Cinq histoires à suivre dans la NBA cette saison

Ce soir, finalement, la NBA est de retour dans nos écrans. Les Passionnés et moi seront rivés à nos écrans pour suivre avec attention cette nouvelle saison. Cependant, en plus de la course aux trophées (Joueur le plus utile, Joueur défensif, Meilleur 6ème joueur, Entraîneur de l’année), voici 5 autres histoires à suivre en attendant de savoir qui sera la prochaine victime des Warriors de Golden State en finale cette année.

1- La mort de l’attaque « 7 Seconds or less »

Mike D’Antoni, entraîneur-chef des Rockets de Houston, est connu pour son style offensif. Il désire que son équipe lance un tir dans les 7 premières secondes de leur possession, au lieu de prendre les 24 secondes allouées.

L’an dernier, avec la venue de Chris Paul et surtout contre les Warriors de Golden State en finale de Conférence de l’Ouest, son attaque aurait pu s’appeler « On pick-and-roll l’adversaire le plus possible afin de trouver l’avantage qui nous fait plaisir ». C’est beaucoup moins attrayant, mais ce fut un étrange changement qui fut très efficace.

Avec la venue de Carmelo Anthony, va-t-il revenir à ses vieilles habitudes, ou va-t-il continuer de maximiser la capacité de décision supérieure de James Harden et Chris Paul?

2- Switch Everything

La plus grande raison pourquoi je voulais que les Celtics de Boston aillent en finale contre Golden State était pour voir la prédiction de Doug Collins se réaliser.

Durant son passage à l’émission NBA Countdown pendant la saison 2013-2014, l’ancien entraîneur-chef et analyste disait qu’il aimait ce que faisait les Bucks de Milwaukee. Il démontrait que cette équipe signait et repêchait des joueurs interchangeables en défense. Lorsque les 5 joueurs sont interchangeables en défense, il n’y a presque qu’aucun moyen pour l’attaque de scorer.

Petit moment de « coaching » : dans la NBA, les petits surveillent les petits en défense et les grands surveillent les grands. Afin de trouver un moyen de scorer facilement, les équipes offensives jouent ce qu’on appelle un pick-and-roll, c’est-à-dire un joueur qui sert d’écran à celui qui possède le ballon afin de forcer un grand à jouer un petit en défense. Exemple: Jonas Valaciaunas, armoire à glace des Raptors (j’ai l’air rachitique à ses côtés), qui ne bouge pas extrêmement vite, doit essayer d’empêcher Kyrie Irving, qui lui est vite, d’aller au panier. Avantage Kyrie.

L’an dernier, quand Boston alignait Marcus Smart, Jaylen Brown, Jayson Tatum, Marcus Morris et Al Horford, c’était grandiose à voir. Aucun avantage pour l’équipe offensive qui peinait à scorer.

Mais les Celtics n’étaient pas les seuls à avoir un Death Lineup (alignement de la mort) défensif. Les Warriors aussi. Shaun Livingston, Klay Thompson, Kevin Durant, Draymond Green et Andre Igoudala ont aussi cette capacité de défendre tous les joueurs pendant 24 secondes.

J’avoue que c’est très précis et très fanatique sur les bords, mais ce jeu d’échecs tactique est quand même fascinant. J’ai hâte de voir combien d’équipes pourront faire la même chose.

3- Le retour des Grands

Tout le monde pense que l’émergence de Steph Curry et des Warriors ont rendu les centres obsolets*. Il faut se souvenir qu’Erik Spoelstra avait essayé de vendre l’idée à Pat Riley quand Lebron et Chris Bosh sont venus à Miami. Tim Duncan a mis un frein à ça.

Bien sûr, lorsqu’une équipe a Dwayne Wade, Lebron James, Chris Bosh, Ray Allen et Shane Battier dans son alignement, ou Steph Curry, Klay Thompson, Draymond Green, Kevin Durant et Iguodala, la réaction première est de se dire: il faut rivaliser avec eux avec leurs armes. On ne gagne une guerre si l’adversaire a un fusil et nous des roches.

Mais le basket n’est pas la guerre, c’est un jeu de qui peut maximiser son talent disponible. Une des équipes qui a donné le plus de fil à retordre aux Warriors fut les Grizzlies de Memphis avec Marc Gasol et Zach Randolph. Cette équipe jouait fort en défense et était non seulement patiente à l’attaque, mais maximisait les talents de Gasol et Randolph près du panier.

Un changement subtil s’est fait durant la deuxième ronde des Séries 2018. Durant la série Boston-Philadelphie, Dario Saric a passé les 3 premiers matchs à jouer à l’extérieur. Résultat: 3 défaites et une moyenne de 12 points par match. Durant les 2 derniers matchs, il a maximisé son avantage physique en allant à l’intérieur. Résultat : une victoire, une défaite et une moyenne de 26 points par match!

Ce changement, de passer à « il faut que tous les joueurs tirent du 3 points » à « utilisons le joueur où il est le plus efficace » est un vent d’air frais. Toutes les équipes ne peuvent pas jouer comme Houston et Golden State. Un peu de différence ne fait de mal à personne.

C’est donc avec un plaisir que je vais regarder DeAndre Ayton (Phoenix), Nikola Jokic (Denver) et Karl-Anthony Towns (Minnesota) maximiser leurs talents naturels.

4- Les Timberwolves du Minnesota

Justement, en parlant du loup, l’histoire la plus intriguante cette saison, à part le fait que Javale McGee et Lance Stephenson sont dans la même équipe, (fait que Woodwendy se fera un plaisir de parler dans le prochain podcast), est sans ambivalence ce qui se passe au Minnesota.

Depuis la dernière saison que je me plains que Tom Thibodeau ne maximise pas les talents de Karl-Anthony Towns (KAT) et d’Andrew Wiggins. Pour moi c’est impensable que Taj Gibson et Derrick Rose, deux anciens Bulls de Chicago qui ont déjà joué pour Thibs, touchent plus au ballon que KAT et Wiggins. Je me disais que cela allait avoir un impact sur l’avenir de ces deux jeunes joueurs.

Je me suis trompé royalement!

Jimmy Butler, au début du camp d’entrainement, déclare qu’il veut se faire échanger. Au lieu d’en rester là, il fustige l’organisation et les deux jeunes joueurs mentionnés ci-haut. Il décide finalement de participer au camp d’entraînement et explose verbalement, n’oubliant personne dans son attaque… en présence des médias. Après s’être calmé, il donne une interview à Rachel Nichols et… je vous laisse savourer ce clip :

Comment tout cela va affecter l’équipe? Qui est de son côté dans le vestiaire? Qui est du côté des jeunes loups? Est-ce que ces dernières semaines vont motiver les jeunes loups ou créer une apathie majeure de leur côté? Est-ce que Thibs va finalement créer un style de jeu pour se servir de leurs talents à bon escient? Est-ce que tout le monde va se faire échanger?

Vous avez sûrement compris que cette équipe est mon équipe de League Pass cette saison!

5- Le talent de passeur

La chose la plus difficile à faire dans la NBA est de scorer avec constance. C’est pour cela que les scoreurs sont exaltés. Avec raison. Si l’équipe pour qui vous vous passionez n’a pas de joueur qui peut scorer dans les deux dernières minutes du match, votre équipe n’aspire probablement pas au championnat. Pensez à Michael Jordan, Kobe Bryant, LeBron James, James Harden et Steph Curry. Ils sont plus que des scoreurs, mais on les acclame pour ce talent particulier.

Ces dernières années, il y a un mouvement qui recommence à célébrer le jeu d’équipe. On a finalement arrêté de dire que les Spurs étaient plates à regarder. Le jeu collectif des Warriors est devenu un modèle pour les amateurs de la NBA. Ricky Rubio a été repêché parce qu’il était un passeur hors-pair. Ben Simmons est un clone de Magic Johnson.

Un de ces joueurs que j’aime regarder est Nikola Jokic, alias The Joker. À 7 pieds et 250 livres, il n’est pas très vite, ne saute pas très haut et ne lance pas comme Steph Curry. Pourtant, les Nuggets ont décidé de bâtir leur attaque autour de lui car il est le meilleur big man passeur depuis Chris Webber et il va sans doute finir comme le meilleur de l’histoire. Il voit le terrain comme peu d’autres et ses passes sont toujours à la bonne place.

Sur ce, je vous souhaite une bonne saison!

* Shout out à MC Solaar!

 

 

 

 

Manchester United: Le début de la fin pour Mourinho

Ce samedi contre Newcastle, j’espère que ce sera le dernier match où Jose Mourinho sera le manager de Manchester United. Quoique je suis un de ceux qui pensent que le manager/entraîneur-chef devrait toujours avoir le dernier mot, je crois fermement qu’il est grand temps qu’il parte.

Quand les rumeurs devenaient de plus en plus fortes que Man U allait virer Louis van Gaal, je n’en étais que trop heureux. Pour la première fois de ma vie, je m’endormais en regardant des matchs de mon équipe de foot favorite. Cependant, quand ces mêmes rumeurs faisaient allusion que Jose Mourinho, alias The Special One, allait le remplacer, mes espoirs retombaient sur terre.

Quoique je pense que Mourinho est un génie (il a remporté un championnat de ligue partout où il est passé, 2 titres de la Ligue des Champions), je n’ai jamais aimé le style de jeu que ses équipes préconisent. Trop défensif à mon goût. Je ne me voyais pas supporter ça après 2 ans de passes sur le côté pour garder la possession du ballon sans jamais attaquer.

Ma deuxième appréhension venait du fait qu’il a eu maille à partir avec toutes ses stars offensives récemment. Appeler Karim Benzema un chat, problèmes avec Cristiano Ronaldo, Eden Hazard qui dit que son équipe n’est pas constituée pour jouer du football.

Mais ma plus grande crainte était sa relation avec les jeunes. Qu’est-ce que Juan Mata, Arjen Robben, Kevin De Bruyne, Mohamed Salah et Romelu Lukaku ont en commun?

Jose Mourinho les a tous vendus. Comprenez qu’avec Anthony Martial, Marcus Rashford et Luke Shaw, The Special One était la dernière personne que je voulais voir en charge à Old Trafford.

Voilà sa troisième saison aux commandes de Manchester United entamée et 2 de mes 3 craintes se sont déjà réalisées :

– Il s’obstine à faire jouer Marouane Fellaini, qui est un bon milieu de terrain défensif, en tant qu’attaquant lorsqu’il est évident qu’il n’a pas les capacités techniques pour ce poste; et cela tout en essayant de transformer Ander Herrera, qui a toujours été un milieu de terrain offensif, en milieu de terrain défensif et parfois comme défenseur central.
– Il n’a pas voulu féliciter Paul Pogba pour sa victoire en Coupe du Monde et a profité du 15 minutes que la presse a pour filmer les pratiques pour l’humilier publiquement. Il lui a aussi retiré le titre de vice-capitaine… qui n’existe pas à Manchester United. Il a blâmé Eric Bailly et Phil Jones (2 défenseurs) pour une défaite en penaltys. Il a aussi dit que son capitaine avait trop fait la fête durant la Coupe du Monde.
– La seule raison pour laquelle il n’a pas réussi à vendre Martial, c’est que le directeur en chef ne voulait pas s’en départir.


Après le match de samedi contre Newcastle, c’est la pause internationale. Quel meilleur moment pour changer d’entraîneur? La question est: qui devrait le remplacer?

La plus grande rumeur est que Zinedine Zidane désire le poste. Malgré qu’il était à Londres récemment pour prendre des cours d’anglais, je ne crois pas cette rumeur une seule seconde. Quitter Real Madrid pour se retrouver à Man U, c’est un peu comme si Steve Kerr décide de laisser Golden State pour aller à Toronto. À mon avis, Zidane attend le moment d’aller en équipe de France ou retourner à Juventus.

Mon choix réaliste est Ryan Giggs. Je dois dire ici que je suis déçu qu’il n’a pas fait comme Tom Thibodeau lorsque celui s’est fait virer des Bulls de Chicago. Il a passé une année sabbatique à aller visiter et apprendre des autres coachs. Ou mieux encore, Giggs aurait pu faire comme Zidane et Pep Guardiola et devenir l’entraîneur de l’équipe de l’académie. Son manque d’expérience d’entraîneur à haut niveau n’aurait pas été retenu contre lui. Ces deux hommes ont amené leur équipe respective à la victoire de la ligue des champions à leur première année comme entraîneur.

Cependant, avec tous les autres noms qui ont été lancés dans l’air, j’aimerais en rajouter un autre en particulier qui, comme disent les Américains, vient du “left field”. Voici ses qualifications en tant que joueur :

– Gagnant de la Premier League
– Gagnant de la FA Cup
– Gagnant de l’Euro
– Gagnant de la Coupe du Monde

En Angleterre, il a joué pour un homme qui a révolutionné le soccer anglais. En Espagne, il a joué pour un homme qui a révolutionné le soccer, point à la ligne.

Comme assistant-entraîneur, il a aidé une nation a jouer à son plein potentiel. (on reviendra là-dessus).

Voici mon choix :

Le fait qu’il a joué pour Arsène Wenger et Pep Guardiola l’a exposé à un football offensif de deux manières différentes. Avoir joué pour Raymond Domenech, il a surement appris comment ne pas aliéner ses joueurs (faire tout simplement le contraire de Domenech).

Mais la performance de la Belgique lors de la dernière coupe du monde est vraiment ce qui a fait basculé ma balance de son côté.

Kevin de Bruyne, un milieu de terrain avec un talent offensif incroyable a connu une superbe Coupe du Monde. Ça vous fait penser à quelqu’un?

Même son de cloche pour Eden Hazard. Un ailier offensif, autour duquel on peut bâtir son équipe. Lui aussi vous fait penser à quelqu’un?

Lors du match contre le Brésil, la Belgique a changé son style de jeu. Tactique qui a bien fonctionné.

Donc, Thierry Henry a les mentors qui lui ont possiblement insufflé le goût du foot offensif, ce qui est en manque à Old Trafford depuis que Sir Alex Ferguson est parti. Il a automatiquement le respect de Pogba. Et qui de mieux pour aider Martial et Rashford, qui ont été tous les deux comparés à Henry, pour maximiser leurs potentiels?

 

Podcast De Salon: une toute première Édition Basket

Vous êtes tristes que la saison de NBA soit terminée? N’ayez crainte, vous n’êtes pas les seuls.

Pour pallier à la situation, nous vous présentons un tout nouveau podcast dédié exclusivement au basket, avec notre expert Woodwendy Séraphin qui se fait un plaisir de vous donner ses états d’âme sur LeBron et sa mystérieuse main cassée, sa part de responsabilité dans cette défaite en grande finale, l’avenir des Cavs, les meilleurs candidats pour détrôner les Warriors, ainsi que les équipes sur la pente descendante dans l’Ouest.

Podcast animé par Alexandre Julien. Vous pouvez écouter en cliquant sur le lien ci-dessous:

Podcast De Salon: Une nouvelle ère qui débute

Après des années de silence (littéralement), voici une des nouvelles additions à notre belle aventure qui reprend, un podcast hebdomadaire pour les adeptes de ce médium.

Animé par notre nouveau collaborateur François Riopel et votre humble serviteur, ce podcast (parce que baladodiffusion, non merci l’OQLF) fera débat des sujets chauds de l’heure, dans toutes les sphères qui nous préoccupent. Le monde du sport aura ses propres épisodes, tandis que la musique, le cinéma et autres passions auront leur propre heure dédiée, afin de ne pas vous faire languir si un énième débat LeBron vs MJ n’est pas votre tasse de latté.

Le tout débute ci-dessous avec un premier épisode sportif traitant des finales LNH et NBA, les genoux au sol dans la NFL, ainsi que d’autres sujets rapides:

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Vous pouvez également vous abonner au podcast sur Anchor au lien suivant: https://anchor.fm/podcast-de-salon/episodes/Episode-1—Mercredi-30-mai-2018-e1id30/a-a3oojk

Bientôt sur iTunes!

Quand les « experts » se trompent au repêchage de la NBA: 12 citations regrettables.

Il est souvent dit que le dépistage et le repêchage d’athlètes est une science inexacte. Plusieurs coups fumants sont effectuées bon an, mal an; mais aussi certaines prédictions et déclarations-choc reviennent souvent hanter certains journalistes et autres soit-disant experts plusieurs années plus tard.

Le compte Twitter @OldTakesExposed se spécialise justement dans ce genre de citations juteuses qui permettent souvent de mettre les choses en perspective lorsqu’on analyse certains espoirs. Avec le repêchage de la NBA qui se déroulera ce soir à Brooklyn, le timing est de mise afin de jeter un coup d’oeil sur certaines prédictions erronées. De quoi se dire que parfois, certains gérants d’estrades n’ont pas à se sentir mal d’avoir loupé leur évaluation de certains joueurs.

Les paroles s’envolent, mais les captures d’écran restent. Voici les plus intéressantes au fil des années:

Pour ceux qui pensent que l’animteur Skip Bayless ne fait que dire des sottises maintenant afin de générer des cotes d’écoutes à Fox Sports 1, sachez que ses citations-choc ne datent pas d’hier: « Il n’est même pas un Nick Van Exel. » dixit Bayless, en décrivant le légendaire Allen Iverson en 1996.

 

Seth Davis, reporter de basket collégial pour CBS Sports, ne croyait pas en Kawhi Leonard à l’époque, jugeant que ses grandes mains n’étaient pas suffisantes afin qu’il réussisse à avoir du succès dans la NBA. À sa défense, il faut croire que les Pacers ont vu la même chose, puisqu’ils l’ont immédiatement échangé aux Spurs en retour de George Hill. Vous connaissez la suite…

 

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Bien entendu, il n’y a pas que les journalistes qui se trompent. L’entraîneur-chef des Rockets de Houston et candidat favori au titre d’entraineur de l’année, Mike D’Antoni, était parmi ceux qui, à l’époque, pensaient que Darko Milicic, la grande déception du repêchage de 2003, avait un plus grand potentiel à moyen et long terme qu’un certain LeBron James…

 

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Alberto Dal Cin, le chef du dépistage international du Jazz de l’Utah à l’époque, abondait dans le même sens que D’Antoni, disant que Milicic avait « plus d’habiletés et peut jouer à plus de positions » que King James.

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Doug Gottlieb, animateur et analyste à Fox Sports 1, avant le repêchage de 2009: [Steph Curry] n’a pas le même potentiel que [Ricky] Rubio. [Brandon] Jennings, [Jonny] Flynn, [Patty] Mills, [Jeff] Teague sont tous plus athlétiques. »
 

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Gary Parrish, de CBS Sports, croyait qu’il fallait être stupide pour penser que Paul George allait être le meilleur joueur de la cuvée 2010. Faut dire qu’il n’a pas totalement tort, car John Wall vaut également son pesant d’or, ceci étant dit…

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Marty Blake, directeur du dépistage de la NBA en 1996: « Predrag [Stojakovic] est bien meilleur et ne devrait même pas partager le même court que [Kobe] Bryant. » Stojakovic a tout de même connu une belle carrière dans la NBA, mais bon… on se serait gardé une petite gêne, avec le recul.

Ethan Strauss, récemment licencié par ESPN malgré sa couverture des Warriors de Golden State et de son populaire blogue, n’a malheureusement pas su reconnaître le talent d’un certain Splash Brother: « Terrible choix venant d’une franchise qui n’apprend jamais [de ses erreurs]. [Je] pense que Klay Thompson est un choix affreux. Fait penser au mauvais, vieillissant Jerry West ».
Même le vénérable Jeff Van Gundy se trompe royalement de temps en temps, en déclarant qu’il « préférerait avoir un Austin Rivers à 20 ans qu’un Damian Lillard à 22 ».
James Harden? Candidat au MVP? Connait pas, désolé.

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Et bien sûr, comment ne pas mentioner Charley Rosen, ancien entraîneur et chroniqueur à ses heures, qui en 2003 déclara entre autres que LeBron « ne sera qu’un joueur moyen dans la NBA ». Dans l’article ci-dessus, paru dans la section Page 2 d’ESPN à l’époque, il tentait de carrément détruire le mythe King James après l’avoir vu à l’oeuvre pendant un seul match, en affirmant notamment qu’il « ne peut même pas surveiller son ombre » défensivement, et qu’il ne sera « qu’un garçon parmi des hommes talentueux, expérimentés, puissants et, plus que tout, sans merci ».
Pour terminer, le reporter Randy Galloway du Dallas Morning News, qui semblait certain que de repêcher Michael Jordan au quatrième rang serait une erreur monumentale de la part des Mavericks de Dallas, si jamais il était encore disponible. Heureusement pour lui, les Bulls de Chicago leur ont rendu la vie facile, et se sont plûtot rabattus sur son coéquipier à North Carolina, Sam Perkins.

LeBron James: Et si…

Si. Une petite injonction qui en dit tant. Et c’est cette injonction qui me gardera rivé sur mon téléviseur pour la finale de la NBA.

Les médias sportifs et les fans de la NBA sont présentement captivés par un débat : LeBron James est-il le meilleur joueur de tous les temps?

Deux choses m’empêchent de donner ce titre à LeBron :

  1. Sa carrière n’est pas finie. Que dira-t-on de lui si ses 5 dernières années ressemblent à celles de Tim Hardaway, Amare Stoudemire ou Antoine Walker? Hautement improbable pour l’instant, direz-vous, mais laissons le temps agir.
  2. Les « si » qui accompagnent sa carrière.

De tous les grands joueurs de l’histoire de la NBA, aucun n’a autant de « si » attachés à son nom que LeBron James.

Avant d’aller plus loin, j’aimerais clarifier quelque chose : je ne suis pas de ceux qui prient aux pieds du King tous les soirs, ni quelqu’un qui brûle des poupées de LeBron tous les soirs. Ceci étant dit…

Michael, Magic, Larry, Shaq, Hakeem, Kareem, Tim Duncan et Bill Russell n’ont pas autant de « si » qui les hantent. Le seul scénario hypothétique non résolu de MJ et Hakeem est qui l’aurait emporté entre les Bulls et les Rockets en 1994 et 1995 si Jordan n’était pas parti jouer au baseball. Shaq aurait pu mieux prendre soin de son corps, mais avec quatre bagues aux doigts, ainsi que le poids des années, il est difficile de lui reprocher grand chose. Magic était déjà sur la pente descendante lorsqu’il a appris avoir contracté le VIH.

Avec LeBron, c’est plus compliqué.

*****

Premier « Si » : 97,5%

Match 6 de la Finale 2013

Tout le monde se souvient du tir incroyable de Ray Allen. Mais la séquence précédente qui a permis à ce tir d’exister est mon sujet de discussion et aussi, selon moi, le plus grand mystère de l’histoire de la NBA.*1

Durant la série, Kawhi Leonard a touché le ballon 80 fois au rebond. Deux fois, il ne l’a pas capté. Un de ces rebonds fut sur cette séquence.

Je récapitule. On enchaîne :

– Il reste 28 secondes
– Les Spurs mènent par 5.
– LeBron prend un 3pt et le manque.
– Kawhi touche au ballon lors du rebond.

C’est ici qui tout change. Au lieu du ballon qui finit par se retrouver une seconde fois dans les mains de LeBron qui réussit son lancer de trois points:

– 97,5% du temps, Kawhi attrape le rebound.
– Miami le faute.
– Il rentre ses lancers francs.
– San Antonio mène par 7 avec 20 secondes à faire.
– San Antonio gagne le titre.
– LeBron est 1 en 3 en finale.

(En d’autres mots, il aura fallu une situation qui arriva 2,5% du temps pour que LeBron remporte son second titre.)

Deuxième « Si » :  La bourde de Draymond

Match 5 de la Finale 2016

Avec un Kyrie Irving et Kevin Love en santé, avec un Steph Curry qui n’était visiblement pas rétabli de sa blessure au genou, Cleveland était clairement en voie de se faire éliminer.

La NBA suspend Draymond Green. Avec raison.

Je récapitule :

– Les Cavs sont en santé, mais se font outrageusement dominer par les Warriors pendant les premiers matchs et sont sur le point de prendre une avance de 3-1 dans la série.
– Alors qu’il ne reste que 2:30 au quatrième match, LeBron tente d’intimider Draymond Green, mais ce dernier n’embarque pas dans son petit jeu.
– La NBA ne suspend pas Draymond Green.
– Les Warriors gagnent la série 4-1.
– LeBron est 1 en 7 en finale.

Ce qui nous amène à ce soir. Les deux équipes sont en santé. Les Warriors se sont délestés de cette aura d’invincibilité qui les habitaient l’an dernier, et paraissent maintenant plus dangereux que jamais avec Kevin Durant parmi eux. Comment LeBron va-t-il prendre l’affront ultime d’être le meilleur joueur de la ligue ET le champion en titre, mais que tout le monde pense que Golden State ne fera qu’une bouchée de Cleveland?

Je savais à quoi m’attendre de Jordan en 1993.
Je savais à quoi m’attendre de lui en 1998.

Lebron?

Je vais le savoir dans les prochains matchs.

Mais pour ce que ça vaut… Warriors en 5.

¹ Si les Spurs gagnent :
– Tim Duncan a un 5e titre, finit sa carrière avec 6 championnats, élimine le débat « Meilleur joueur de sa génération: Kobe ou Duncan? » et égalise un centre de la NBA.
– Tim Duncan gagne le MVP de la finale, 14 ans après son premier MVP des Finales, comme un centre de la NBA.
– En d’autres mots, il devient le Kareem Abdul Jabbar de sa génération, jusqu’à sa relation avec les médias.

Silver Surfer Requiem: La Beauté Dans La Tristesse

Il y a de cela un peu moins d’une vingtaine d’années, j’étais chez Edvard un après-midi et je promenais mon regard autour de la chambre à coucher, qui nous servait de « repère ».  Il y avait là toutes sortes de choses intéressantes, notamment des livres, des affiches, des films et beaucoup, beaucoup de cds. Je promenais donc mon regard autour de la pièce lorsque je remarquai que la porte de la garde-robe était ouverte. Au fond de celle-ci, plusieurs boîtes de carton étaient empilées.

« – Qu’est-ce qu’il y a dans ces boîtes Ed?

– Ce sont mes bédés.

– Tes bédés? Es-tu en train de me dire que toutes ces boîtes sont remplies de bandes dessinées? T’es sérieux?

– Ben ouais! J’en lis depuis des années et honnêtement, je ne compte pas arrêter. Les gens ont malheureusement trop tendance à associer bandes dessinées et enfants, mais il faut garder à l’esprit qu’il y a une bonne partie de ces ouvrages dont le public cible est adulte. Il suffit de partir à la découverte et de trouver ce qu’on aime. Tu manques quelque chose Wes. Il y a là tout un monde à découvrir.

– Ah bon… »

Intrigué, je me levai, empoignai la boîte du dessus et la sortis de la garde-robe. Installé par terre, le dos contre le lit, je me plongeai dans ce fabuleux monde dont Edvard me parlait avec tant d’admiration. Aujourd’hui, à quarante et un ans, j’admets sans aucune gêne que je visite régulièrement cet univers qui s’est ouvert à moi il y a toutes ces années et qu’en toute honnêteté, je ne compte pas arrêter. Merci Ed.

*****

Bien que fascinante, l’histoire de Silver Surfer est un peu triste. Natif de la planète utopique Zenn-La, Norrin Rad mène une existence plus ou moins paisible jusqu’au jour où Galactus – une entité cosmique qui se nourrit exclusivement de planètes – décide que la pièce de résistance de son prochain repas doit être Zenn-La. Ne voulant pas voir son monde anéanti, Norrin négocie avec le destructeur. Il lui demande d’épargner Zenn-La, et en échange, lui offre ses services en tant que dépisteur de planètes inhabitées. Galactus accepte, et afin de faciliter le travail de son nouvel employé, l’imbue du « pouvoir cosmique ». C’est à ce moment que commence la légende du quasi invulnérable Silver Surfer.

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Le livre dont il est question ici, Silver Surfer Requiem, confronte le lecteur à une situation très rare dans le monde de Marvel : une mort naturelle. Ici, au lieu de la mort violente habituellement requise pour neutraliser la surnaturelle ténacité du commun des super-héros, l’auteur opte pour une condition génétique, fatale et irréversible dont la source, ironiquement, est le pouvoir cosmique.

Le texte de Straczynski impose un rythme lent et calme, ce qui confère une certaine sérénité à une situation qui ne devrait être qu’angoissante. C’est là que l’auteur a su accomplir un superbe tour de force. Dès les premières pages, on sent que Surfer accepte et est en paix avec ce qui lui arrive, et cela met le lecteur à l’aise. Il ne faut pas se méprendre : l’histoire racontée est indéniablement triste. Le portrait qui nous est peint du héros est tout à fait reluisant. C’est un type droit, dont la moralité n’a d’égale que sa bonté. Tous ceux qui ont eu la chance de connaître le planchiste n’en disent que du bien. Il est donc normal que le cœur du lecteur se serre, lorsqu’il voit tranquillement s’éteindre un être aussi honorable que puissant. Par contre, Straczynski nous permet d’accompagner Norrin Radd dans les dernières courses de sa vie, pendant lesquelles il règle ses comptes, dit au revoir et clot ses dossiers. Le voyage est magnifique, et ce sont ses détails qui atténuent la morosité de la situation.

Il est vrai qu’il ne s’agit là que d’une histoire fictive prenant place dans un monde fictif, mais de par son sujet, elle est imprégnée d’une véritable humanité. C’est donc sans hésitation que j’avance que Silver Surfer Requiem peut, dans la mesure du possible, servir de guide ou de référence, si la mort décide un jour, à l’improviste, de frapper tout doucement à la porte.

 

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