Captain America: Civil War – L’art de la guerre

Quel camp choisirez-vous?

Voici le slogan qui annonça le dernier film des Studios Marvel, Captain America: Civil War. Le film quelques mois après les évènements du film Avengers : L’Age d’Ultron. Les nouveaux membres font partie de l’équipe à part entière. Nous les retrouvons à Lagos, où une mission tourne mal.

Après cette situation, le Secrétaire d’état Thaddeus Ross annonce à notre groupe de super-héros que les Nations Unies vont se rencontrer à Vienne, pour passer un accord où ils prendront contrôle des Avengers. Tony Stark (Iron Man), faisant écho des sentiments qu’il a évoqué dans L’Age d’Ultron, choisit un côté et Steve Rogers (Captain America) en choisit un autre.

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Lors de cette scène, Captain America : Civil War démontre la profondeur à laquelle les comic books peuvent aller. Les arguments des deux protagonistes auraient aussi bien passé dans un drame de guerre que dans ce film. Voilà ma plus grande déception, en fait: je m’attendais à une guerre civile (comme dans le comic book d’où est tiré le film), j’ai eu plutôt droit à une guerre interne. Comme l’accord a été ratifié, j’aurais aimé voir la réaction de la population. Est-ce que les victimes des batailles qui ont eu lieu dans les deux premiers films sont pour cet accord, malgré leurs pertes? Est-ce que ceux qui ont eu la vie sauve grâce à ces héros sont contre? Hélas, je n’ai pas eu de réponse à ces questions.

Cependant, si ce fut ma plus grosse déception, je parle d’une déception qui se compare à remporter 90 millions à la loterie au lieu de 100. Je me plains d’une égratignure que seul moi peut voir sur une Lamborghini que j’ai gagné.



Le film est vraiment bon. Les scènes d’action et de combat sont excellentes. L’introduction de deux nouveaux personnages a été réussie à 100%¹. Un amène de la prestance et de la classe, tandis que l’autre amène la fougue et la naïveté de la jeunesse. L’apparition surprise d’un personnage² amène une touche de comédie bien placée.

Le dénouement de l’histoire nous tient non seulement en haleine, afin de savoir comment la décision va impacter le reste de l’univers de Marvel (Agents of S.H.I.E.L.D., Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage) mais fait hommage à une histoire classique des Avengers.³

Sur ce, je vous laisse… je retourne au cinéma revoir le film.⁴

Verdict : Cinéma plein prix.

*   *   *   *   *

Captain America: Civil War
Mettant en vedette Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johanssen, Sebastian Stan, Anthony Mackie et Don Cheadle.
Réalisé par Anthony et Joe Russo
Durée de 2h27.



¹ Ils ont gardé l’essence des personnages. Ce que Batman V Superman a complètement foiré.

² Chapeau Marvel! Vous avez très bien gardé le secret.

³ Avengers 270-277

⁴ Voici ce que DC ne comprend pas. Donne aux fans purs et durs ce qu’ils veulent. Pourquoi? Parce que non seulement, on a continué à faire vivre ces personnages (où sont les fans purs et durs des Fantastic Four? Exactement) mais on va voir le film plus qu’une fois au cinéma et à chaque fois, on va amener quelqu’un qui ne l’a pas vu.

NBA: Peut-on s’exciter pour une première ronde sans suspense?

 

 

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Ce qui devait arriver s’est finalement produit. On est tous un peu surpris, mais pas vraiment. En fait, nous sommes plutôt déçus. Déçus que la première ronde des séries de la NBA soit identique à la saison régulière.

Aucune autre ligue est aussi prévisible que la NBA. Un mois avant le début des camps d’entraînements, on sait déjà qui va aller en finale. (Levez la main ceux qui avaient quelqu’un d’autre que les Spurs, Warriors et Cavs dans leur top 3.) Bien sûr, il y a quelques surprises: les Wizards de Washington et les Rockets de Houston qui ont mal tourné. Mais étais-ce vraiment une si grande surprise? Les deux équipes étaient menées par des mauvais coachs et on a tous été pris de court par le succès que ces équipes ont eu dans les séries l’an dernier. Cette mauvaise saison était à prévoir. Les Blazers, eux, furent vraiment inattendus.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, 3 des meilleurs joueurs sont blessés. Vraiment?! Comme si on en avait vraiment besoin. L’écart moyen des victoires de la première ronde cette année? 17 points. On a tous très hâte à la deuxième ronde.

Cependant, il y a deux raisons de prêter attention aux affrontements qui perdurent en cette première ronde des séries. Un bonus : les deux raisons vont être à la télé ce soir.

La deuxième (je garde le meilleur pour la fin) : la série Miami-Charlotte.

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La série a véritablement pris son envol au 3e match, quand Charlotte l’a remporté devant les siens. Depuis, les deux derniers matchs ont été chaudement contestés. Chaque possession devient importante car les équipes sont de force égale, ou presque.

Est-ce que Kemba Walker va finalement capter l’attention du grand public s’il réussit à mener son équipe hors de la première ronde?

Est-ce le retour de Linsanity avec Jeremy Lin, qui joue son rôle de 6e homme à la perfection?

Est-ce qu’Hassan Whiteside… bon, il n’y a pas vraiment de question à se poser avec lui, il faut juste le regarder. S’il prend 2 fautes techniques dans les 3 premières minutes d’un match ou s’il marque 40 points et prend 20 rebonds, personne ne serait surpris plus qu’il ne faut¹.

Est-ce que Dwyane Wade a encore un match en lui où il peut mettre son équipe sur ses épaules et refuser de perdre, ou doit-il conserver son énergie pour seulement dominer le 4e quart?

Jusqu’à présent, c’est la meilleure série cette année.

La première raison?

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Avant le 7e match de la finale de la conférence de l’ouest en 1993, Charles Barkley déclara à la presse : “Les stars brillent durant la saison régulière et les superstars brillent durant les séries”. Il voulait parler de Shawn Kemp (qui finit le 7e match avec 18 points et 8 rebonds) et de lui. Il prouva son point en scorant 44 points et en ramassant 24 rebonds dans une victoire de 123 à 110.¹

C’est la situation dans laquelle se retrouvent nos dinosaures favoris.

Kyle Lowry et Demar DeRozan sont des stars. Ils brillent durant la saison régulière mais ont de la misère à monter leur jeu d’un cran lors des séries. Celui qui n’a pas ce problème est Paul George.

Appelez ça “avoir le sens du moment”, “monter son jeu d’un cran” ou comme vous el voulez, mais reste néanmoins que Paul George est le meilleur joueur de la série, et il le sait et le démontre à chaque match. Chaque fois que son équipe a besoin de lui et/ou que les Raptors font une poussée de points, il est là. Il score, il crée des opportunités de tirs pour ses coéquipiers ou prend un rebond important. Des joueurs comme ça, il y en a peu dans la ligue. C’est un plaisir de le voir jouer.

Alors ce soir, pendant que vous encouragez les Raptors, prenez le temps d’apprécier Paul George.

¹I love this game! LOL
²Encore mieux, à chaque point, il regardait le banc des joueurs de Seattle en leur disant où il était rendu. 15-8, 20-12, etc. Comment ne pas l’aimer après ça?!!

Warriors de Golden State: Réécrire l’histoire en 24 victoires

Écrire quelque chose sur la NBA avant le 15 décembre (date où l’on peut échanger les joueurs que l’on a signé durant la saison morte) ou le 25 décembre (pour certains, c’est Noël. Pour les amateurs de la NBA, c’est là que la saison commence pour vrai), c’est un peu inutile à mon avis. Les équipes qui ont gardé le même noyau vont débuter en feu, les équipes qui ont un nouvel entraîneur-chef vont prendre du temps à s’adapter à la nouvelle philosophie, etc… Cependant, quelque chose d’historique vient d’arriver et on ne peut le passer sous le silence.

Samedi soir, dans un match peu enlevant, les Warriors de Golden State ont perdu, mettant fin à une série de victoires consécutives à 24. Voici pourquoi je ne peux qu’être heureux d’avoir vu cette séquence.

1- CHAMPIONS EN TITRE

Lorsqu’on est champions en titre, chacun de nos matchs devient LE match de la saison. L’aréna est rempli, les fans sont surexcités, tous les médias locaux sont présents et les joueurs adverses veulent prouver qu’ils sont aussi bons que les champions. Ajoutez à ce mélange le fait que le titulaire du joueur le plus utile à son équipe de la saison passée joue pour les champions. La motivation est à son plus haut niveau pour un match de saison régulière.

Si ce n’était pas assez, ajoutez une touche de dénigrement jamais vu pour un champion en titre. Le raisonnement (idiot selon moi) est que les Warriors ont été chanceux parce qu’ils n’ont pas joué contre les Spurs de San Antonio (qui ont été éliminés au premier tour par les Clippers de Los Angeles), parce que Mike Conley Jr était blessé durant le 2e tour, que les Rockets n’auraient pas dû être leurs adversaires au 3e tour et que Kyrie Irving et Kevin Love étaient blessés lors de la finale.

Soit, toutes ces choses sont arrivés. Cependant, devrait-on blamer les Warriors pour la tournure des évènements? Ils n’ont fait que ce que tous les champions font : ils ont battu tout le monde qui étaient devant eux.  On ne peut que lever notre chapeau devant leurs succès.

2- DÉBUT DE LA SAISON

Toutes les autres séries de victoires de la NBA ont un point en commun : les équipes avaient joués au moins 8 matchs durant la saison régulière.

Ce point est important parce que la plupart des bonnes équipes atteignent leurs vitesses de croisière vers décembre ou janvier. Personne n’aurait blâmé les Warriors s’ils avaient commencé 4-2, 5-1 ou 8-3. On les aurait excusé en disant “la saison est un marathon”, “à chaque match, ils ont le meilleur effort de chaque équipe”, “ils apprenent à jouer avec la pression d’être champions”, etc…

Or, Golden State a pris les meilleurs frappes de chacun de ses adversaires et est sorti vainqueur de chaque match.  



3- LA CONSTANCE

C’est vrai que la foudre ne tombe pas deux fois au même endroit. Si on remonte à la saison passée, ils ont gagné 16 matchs de suite durant la saison régulière. On ne peut donc dire que cette série de victoires est chanceuse. Comme le dit si bien Louis van Gaal, entraîneur-chef des Red Devils de Manchester United : “Quality is the exclusion of coincidence”. L’excellence est l’absence de coïncidence. Avoir deux séries comme ça, ce n’est pas de la chance. C’est la preuve que l’on est excellent.

4- STEPHEN CURRY

Ce point, je le dois à une conversation que j’ai eu avec un ami. Cet ancien joueur de football m’a demandé si c’était possible que Stephen Curry, titulaire du joueur de l’année 2014-15, pouvait gagner le trophée du joueur qui s’est le plus amélioré.

Aussi bizarrement que cela sonne, c’est présentement mon choix. Je m’explique.

Stephen Curry est un joueur de basketball, un peu comme un musicien de jazz est un musicien. Pour l’oeil non-initié, on ne voit que sa carrure modeste, son athlétisme médiocre selon les standards de la NBA, sa défense presqu’inexistante et ses tirs de l’extérieur.

Pour l’initié, on voit un génie du basketball qui voit des angles et des ouvertures où les autres ne voient qu’un mur. On voit dans la confiance qu’il a lorsqu’il tire de l’extérieur un homme qui a mis beaucoup, mais beaucoup de temps cet été à améliorer cet aspect de son jeu. On voit dans ses changements de direction (crossovers) et la façon dont il se libère pour tirer et/ou faire un tir en foulée (lay-up), le digne fils spirituel de Mark Price et de Steve Nash.

Le fait qu’il s’est amélioré et qu’il donne son meilleur de lui-même à tous les matchs, donne une ligne de conduite au reste de son équipe. Comme preuve de son leadership, l’équipe suit son rythme.

Je n’essaie pas de dire que cette équipe est la meilleure de tous les temps. Je n’essaie pas de dire que cette série de victoires est plus imposante que celle des Lakers de Los Angeles de 1971-72. Ce que je veux simplement dire c’est que l’on a vu quelque chose de spécial. On devrait lever notre chapeau et leur dire : félicitations!  

La Grande Liste: Les 10 équipes les plus divertissantes

Lorsque vient le temps d’établir l’état des forces dans une ligue spécifique, la plupart du temps il suffit juste de regarder le classement, et de suivre certaines tendances afin de dresser cette liste. Mais si on s’essayait à travers tous les sports d’équipes, au lieu de s’en tenir à une seule ligue? Et pas nécessairement les meilleures équipes, mais celles qui méritent votre attention, peu importe les raisons.

Pour cette première liste mensuelle, nous vous présentons donc dix formations actuelles pour lesquelles vous devriez tout arrêter et prendre le temps de regarder lorsqu’elles apparaissent au petit écran.

10 – Lakers de Los Angeles (NBA)

Fiche: 3-17 (.150), 29e dans la NBA
Attrait principal: Le fantôme de Kobe Bryant
Public cible: Fans des Lakers, fans de Kobe, haineux de Kobe

Dans les faits, cette équipe est moribonde et pénible à regarder jouer, et si votre objectif est de voir du basket de qualité, il est présentement difficile de faire pire que la bande à Byron Scott.

Ce dernier semble vraiment penser qu’il peut sauver son emploi en remportant quelques matchs avec ses vétérans, alors qu’il aurait plutôt avantage à faire jouer les jeunes à sa disposition (Julius Randle, D’Angelo Russell, Jordan Clarkson) afin de leur permettre d’acquérir le plus d’expérience possible, même si c’est à la dure. Il y a un autre homme qui se dresse sur leur chemin: le seul et unique Kobe Bean Bryant, légende afro-italo-américaine du ballon-panier et futur retraité multimillionaire égocentrique, qui risque d’aider l’avenir de son club, malgré lui.

Kobe est mauvais en ce moment. Minable, même. En fait, c’est carrément hypnotisant de voir un joueur de sa trempe jouer aussi piètrement, et ses jeunes coéquipiers commencer à s’impatienter. Mais l’espoir de le voir sortir des performances spéciales reste trop attrayant pour que ses fans l’ignorent à jamais. La réalité, beaucoup plus mesquine divertissante, est qu’il se passe toujours quelque chose de loufoque ou d’incompréhensible lors de ses mauvaises soirées, ce qui les rapprochent de plus en plus du premier choix en juin prochain et du jeune Australien Ben Simmons, qui se fait comparer avantageusement à LeBron James.

9- Canadiens de Montréal (LNH)

Fiche: 19-6-3, 2e dans la LNH
Attrait principal: Carey Price P.K. Subban
Public cible: Fans d’équipes réussissant à produire dans l’adversité, fans de joueurs charismatiques.

Pas toujours l’équipe de hockey la plus spectaculaire, mais vous le saviez probablement déjà. En fait, leur inclusion sur cette liste sera fort possiblement contestée, mais on vous explique.

Lorsque vous perdez le meilleur joueur au monde, dû à une blessure semi-mystérieuse, et que son remplaçant n’a jamais chaussé les patins dans la LNH, la panique peut vite s’installer. Mais même si les blessures continuent de s’acharner sur des joueurs-clés, que certains joueurs acquis pendant la saison morte ont déjà quitté le giron du club, et que la pression monte afin de remporter les grands honneurs immédiatement, il serait carrément ingrat de se plaindre de leur position au classement.

C’est bien beau, tout ça, mais… pourquoi leur dédier 150 minutes de votre précieux temps? Mike Condon ne sera jamais Carey Price, mais il se tire bien d’affaire considérant la pression immense d’être gardien de but à Montréal, sans bouée de sauvetage par surcroît. P.K. Subban n’a jamais la langue dans sa poche et reste sublime à regarder jouer, malgré quelques largesses défensives certains soirs et un manque de production au niveau des buts. Mais surtout, il semble y avoir un nouvel héros obscur sorti de nulle part (ou St John’s, c’est pareil) à chaque match, l’équipe est très rapide et continue de mener la ligue au chapitre du différentiel de buts (+31), loin devant les Stars de Dallas (+23). On attend toujours l’inévitable baisse de régime, mais pour l’instant les Glorieux semblent être en mission.

8- Leicester City (BPL)

Fiche: 9-1-5, 1er en Premier League
Attrait principal: Jamie Vardy
Public cible: Fans de petits clubs de foot anglais, fans d’équipes Cendrillon

Ce club est loin d’être un habitué des grandes occasions, étant plus proche de la relégation que d’une présence en Ligue des Champions en temps normal, mais cette saison en Ligue Anglaise nous prouve qu’on peut avoir des surprises de temps en temps.

Leur attaquant Jamie Vardy a connu une séquence de 11 matchs consécutifs avec au moins un but, un record. L’éclosion soudaine de l’Algérien Riyad Mahrez y est aussi pour beaucoup, lui qui talonne son coéquipier au deuxième rang de la ligue pour les buts. De plus, c’est un club qui préconise la contre-attaque rapide et échevelée au lieu d’une possession de balle contrôlée, alors il y a toujours matière à flammèches dans ce contexte.

Donc la question évidente sera de savoir s’ils pourront maintenir la cadence jusqu’au mois de mai et de tenir tête aux Manchester United, Arsenal et Manchester City de ce monde. À suivre…

7- Chelsea FC (BPL)

Fiche: 4-8-3, 14e en Premier League
Attrait principal: Jose Mourinho
Public cible: Fans d’entraîneurs excentriques, fans d’équipes championnes en crise

Comment une équipe championne peut-elle perdre le nord aussi abruptement? C’est la question que l’on se pose en regardant la troupe de Jose Mourinho, dit Ze Special One.

Une baisse de régime n’est pas inhabituelle dans ce contexte, mais on parle d’un club qui avait le championnat dans sa poche à la même période l’an dernier, et qui est revenu avec sensiblement les mêmes joueurs étoiles. Alors il est ou, le problème? Le blâme revient à Mourinho, qui ne semble plus tirer le maximum de ses effectifs, et reprend sa vilaine habitude de blâmer tout le monde sauf lui-même pour ses insuccès, incluant la docteure bien-aimée de l’équipe, qui n’a pas hésité à lui envoyer une mise en demeure pour ses efforts.

Ce club est en sérieux danger de relégation, et l’intrigue est de savoir combien de temps le propriétaire Roman Abramovitch attendra avant de faire le ménage. Mourinho a tout de même gagné partout ou il est passé, mais perdre contre des équipes de bas de classement tel que Bournemouth n’aide aucunement sa cause. Survivra-t-il la semaine?

6- Washington, Eagles de Philadelphie, Giants de New York, Cowboys de Dallas (NFL)

Fiches: 5-7 (WAS, PHI, NYG), 4-8 (DAL)
Attrait principal: Comédie d’erreurs assurée
Public cible: Fans de la NFC Est, fans de football imprévisible et décousu

Quatre équipes de football qui jouent bien en-dessous des attentes, qui sont regroupées dans la même division, pour le plus grand bonheur de tous. Pourquoi donc vouloir se soumettre à un tel supplice?

Très simple: on ne sait jamais ce qui va se produire avec ces clubs, surtout lorsqu’elles s’affrontent, comme ce fut le cas lundi soir. Washington semble capable du meilleur comme du pire à chaque match (c’est vrai qu’on aime ça); les Eagles n’ont pas de quart-arrière fiable mais refusent de confier leur attaque à leur demi offensif mécontent, embauché à gros prix (merci, Chip Kelly!); Odell Beckham Jr. réussit des attrapés incroyables à chaque semaine, mais le reste de l’alignement Giants est loin d’être aussi explosif… sauf peut-être Jason Pierre-Paul.

Les Cowboys auraient probablement remporté cette division haut la main, n’eut été de la blessure de Tony Romo. On les croyait morts et enterrés il y a à peine une semaine, mais ils sont encore dans la course en plein mois de décembre. Comment ne pas vouloir suivre ce passionnant désastre?

5- Stars de Dallas (LNH)

Fiche: 21-5-2, 1er dans la LNH
Attraits principaux: Jamie Benn, Tyler Seguin
Public cible: Fans de talent offensif

L’an dernier, on se demandait comment une équipe si talentueuse offensivement sur papier pouvait continuer à sombrer dans les bas-fonds du classement. Pour pallier à cette situation, le DG Jim Nill a effectué les changements nécessaires à son alignement pendant l’été, et du jour au lendemain on parle d’un aspirant à la Coupe Stanley.

L’ajout de Patrick Sharp, Johnny Oduya et Antti Niemi ont grandement aidé à stabiliser l’alignement à toutes les positions, ce qui allège le fardeau de Benn, Seguin et Spezza, qui sont des usines à buts sur patins. Pourront-ils maintenir la cadence jusqu’au bout?

4- Bayern Munich (Bundesliga)

Fiche: 13-1-1, 1er en Bundesliga
Attrait principal: Robert Lewandowski
Public cible: Fans de buts spectaculaires, fans de gardiens de but

Voici la meilleure équipe allemande, une véritable machine de foot explosif. Leur alignement fait peur sur papier, et peut faire mal paraître toute opposition.

Parmi toutes les stars sur lesquelles l’entraîneur Pep Guardiola peut compter à toutes les positions, un nom retient l’attention dernièrement: celui de l’international polonais Robert Lewandowski. Lorsqu’un joueur peut accomplir ceci en 9 minutes de jeu, on se doit de regarder à toutes les chances qui s’offrent à nous. 14 buts en 14 matchs de Bundesliga pour ce dernier ne mentent pas, et d’affirmer qu’il est le meilleur attaquant au monde en ce moment n’est plus totalement farfelu.

Et tout cela se passe sans leur leader des dernières années, le Français Franck Ribéry. Il a pris de l’âge et les blessures s’accumulent dans son cas, certes, mais son retour dans l’alignement fera frémir encore plus leurs adversaires. Oh… ai-je oublié de mentionner qu’ils peuvent également compter sur le meilleur gardien de but au monde?

3- Panthers de la Caroline (NFL)

Fiche: 12-0, 1er dans la NFL
Attrait principal: Cam Newton
Public cible: Fans de football excitant, fans de quarts-arrières qui aiment célébrer en dansant

Seule équipe invaincue dans la NFL présentement, les Panthers commencent enfin à écarquiller les yeux du grand public.

Cam Newton a toujours eu son lot de détracteurs depuis son arrivée dans le circuit Goodell, mais ses performances éblouissantes ne laissent aucun doute à ce stade-ci: il fait définitivement partie de l’élite de la ligue au poste de quart. Sauf qu’il aime célébrer ses touchés de manière « exubérante », et ça c’est toujours mal vu dans la No Fun League, que ce soit ses adversaires ou les médias. Pour cette seule raison, on lui souhaite de tout rafler cette saison, en plus du fait qu’il obtient des résultats autant par la voie des airs qu’avec ses jambes.

Il ne faut pas passer sous silence l’apport monumental de la défensive, menée par Luke Kuechly, elle qui peut faire basculer l’allure d’un match du tout au tout. De l’action garantie de chaque coté du ballon oval.

2- FC Barcelone (La Liga)

Fiche: 11-2-1, 1er dans La Liga
Attrait principal: Leo Messi, Luis Suarez, Neymar Jr.
Public cible: Fans de passes précises, fans de poésie footballistique

Vous avez fort probablement connu ou même grandi à l’époque ou MSN était la méthode de communication virtuelle de prédilection.

En 2015, c’est plutôt Messi, Suarez et Neymar qui se rejoignent entre eux avec un ballon au pied, très loin de l’ordinateur familial dans le soul-sol de vos parents. Les résultats peuvent être époustouflants, comme a pu le constater le Real Madrid lors du dernier Clasico. Neymar et Suarez mènent La Liga avec 14 et 13 buts respectivement,  ce qui équivaut à 79% de la production offensive du Barça.

Ne cherchez pas plus longtemps, c’est tout simplement la meilleure équipe de foot sur la planète. Du bonbon à toutes les occasions.

1- Warriors de Golden State (NBA)

Fiche: 23-0, 1er dans la NBA
Attrait principal: Steph Curry
Public cible: Fans d’équipes historiques, fans de lancers de trois points, fans de David et Goliath

23 victoires d’affilée pour débuter la saison. 27 depuis la saison dernière. Champions en titre. Le meilleur tireur de tous les temps. Un coéquipier presque aussi bon que lui. Un alignement parfaitement construit. Une distribution de balle ahurissante. N’ont même pas leur entraîneur-chef sur le banc avec eux. Vont-ils perdre un jour?

Ne vous cassez pas la tête, c’est l’équipe de l’heure dans le sport professionnel, et probablement une des meilleures de tous les temps. Elle est menée par un petit gars qui n’est pas le plus athlétique à première vue, mais qui possède un talent inoui et qui est sera encore dominant pendant des années. Steph Curry est probablement un extra-terrestre, et il est impératif de nous soumettre à son prodige.

 

NBA à Montréal: Le rêve impossible?

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La NBA nous a payé une autre visite annuelle vendredi dernier au Centre Bell, alors que les Raptors de Toronto ont défait les Wizards de Washington 92-82, devant 20 072 fidèles. Les fans de l’équipe torontoise ont été gâtés à souhait avec quelques jeux spectaculaires, malgré un niveau de jeu assez inégal et décousu de part et d’autre à certains moments. Vivement la fin du calendrier présaison!

Malgré un lent début de match, les Dinos se sont ressaisis par la suite avec une contribution solide des nouveaux venus dans la Ville Reine, ce qui est de bonne augure pour la suite des choses. Ceux-ci seront définitivement la clé du succès cette saison, alors que les Torontois chercheront à remporter une série éliminatoire pour seulement la deuxième fois de leur histoire. Ont-ils ce qu’il faut pour rivaliser avec les Cavaliers et Bulls de ce monde? Probablement pas, mais force est d’admettre qu’ils seront en meilleure posture cette saison.

DeMarre Carroll (16 pts), Luis Scola (9 pts, 6 reb) et surtout le Congolais Bismack Biyombo (6 pts, 13 reb), ont fait sentir leur présence tout au long du match, et vont définitivement apporter de la profondeur à l’alignement de Dwane Casey. Du côté des perdants, notons la performance quelque peu décevante de John Wall (2-7 FG, 5 pts, 8 passes). Ce dernier ne semble toujours pas détenir un lancer digne de son niveau de talent général, ce qui fait de lui essentiellement un Rajon Rondo plus athlétique. En revanche, nous avons eu droit à une démonstration des nouveaux talents de Kris Humphries, qui peut maintenant dégainer et réussir ses tirs de l’extérieur. La recrue Kelly Oubre Jr. (7 pts, 2 reb, 3 vols en seulement 13 min.) a également démontré de belles aptitudes, et pourrait s’avérer une pièce importante à l’avenir pour les Wizards, qui cherchent également à solidifier leur place parmi l’élite de la Conférence de l’Est.

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Mais le passage de la NBA en ville n’est pas véritablement à propos de l’action sur le parquet. Inévitablement, la question refait surface: Montréal peut-il être un marché viable pour le basket? Il y a certainement de l’engouement pour ce sport parmi les jeunes, les communautés culturelles et le gratin montréalais. La NBA est probablement l’expérience la plus jet-set que le sport professionnel puisse offrir, et la présence de Bruny Surin, Jean Pascal, Georges St-Pierre, Eugénie Bouchard et Didier Drogba¹ bien en vue aux abords du court. Également présents étaient Guy A. Lepage, Martin Petit, ainsi que l’ancien ministre fédéral Michael Fortier.

Parlons de ce dernier, un instant. M. Fortier tente depuis un certain temps d’amasser les fonds nécessaires, estimés à un milliard de dollars, afin d’attirer une franchise de la NBA dans la métropole, et qu’il y aurait déjà des investisseurs locaux prêts à contribuer en partie à l’objectif. Certains sont fébriles à l’annonce de cette possibilité, mais beaucoup d’autres semblent avoir mis leur chapeau de pessimiste, vu la réaction dans les commentaires et médias sociaux.

Ce qui surprend, en fait, c’est que ce soit les amoureux de basket qui semblent le moins y croire. Ils ont plusieurs raisons justifiées de ne pas vouloir s’emporter avec une telle possibilité, et la racine de ce symptôme n’est pas seulement sportive.

Vous voyez, Montréal se meurt aux yeux de plusieurs citoyens. Les commerces sont déserts ou même vacants dans les grandes artères du Plateau et du centre-ville, le taux de chômage reste élevé par rapport aux autres grandes villes du pays, l’immobilier sur l’île est presque hors de prix si vous cherchez autre chose qu’un condo, et il n’y a pas de projet d’envergure en vue pour redonner le lustre perdu à cette belle ville.

Même au niveau sportif, malgré une situation financière stable et un début de saison historique, la réalité demeure que si vous avez moins de 30 ans, vous ne pouvez vraiment vous rappeler de la dernière conquête de la Coupe Stanley du CH en 1993. Les gens ont plutôt en mémoire les saisons décevantes, les échanges bâclés et les joueurs autonomes qui ont refusé de signer avec la Sainte Flanelle, se servant plutôt de l’intérêt du club pour obtenir plus d’argent ailleurs. En gros, personne ne veut vraiment de Montréal, et donc un pessimisme institutionnel commence à s’installer.

S’il y a une réalité inévitable au Québec, c’est que le hockey y règne en roi et maître. On ne vous apprend rien en disant qu’un très grand pourcentage de la couverture médiatique y est dédié, et que les autres sports doivent se contenter de miettes. La couverture du basket est encore pour le moins très déficiente en français ici, alors qu’aucune des cinq chaînes de sport locales ne diffuse des matchs, et qu’aucun journaliste n’est attitré à la couverture quotidienne des Raptors ou du circuit Silver. Le basket reste malheureusement traité comme un sport niche, voire marginal, alors un engouement généralisé semble quasi-impossible à court terme. Si un ballon est lancé de la ligne de trois points, mais qu’il n’y a aucune caméra locale pour le filmer, est-il vraiment rentré dans le panier?

Mais malgré tout ça, le fait d’y croire tout simplement serait une grande victoire pour la cause. Il y a une vingtaine d’années, et ce pendant très longtemps, l’Impact jouait régulièrement devant 500 personnes, et une salle comble de 3000 personnes était considérée comme tout un exploit pour un petit club de soccer qui jouait à Ahuntsic. À l’époque, les gens pensaient la même chose du foot (« pas dans les moeurs », « un sport de minorités », « pas d’avenir possible ici ») ce que plusieurs pensent du basket de nos jours. Et même après avoir vécu une fin de match des plus excitantes parmi 60 000 autres fervents du ballon rond au Stade Olympique il y a à peine sept mois, il était impossible de concevoir qu’un joueur de la trempe de Drogba décide de s’amener en sauveur pour notre plus grand émerveillement, et de carrément changer la dynamique du foot à Montréal.

En fait, le basket aurait besoin d’un organisme tel Baseball Montréal. Ces derniers ont démontré leur sérieux au fil des ans, et ont surtout réussi à rallier le grand public à la cause du baseball professionnel au Québec, pourtant fort négligé au temps des Expos. Pourtant, malgré un Stade Olympique désuet qui puisse servir temporairement, l’obstacle principal reste le même depuis maintenant une vingtaine d’années, soit un nouveau stade au centre-ville. Sans le milliard de dollars pour construire cette bâtisse au toit rétractable, tel celui des Brewers de Milwaukee (parce que sans ça, oubliez les fans au mois d’avril, mai et possiblement fin septembre et octobre), comment trouver le reste des sous pour acheter la franchise en tant que tel? Et le seul terrain disponible en ce moment pour construire ce stade serait à Griffintown, ce qui n’est plus exactement le centre-ville, et qui reste difficile d’accès en transport en commun pour l’instant. On est loin d’un Centre Bell fraîchement rénové, ici. Pourtant, on sent très bien qu’un retour des Expos n’est plus une fable, mais une possibilité distincte et réelle.

Sans l’engouement des fans, il sera difficile de convaincre des investisseurs de plonger la main dans leur coffre et faire le nécessaire pour convaincre Adam Silver et les proprios du bien-fondé de la démarche de Fortier. Et la vérité demeure qu’on aura encore besoin de quelques années afin de bien mûrir ce marché, mais rien n’est impossible en ce bas monde.

Faut y croire pour le voir.

 

¹ Plusieurs centaines de fans effrénés se sont rués sur le court à la fin du match, ignorant totalement les joueurs des Raptors et Wizards, afin de jeter leur dévolu sur Drogba, lui qui a obtenu de loin la plus grande ovation de la soirée. Même Eugénie Bouchard semblait inquiète pour sa sécurité en voyant la foule s’attrouper autour d’eux aussi rapidement.

Finale de la NBA: Un quatrième match crucial

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Ce soir, le 4e match de la finale prendra place à Cleveland. Les deux équipes ont beaucoup à gagner en remportant ce match:

– Cleveland peut prendre une avance quasi-insurmontable de 3-1.
– Golden State peut reprendre l’avantage du terrain en égalisant la série.

Comment ces deux équipes se sont rendues à ce point, et du même coup fait foirer ma prédiction? Voici quelques points à regarder.

1- Je ne crois pas aux débats du «meilleur de tous les temps». Il y a toujours trop de variables et on essaie toujours de changer les critères pour que notre choix personnel gagne. On a aussi une très courte mémoire. Ce qui s’est passé il y a plus de 10 ans compte rarement.

Quel est le rapport avec cette finale?

LeBron James, gagne ou perd, est en train d’avoir une Finale incroyable. Dans 10 ans, les amateurs vont dire «regardez son pourcentage de tirs», «regardez ses stats au 4e quart», «il a connu une bonne série, mais il n’était pas efficace».

Arrêtons tout de suite et apprécions ce qu’il fait. La dernière fois qu’on a vu un «one-man show» aussi flagrant en finale remonte en 2001 quand Allen Iverson amena Philadelphie en Finale. Mais ce n’est pas comparable avec ce que LeBron James fait présentement. Il ne fait pas de la limonade avec les citrons que le ciel lui a donné, il fait du vin de première qualité avec les raisins qu’il a sous la main.

Ses passes décisives à l’attaque, son intensité en défense, sa manière de galvaniser sa troupe et de leur faire croire que c’est possible qu’ils gagnent la série est magnifique. Une performance pour les archives!

2- Les joueurs de soutien des Cavs.

Le nom le dit : quand tu es un role player, tu as un rôle à jouer. Tristan Thompson comprend son rôle : il doit aller au rebond offensif et donner le ballon aux personnes qui peuvent scorer. Mozgov doit jouer en défense et couper au panier lorsque son joueur double LeBron. Mais surtout, lorsque tu es un joueur de soutien, tu dois faire les petites choses ingrates qui aident ton équipe à gagner : la passe supplémentaire qui n’apparaîtra pas dans les statistiques d’après-match, mais qui permet à l’équipe de prendre un tir avec 80% de chances de réussir, au lieu d’un tir qui a 50% de chance de réussir; plonger sur le terrain pour attraper le ballon (ce que l’on appelle communément les ballons «50-50»); équilibrer le terrain offensivement, venir en aide défensivement, etc…

Les joueurs des Cavaliers prennent leurs rôles au sérieux et l’exécutent à merveille.

3- Matthew Dellavedova

Je pourrais reprendre la section ci-dessus pour lui mais il mérite notre attention pour une raison particulière : il est devenu le symbole d’un vrai joueur de soutien dans cette série. L’entraîneur-chef David Blatt ne lui a pas demandé de remplacer Kyrie Irving, mais seulement de continuer à faire ce qu’il fait. Dellavedova, tout à son honneur, n’a pas pris cette chance pour essayer de devenir une star. Il a tout simplement décidé de faire ce qu’il a toujours fait et grâce à lui, les Cavs ont une bonne chance de remporter la série.

Il tire quand la défense lui permet, il joue en défense comme il l’a toujours et “hustle” comme s’il était toujours le 12e homme. La seule différence entre la saison régulière et maintenant, est que le grand public remarque que toutes ces choses sont d’une importance cruciale pour le succès d’une équipe.

4- La raison majeure pour laquelle cette série n’est pas encore décidée ressemble à ceci :

 

Je m’explique.

J’avoue que j’aime Mark Jackson. Depuis son temps avec les Knicks, j’ai toujours aimé sa passion et son style de jeu. Quand il est devenu commentateur, je suis devenu encore plus fan. Cependant, quand il est devenu l’entraîneur-chef des Warriors et, que d’une manière dont je ne saurai expliquer, à réussir à faire d’eux une équipe respectable, mon fanatisme a atteint son apogée. Je ne fus pas le seul parce que l’an dernier, lors du 7e match entre les Clippers et les Warriors, lorsque tout le monde savait qu’il allait se faire mettre dehors dès que son équipe aura été éliminé, ses joueurs se sont battus jusqu’à la fin.

Il a quand même été viré et Steve Kerr a accepté le poste.

Tous les médias ont vite sauté sur le «bandwagon» et ont proclamé Steve Kerr comme un meilleur entraîneur-chef avec une meilleur vision pour utiliser Stephen Curry. La saison régulière et les 3 premières rondes des séries éliminatoires leur a donné raison. Selon moi, le meilleur ajustement tactique des séries a été lorsqu’il a décidé de défendre Tony Allen (un garde/ailier qui ne peut pas tirer de l’extérieur) par Andrew Bogut (un centre). Ceci a complètement déstabilisé Memphis et les Warriors ont gagné les deux derniers matches par 20 points.

Cependant, ce qu’il est présentement en train de faire durant cette série ne fait aucun sens. Les médias sont tellement subjugués par ce que LeBron et les LeBronnaires font (avec raison, encore une fois, car le tout est remarquable, rien de moins) qu’ils en oublient de regarder ce que les Warriors ne font pas.

La défensive de Cleveland peut se permettre de ne pas venir en aide à l’homme de Curry et de Thompson parce que les gros joueurs des Warriors (Bogut et Green) ne coupent jamais au panier. Pire encore, chaque fois que Bogut attrappe le ballon, il ne regarde même pas le panier. Il est devenu une version australienne de Joel Anthony. Ce n’est pas pour rien que l’avance de 17 points des Cavaliers a fondu lorsque David Lee était sur le terrain. En attaquant le panier, il contrecarre tous les plans défensifs de Cleveland.

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Draymond Green est une star maintenant. Du moins, il le pense. Au lieu de faire ce qu’il l’a amené à ce statut (jouer en défense, travailler fort au rebond), il préfère rester à la ligne de 3 points et jouer comme Harrison Barnes. Il se fait complètement dominer par Tristan Thompson. Pour quelqu’un qui a fini deuxième dans le vote du joueur défensif de l’année, son jeu dans sa propre zone laisse à désirer.

Je comprend très bien que ces deux joueurs connaissent une mauvaise série, ça arrive à tout le monde (Kevin Johnson en 1993). Ce que je ne comprend pas, c’est pourquoi Steve Kerr ne fait aucun ajustement.

Depuis la moitié du 2e match que j’attends que Steve Kerr mette un alignement composé de Shaun Livingston comme meneur, Steph Curry et Klay Thompson aux ailes, puis David Lee et Andre Iguodala (le MVP du côté de Golden State jusqu’à présent) comme “gros” joueurs. Cet alignement permettrait à Curry et à Thompson d’avoir de l’espace pour créer. Encore une fois, ce n’est pas pour rien que l’avance de 17 points s’est évaporée au 4e quart lors du dernier match. Remplacez Livingston par Leandro Barbosa et vous avez l’alignement qui permet aux Warriors de jouer comme ils ont joué durant toute la saison régulière.

Ou tout simplement, un ajustement tiré du livre de Mark Jackson: remplacez Green par Iguodala et faire jouer Harrison Barnes comme gros ailier. Au revoir Tristan Thompson. Il sera trop occupé à garder un oeil sur Barnes.

L’entêtement de Steve Kerr à jouer Bogut, Green et Ezeli est incompréhensible. Ni Phil Jackson (avec qui Steve Kerr a gagné 3 championnats), ni Gregg Popovich (avec qui Steve Kerr a gagné 2 championnats) serait resté aussi longtemps sans faire d’ajustements.

Cependant, ce qui me dérange le plus, et je mets le blâme complètement sur Steve Kerr, c’est que les Warriors semblent jouer avec aucune passion. J’ai l’impression qu’ils ne comprennent pas encore la chance qu’ils ont de jouer en Finale. Ils ont l’air de jouer avec l’intensité d’un match en mi-février avant la pause du Match des Étoiles. Aucune urgence, aucun feu, rien. Tous les grands entraîneurs-chefs réussissent à démarrer une bougie d’allumage chez leurs joueurs, je ne vois pas ça chez Steve Kerr.

La série se joue ce soir. Si Steve Kerr ne fait aucun ajustement, Cleveland peut planifier sa parade de championnat. S’il en fait, nous allons avoir une série aussi excitante que celle de 2013.

Finale de la NBA: Série explosive ou pétard mouillé?

Ce soir débute la finale de la NBA. La ligue n’aurait pu espérer mieux : la plus grande star du circuit Silver contre le joueur le plus utile à son équipe cette année. Aura-t-on droit à un superbe spectacle? Laissez-moi en douter. En voici les raisons.

1- Les Warriors de Golden State ont été la meilleure équipe depuis le début de la saison. Ils ont relevé tous les défis avec grand succès. Ceci n’est que la cerise sur le sundae.

2- Golden State peut s’adapter à n’importe quel style de jeu. Que ce soit la contre-attaque (fast break) ou l’attaque demi-terrain (half court game), ils excellent dans tous les niveaux de jeu. En langage de basket, tous les entraîneurs disent à leurs joueurs en défense : “S’il est droitier, envoie-le à gauche sur sa main faible”. Golden State n’a pas de main faible.

3- Les Cavaliers de Cleveland ont chassé l’éléphant de la chambre. Tout ceux qui ont suivi Cleveland cette année ont instantanément réalisé que l’équipe est beaucoup plus cohésive depuis la blessure de Kevin Love.¹ C’est une addition par soustraction.

4- Le niveau des adversaires de Cleveland a multiplié la valeur des Cavaliers. Chicago, qui jouait en sachant que c’était la dernière année de leur entraîneur, ne s’est jamais présenté au dernier match de la série.² Les Hawks, eux, ont tout simplement prouvé ce que toute l’histoire de la NBA nous a enseigné : une équipe sans marqueur défini (go-to-scorer) ne peut être prise au sérieux durant les séries éliminatoires.

5- C’est surtout le dernier point qui me fait croire que la série ne sera pas attrayante : Steve Kerr voulait David Blatt comme assistant. Pas comme assistant-entraîneur-chef à la Alvin Gentry, juste comme assistant. Du genre “je respecte assez ton opinion pour l’écouter, mais pas pour la suivre”. Au bout du compte, je me fie à ce que je vois. Golden State a passé toute la saison à faire des ajustements subtils, tel mettre Andrew Bogut sur Tony Allen. Cleveland, eux… ben laissons J.R. Smith nous expliquer ce que je pense:

Quand J.R. Smith est la voix de la raison…

Pour toutes ces raisons et surtout parce qu’à part LeBron, Golden State ne prendrait même pas la peine de répondre si Cleveland les appelait pour faire un échange de joueurs qui jouent la même position, je prédis une série rapide et décisive.

Golden State en cinq.

¹ J’ai toujours trouvé que Kevin Love était surévalué. Quand tu es un des 15 meilleurs joueurs de la ligue, ton équipe fait les séries ou presque. Il a jamais été proche des séries. Ses stats ont toujours eu une valeur de « voleur dans une émeute ». C’est facile de faire 20 points et prendre 15 rebonds quand l’autre équipe s’en fout.

² Regardez Golden State comment ils ont joué pour Mark Jackson l’an dernier.