Passez une St-Valentin hip-hop avec The V Mix (AUDIO)

Pour ceux qui cherchent une trame sonore hors des sentiers battus pour célébrer la St-Valentin, nous avons exactement ce qu’il vous faut avec notre nouveau mix, The V Mix, préparé avec soin comme toujours par notre DJ résident, Eazy El Dee. 

Une cinquantaine de minutes de chansons d’amour Hip-Hop traversant les années 80, 90 et 2000 afin de vous mettre dans l’ambiance avec votre tendre moitié.

Écoutez ci-dessous, avec l’option de télécharger comme à l’habitude.

 

Black Messiah: Le grand retour inespéré de D’Angelo

D'Angelo

Michael Archer s’est fait attendre. Longtemps. Très longtemps. Et lorsqu’on se fait attendre de la sorte (14 longues années depuis la sortie de son dernier album, Voodoo ), il est normal de se demander si la patience des fidèles sera récompensée. 

En fait, la patience est une vertu qui est immanquablement teintée d’espoir. L’espoir dans ce cas-ci, c’est de voir un prodige de la musique black continuer à réaliser son plein potentiel sans en avoir peur. Et donc, après tant de louanges de toutes parts, la mise en valeur excessive de ses abdos, une prise de poids importante, un combat contre l’alcoolisme et les drogues dures, un accident automobile qui a failli lui coûter la vie, et maintes remises en question; nous voici en fin de 2014 avec un nouvel opus lancé par surprise aujourd’hui intitulé Black Messiah… comme si, en effet, le Messie du R&B était enfin de retour parmi nous, pour nous sauver des péchés des autres soi-disant artistes qui polluent les ondes avec leur manque flagrant de talent et de créativité.

La question qui brûle les lèvres en ce moment est, naturellement… cet album en vaut-il la peine? En voici d’autres: un artiste peut-il vraiment se permettre de disparaître des feux de la rampe pendant tout ce temps et espérer y reprendre sa place comme si de rien était? Est-il resté fidèle à ce qui le rend unique en son genre? A-t-il tenté de plaire à une nouvelle génération de fans en altérant son style pour se rapprocher du courant The Weeknd/Frank Ocean/Miguel?

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Dissipons tout de suite les doutes: D’Angelo nous a concocté ici un chef d’oeuvre qui va à contre-courant de ce qui se fait dans la musique populaire d’aujourd’hui. Imaginez la femme qui attend depuis trop longtemps que son copain lui demande en mariage, qui se demande même si ce jour va finir par arriver, et que sa famille et amies lui demandent ce qu’elle fait encore dans cette relation, vu les moments difficiles qu’ils ont traversé. Imaginez ensuite le jour où, finalement, son copain se prend en main et lui offre une bague encore plus belle qu’elle n’osait espérer recevoir… voilà ce qu’est Black Messiah.

Rare est-il d’avoir un album qui réussit à combler les attentes du public en général, alors imaginez après tout ce temps écoulé. Et D’Angelo a peut-être longuement hésité avant de nous revenir, mais il semble être conscient que son talent musical est carrément hors-normes, et qu’il y aura toujours une place à la table des grands pour ce genre de prodige. Mais au lieu de tenter de drastiquement réinventer la roue et d’échouer lamentablement, il a plutôt opté pour un raffinement de ses grandes qualités, ce qui n’empêche pas quelques surprises au passage. Mais ceci reste définitivement une évolution du style qui l’a rendu célèbre il y a maintenant 20 ans; alors ceux qui espèrent trouver une révolution musicale seront peut-être un tantinet déçus, mais il est est impossible de rester fâché contre un tel produit aussi bien peaufiné.

Justement, le souci du détail est la plus grande qualité de ce projet. Pendant que la très grande majorité des artistes se fient aux dernières avancées technologiques numériques présentes dans tout bon studio moderne, ici on a droit à un retour à l’ère analogique. Tout a été enregistré sur ruban magnétique de deux pouces, et tous les effets ont été procédés à l’aide d’appareils analogiques, afin d’assurer la plus grande fidélité organique possible. Le résultat? Un son beaucoup plus riche et naturel que tout ce que vous écoutez en ce moment.

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Vous avez l’image indélébile de D’Angelo derrière son Rhodes, qui joue impeccablement les notes de « Brown Sugar » en fumant une clope? Imaginez maintenant celui-ci tenant une guitare, instrument qu’il a décidé de maîtriser ces dernières années, et qui fait maintenant partie intégrale de l’expérience. Vous avez maintenant Questlove, batteur des Roots, jouant sur toutes les pièces et ayant produit trois morceaux personnellement, ainsi que de nouveaux musiciens qui viennent se greffer à l’aventure pour former un nouveau band, The Vanguard. Et n’ayez crainte pour sa voix qui a séduit tant de gens, elle encore au rendez-vous, ce qui est un miracle en soi, vu les épreuves qu’il a traversé.

Alors, les chansons en tant que tel? On a droit ici à un mélange de militantisme (« The Charade »), de réflexion sociale (« Till It’s Done ») et d’amour, créant une plaisante diversité au total. Les premiers morceaux sont plutôt lourds, et prendront quelques écoutes afin de pleinement apprécier leur génie. « 1000 Deaths » est le fait saillant de cette section pour cette raison: dès que vos oreilles auront assimilé le raz-de-marée de funk psychédélique qui y est joué, vous en serez reconnaissants et le tout restera dans votre tête. Dès qu’on arrive à « Sugah Daddy », on retrouve une certaine zone de confort et d’allégresse qui donne une vitesse de croisière agréable au reste de l’album. « Really Love » est incroyablement séduisante avec sa guitare et ses violons bien orchestrés, ce qui donne une sorte de fusion entre de la soul, du jazz et de l’afro-cubain à la Buena Vista Social Club. « Back To The Future » est un groove clairement inspiré du regretté producteur hip-hop J. Dilla, ami et collaborateur de D’Angelo, justement. « Prayer » et « Betray My Heart » seront des incontournables, et « Another Life » clot bien le tout avec sa soul apaisante.

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Le plus grand plaisir de cette écoute n’est pas juste les chansons en tant que tel. C’est aussi de voir un homme revenir à son premier amour. De s’émanciper pleinement en faisant ce qu’il est né pour accomplir, qui est de nous gâter avec son talent immense et sa présence. Et qui est conscient que cette présence est nécessaire afin d’instaurer un équilibre dans le climat musical actuel. Et heureusement pour nous, ce n’est pas le genre d’album qui s’écoute vite fait une fois pour se faire ensuite reléguer aux oubliettes. Il sait qu’il a été absent pendant trop longtemps, que ses fans l’ont terriblement manqué, et donc il s’est arrangé pour pondre un projet qui pourra être réécouté à outrance pendant longtemps, et non quelque chose de vite fait, réchauffé. Il est là, son génie.

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Black Messiah cover

D’ANGELO & THE VANGUARD
BLACK MESSIAH
RCA RECORDS

Note globale – 9/10

 

Drake nous fait un cadeau pour son anniversaire avec trois nouveaux morceaux

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Le rappeur torontois aime nous rappeler qu’il a vu le jour au mois d’octobre (sa maison de disques, regroupement et marque de vêtements OVO étant un acronyme de October’s Very Own). Alors donc… comment souligner ses 28 ans, célébrés vendredi dernier, avec brio? En offrant pas moins de trois nouvelles chansons pour le plus grand plaisir de ses fans.

La sélection semble très stratégique en plus, car on a droit aux trois personnalités de Drake ici. « 6 God », référence à son patelin du 416, est sans contredit le plus cru des trois morceaux, avec un son bien lourd et un Drizzy en rappeur animé. « Heat Of The Moment » est un slow jam sulfureux où Aubrey se lance en plein mode R&B, et nous démontre les progrès qu’il continue à faire en tant que chanteur. Mais il nous démontre son plein talent à merveille lorsqu’il utilise son style hybride sur « How Bout Now », morceau qui est apparu en ligne sans sa permission quelques jours auparavant. C’est une énième chanson de sa part qui parle d’une femme qui l’aurait largué avant qu’il ne devienne célèbre (*soupir*), mais force est d’admettre que c’est très réussi au niveau production, et sa performance reste quand même solide.

Peu importe la version de Drake que vous préférez, vous ne serez pas déçu outre mesure avec ces trois morceaux..

 

Le grand retour de Kendrick Lamar: « i »

kendrick crown

Avouons-le d’emblée: 2014 est une année très décevante au niveau musical urbain. Quelques projets intéressants ici et là, mais rien d’époustouflant ou de révolutionnaire à date. Les grands noms se sont contentés de lancer des chansons de temps en temps, mais on attend encore l’Album de l’Année, proprement dit.

Aviez-vous oublié Kendrick Lamar, par hasard? Si oui, c’est une bonne chose, car en cette ère de bombardement de musique médiocre et insipide sans fin, lorsqu’un artiste d’élite décide de prendre du recul, on peut généralement s’attendre à de quoi de grandiose ou d’unique. Dans le cas du rappeur californien, on ne connait toujours pas le titre de son deuxième album, mais si on se fie au premier extrait, intitulé simplement « i », on aura droit à quelque chose d’un peu différent du climat musical actuel.

Avec un échantillon du classique « That Lady » des Isley Brothers, et des paroles positives qui inspirent la confiance en soi, on apprécie le fait que King Kendrick n’ait aucunement peur de nager à contre-courant. On vous laisse découvrir par vous-mêmes.

 

Michael Jackson renaît de ses cendres avec « Love Never Felt So Good »

Love Never Felt So Good

Le rêve de Justin Timberlake de pouvoir collaborer avec son idole Michael Jackson s’est enfin matérialisé de manière posthume. Le nouveau morceau, tiré de l’album Xscape à paraître le 13 mai prochain, risque fort probablement de devenir la chanson que vous serez fatigué d’entendre d’ici le mois de juillet.

Produit par Timbaland, « Love Never Felt So Good » sonne tout droit sorti de l’époque Off The Wall du défunt Roi de la Pop, ce qui plaira surement à ses plus grands fans. Timberlake accompagne très bien Jackson sur cette chanson, mais on sent tout de même une distinction minime entre les deux chanteurs, la voix de JT manquant définitivement la passion et le petit je-ne-sais-quoi qui faisait la magie de Jackson.

C’est le genre de « tube de l’été » qui vous met automatiquement un sourire aux lèvres et vous donne envie de vous déhancher. Bonne écoute!

 

Un nouvel album de Michael Jackson en mai

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Epic Records viennent de «surprendre» la planète musicale en annonçant un nouvel album intitulé Xscape (oui, comme le groupe R&B des années 90) pour le défunt Roi de la Pop. Mais qu’en est-il exactement?

On parle ici de huit chansons inédites, basées sur des enregistrements vocaux de Jackson, provenant de plusieurs sessions à travers sa carrière musicale, choisies de main de maître par le réputé producteur et gestionnaire de maisons de disques Antonio «L.A.» Reid. Il a ensuite refilé ces extraits vocaux à des producteurs émérites tels que Timbaland et Rodney Jerkins, qui ont pu ensuite y mettre leur touche magique afin de moderniser ces pièces musicales au goût du jour. Une version deluxe de l’album sera également lancée le même jour, et celle-ci contiendra les versions originales de ces enregistrements, telles qu’enregistrées et produites par Jackson lui-même.

En fait, ce qui est vraiment surprenant dans toute cette opération est plutôt le fait que ça ait pris cinq ans après sa mort afin de présenter un tel projet. Jackson est un de ces artistes qui semble avoir une bonne quantité de matériel inédit, lui dont l’éthique de travail a toujours été irréprochable. Il était ainsi inévitable qu’un album posthume finisse par voir le jour éventuellement, connaissant les tendances des maisons de disques à exploiter les artistes défunts et leur catalogue musical (Elvis, les Beatles, 2pac, The Notorious B.I.G.). Aura-t-on droit à de nouvelles chansons mémorables qui nous rappelleront le génie de MJ, ou bedon serait-ce une simple «passe de cash» pour renflouer les caisses de Sony et de la famille Jackson?

Nous ne savons pas non plus s’il y aura des artistes invités à ce projet, mais il est très difficile de ne pas imaginer de grands noms tels que Pharrell Williams, Chris Brown et surtout Justin Timberlake côtoyer Jackson vocalement, eux qui se sont indiscutablement inspirés de lui musicalement. Peut-être même une petite tournée en hologramme, qui sait? On aura nos réponses dès le 13 mai.

King Los vient de mettre le feu en freestyle!

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L’art du véritable freestyle en est un qui a presque totalement disparu dans le monde commercial du hip-hop d’aujourd’hui. La plupart des artistes, lorsqu’ils sont invités à performer spontanément lors d’entrevues et autres occasions, y vont plutôt de textes préparés à l’avance, ou même de chansons déjà connues dans certains cas. 

King Los, lui, avait définitivement autre chose en tête ce matin, lors de son apparition à l’émission du réputé Sway, à la chaine de radio satellite Shade 45. Il y va d’une séance de huit minutes totalement improvisée, demandant même à Sway de lui lancer des mots afin de l’inspirer. On peut vous dire tout de suite que la plupart de vos rappeurs préférés trouveraient toutes sortes d’excuses louches pour se désister de ce genre d’exercice. On vous laisse regarder le tout ici.

Si vous vous demandez d’ou il sort, celui-là… sachez qu’il était signé par Diddy chez Bad Boy, et que bien sûr M. Combs n’a pas cru bon de retenir ses services. Il est maintenant libre comme le vent depuis hier, mais après cette prestation, je crois qu’il ne restera pas seul très longtemps.