ligue d’affrontements d’alignements. Tout comme OKC qui donne toujours du fil à retordre à San Antonio, ici le duel favorise Golden State.

La meilleure équipe offensive, leur alignement “small ball”, de Cleveland (Kyrie Irving, J.R. Smith, Richard Jefferson, LeBron James et Kevin Love) est leur pire alignement défensif. Ils vont marquer 8 fois sur 10, mais ils vont se faire marquer dessus 10 fois sur 10. De plus, cette formation favorise Golden State qui aime jouer “petit”².

Donc, pour gagner, Cleveland doit jouer le même style de jeu que Golden State. Et Golden State viennent de briser le record de plus de victoires dans une année en jouant ce style…

En fin de compte, je vois LeBron avoir un match historique à Cleveland lors du 3e match de la série. Quelque chose comme 37 points, 15 rebonds, 12 passes décisives. Je vois aussi chaque match être chaudement contesté jusqu’aux 5 dernières minutes. Je vois aussi Golden State gagner la série en 5.

Et vous?

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¹ Que vous aimez ou haïssez LeBron, on ne peut pas dire qu’il disparaît lors des finales.
² Petit ou small ball line-up veut dire jouer sans centre et avec plus de petits joueurs qui jouent à l’extérieur que d’habitude

Captain America: Civil War – L’art de la guerre

Quel camp choisirez-vous?

Voici le slogan qui annonça le dernier film des Studios Marvel, Captain America: Civil War. Le film quelques mois après les évènements du film Avengers : L’Age d’Ultron. Les nouveaux membres font partie de l’équipe à part entière. Nous les retrouvons à Lagos, où une mission tourne mal.

Après cette situation, le Secrétaire d’état Thaddeus Ross annonce à notre groupe de super-héros que les Nations Unies vont se rencontrer à Vienne, pour passer un accord où ils prendront contrôle des Avengers. Tony Stark (Iron Man), faisant écho des sentiments qu’il a évoqué dans L’Age d’Ultron, choisit un côté et Steve Rogers (Captain America) en choisit un autre.

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Lors de cette scène, Captain America : Civil War démontre la profondeur à laquelle les comic books peuvent aller. Les arguments des deux protagonistes auraient aussi bien passé dans un drame de guerre que dans ce film. Voilà ma plus grande déception, en fait: je m’attendais à une guerre civile (comme dans le comic book d’où est tiré le film), j’ai eu plutôt droit à une guerre interne. Comme l’accord a été ratifié, j’aurais aimé voir la réaction de la population. Est-ce que les victimes des batailles qui ont eu lieu dans les deux premiers films sont pour cet accord, malgré leurs pertes? Est-ce que ceux qui ont eu la vie sauve grâce à ces héros sont contre? Hélas, je n’ai pas eu de réponse à ces questions.

Cependant, si ce fut ma plus grosse déception, je parle d’une déception qui se compare à remporter 90 millions à la loterie au lieu de 100. Je me plains d’une égratignure que seul moi peut voir sur une Lamborghini que j’ai gagné.



Le film est vraiment bon. Les scènes d’action et de combat sont excellentes. L’introduction de deux nouveaux personnages a été réussie à 100%¹. Un amène de la prestance et de la classe, tandis que l’autre amène la fougue et la naïveté de la jeunesse. L’apparition surprise d’un personnage² amène une touche de comédie bien placée.

Le dénouement de l’histoire nous tient non seulement en haleine, afin de savoir comment la décision va impacter le reste de l’univers de Marvel (Agents of S.H.I.E.L.D., Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage) mais fait hommage à une histoire classique des Avengers.³

Sur ce, je vous laisse… je retourne au cinéma revoir le film.⁴

Verdict : Cinéma plein prix.

*   *   *   *   *

Captain America: Civil War
Mettant en vedette Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johanssen, Sebastian Stan, Anthony Mackie et Don Cheadle.
Réalisé par Anthony et Joe Russo
Durée de 2h27.



¹ Ils ont gardé l’essence des personnages. Ce que Batman V Superman a complètement foiré.

² Chapeau Marvel! Vous avez très bien gardé le secret.

³ Avengers 270-277

⁴ Voici ce que DC ne comprend pas. Donne aux fans purs et durs ce qu’ils veulent. Pourquoi? Parce que non seulement, on a continué à faire vivre ces personnages (où sont les fans purs et durs des Fantastic Four? Exactement) mais on va voir le film plus qu’une fois au cinéma et à chaque fois, on va amener quelqu’un qui ne l’a pas vu.