Le talent avant tout: Les Volatiles de la NBA

Javale Mcgee

La plupart des équipes professionnelles aiment nous vendre l’idée que le caractère d’un individu est plus important que son talent. D’autres, comme les Raiders d’Oakland, vont carrément dans le sens inverse, au grand bonheur de leurs fans.

La NFL n’aime pas les individus flamboyants. On n’a qu’à penser aux pénalités lorsqu’un joueur célèbre trop fort ou tout simplement, regardons le tollé médiatique qui a suivi l’éruption de Dez Bryant dimanche passé. Au hockey, c’est pire! P.K. Subban, gagnant du trophée Norris remis au meilleur défenseur il y a quelques mois à peine, ne fait pas l’unanimité pour faire partie de l’équipe olympique qui ira à Sotchi parce qu’il ne joue pas le «white way».

La NBA se différencie des autres ligues professionnelles à cet effet. Non seulement aime-t-elle les fortes personnalités, mais plus souvent qu’autrement les équipes tirent leur énergie de ce genre de tempérament.

Pensons au Thunder d’Oklahoma City. Leur star est sans l’ombre d’un doute Kevin Durant, le deuxième meilleur joueur de la ligue après Lebron James. Il est le coéquipier idéal : il travaille fort, il écoute ses entraîneurs, respecte ses coéquipiers, patient et cordial avec les médias. Il a tous les atouts pour être le leader idéal… vrai? Faux. Son équipe suit le rythme de son coéquipier étoile Russell Westbrook. Toujours prêt à exploser, jouant avec une rage palpable, il est le baromètre de son équipe; un fait qui n’est plus contestable depuis sa blessure durant les séries éliminatoires du printemps dernier.

Un autre exemple? Les Pacers d’Indiana.

Il y a une grande raison pour laquelle la loi non-écrite de la NBA dit qu’il faut avoir un joueur volatile pour gagner un championnat, mais pas deux: parce que s’ils sont deux, ils vont se tenir ensemble. Voici une équipe qui a vu sa fenêtre d’opportunité pour gagner le championnat se fermer brusquement il y a quelques années, parce que deux joueurs volatiles sont allés se battre dans la foule. Le résultat: une franchise qui a eu toute la misère du monde à se remettre de cet événement. Cette même équipe, dirigé par le même D.G. de l’époque, un certain Larry Joe Bird, a des aspirations véritables au titre de champion cette saison, et compte sur Lance «Born Ready» Stephenson. Il en est à sa quatrième année dans le circuit Stern, et marque 6,4 points par match et capte 2,9 rebonds. Mais au-delà de ses statistiques, c’est son attitude, celle qui lui permet de croire qu’il est aussi talentueux que LeBron James, qui procure l’essence au bolide des Pacers.

Cette équation se répète partout dans la ligue. Les Clippers de Los Angeles, autres aspirants au titre, ont Matt Barnes pour jouer ce rôle. Même l’organisation modèle de la NBA, les Spurs de San Antonio, n’y échappe pas. On peut se demander si les matches 6 et 7 de la dernière finale auraient été différents si au lieu de compter seulement sur Danny Green (2 en 19), les Spurs auraient pu envoyer dans la mêlée l’homme qui fait l’amour à la pression (ses mots, pas les miens): Stephen Jackson. En tenant compte de tout cela, on comprend pourquoi l’énigmatique DeMarcus Cousins, des Kings de Sacramento, est si convoité.

Pour notre grand plaisir à tous, ou du moins pour le mien sûrement (car j’adore ce type de joueur), quatre équipes ont décidé qu’elles essaieraient d’avoir plus qu’un joueur au caractère imprévisible. Ces équipes seront donc mes premiers choix s’il y a plusieurs matchs à visionner en même temps, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver!

Zach Randolph, Blake Griffin

4- Les Grizzlies de Memphis

Les Volatiles: Tony Allen et Zach Randolph

Je ne sais par où commencer avec ces deux-là. Avec Tony Allen qui a battu son coéquipier de l’époque O.J. Mayo dans l’avion, parce qu’O.J. ne voulait pas payer une dette de jeu? Ou avec Zach Randolph, surnommé Z-Bo (en référence à la brute dans le film culte Friday), qui a un historique d’altercations sur le terrain?

Lionel Hollins a su garder ces deux joueurs sous contrôle, mais il s’est fait congédier (injustement) à la fin de la dernière saison. Est-ce que le nouvel entraîneur pourra faire la même chose?

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3- Les Nuggets de Denver

Les Volatiles: Javale McGee et Nate Robinson

Dû entre autres à l’émission Shaqtin’ A Fool, JaVale McGee est devenu la risée de la ligue. C’est vrai qu’il se met lui-même dans ces situations. Comme vous avez pu le voir, il fait assez de bêtises pour exaspérer ses entraîneurs. Et si ce n’était pas suffisant, les Nuggets ont embauché Nate Robinson, un joueur sans milieu. Soit il est extrêmement bon (voir la série Bulls-Nets du printemps dernier), soit il est extrêmement mauvais (voir la série Bulls-Nets du printemps dernier), et plus souvent qu’autrement, les deux extrémités sont présentes dans le même match. Vous savez, il y a des joueurs que l’on hait lorsqu’ils sont contre nous, mais que l’on adore lorsqu’ils sont avec nous? Et bien, c’est le contraire avec Nate.

Josh Smith

2- Les Pistons de Détroit

Les Volatiles: Brandon Jennings, Josh Smith, Rasheed Wallace

Cet été, à chaque fois que le D.-G. Joe Dumars faisait une acquisition, Woodwendy venait me voir à mon bureau pour me le dire. Et on riait pendant au moins 10 minutes.

D’un côté, les Pistons ont comme entraîneur Maurice Cheeks, un des joueurs les plus respectés de son époque et maintenant un des entraîneurs les mieux réputés. Ces dernières années, c’est lui qui se chargeait de calmer Russell Westbrook à Oklahoma City. Ils ont aussi Chauncey Billups, probablement le joueur le plus respecté dans la ligue en ce moment. Vous en voulez une preuve? Les deux dernières saisons, même Chris Paul s’inclinait devant lui chez les Clippers de Los Angeles.

De l’autre côté de la médaille, Rasheed Wallace est un des entraîneurs-adjoints cette saison. Je vais vous laisser le temps de digérer cette phrase.

Les Pistons ont signé Brandon Jennings, qui n’a jamais rencontré de lancer qu’il n’aimait pas, et Josh Smith. Pour mieux comprendre Josh Smith, il faut que vous sachiez qu’à chaque fois (non non, c’est vraiment à chaque fois) qu’il prenait un tir hors de la bouteille, les fans de sa propre équipe criaient «NON!!». Ce qui ne l’empêchait pas de tirer quand même.

Encore une fois, Rasheed Wallace est un entraîneur-adjoint. Le même Rasheed Wallace qui s’est fait expulser du Match des Étoiles au niveau secondaire après avoir pris 2 fautes techniques. Le même Rasheed Wallace qui força la ligue à suspendre les joueurs s’ils recevaient plus de 15 fautes techniques durant la même saison. Ce même Rasheed qui nous donna ce moment magique et popularisa cette remarque. Vous pensez qu’il a changé? Voyez par vous-mêmes ici.

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1- Les Knicks de New York

Les Volatiles: Metta World Peace, J.R. Smith, Chris Smith, Kenyon Martin et Ricky Davis

Cette équipe a priorité sur tous les autres clubs de la ligue, à mon avis. Et ce n’est pas dû au fait que mon joueur favori, Carmelo Anthony, porte leurs couleurs. Nous avons notamment:

  • Metta World Peace: instigateur du Malice at The Palace, auteur d’un violent coup de coude à la tête de James Harden, celui qui a demandé à Kobe s’il savait qui il était durant un match des séries éliminatoires, celui qui a remercié sa psychiatre après avoir gagné un championnat et tant d’autres choses que je pourrais nommer.
  • J.R. Smith: être connu pour son compte Instagram et ses virées nocturnes, c’est bon quand on est une star de télé-réalité. Quand on est un joueur de basket, c’est quelque chose d’autre.
  • Kenyon Martin: un homme-fort de première ordre, au tempérament très volatile.

Tout ce beau monde sera sous la direction de Mike Woodson, qui ne pouvait même pas retenir l’attention des Hawks d’Atlanta qui avaient, à part Josh Smith, des joueurs reconnus pour leur mollesse. Dans la Grosse Pomme en plus.

Quand cela va exploser (remarquez que je n’ai pas écrit si ) je serai devant ma télé!

NBA: Des surnoms sur les uniformes?

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Voici une nouvelle qui arrive probablement un peu trop tard pour Ron Artest, qui n’aurait pas eu à changer de nom légalement en fin de compte: selon l’Associated Press, la NBA songerait à remplacer les noms de famille des joueurs du Heat de Miami et des Nets de Brooklyn sur leur uniforme par leur surnom individuel, le temps d’un match.

Donc le scénario où Lebron aurait « King James » inscrit sur son dos semble à présent être une très forte possibilité. On pense également à Paul Pierce (« The Truth »), Kevin Garnett (« KG »), ou Chris Andersen (« Birdman »). Shane Battier voulait y inscrire « Batman », mais pour des raison évidentes, Warner Brothers s’y objecte, au grand dam des fans du Heat et du Chevalier Noir.

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Il faut bien sûr y voir un grand coup de marketing de la part de David Stern et Adam Silver, eux qui n’ont aucune retenue pour essayer des concepts créatifs, voire même farfelus avec les uniformes dans leur ligue. Le but restera toujours de vendre le plus de marchandise possible, coûte que coûte, et ils ont peut-être trouvé un nouveau filon à exploiter, surtout dans ce sport flamboyant qui est très axé sur la personnalité de leurs athlètes.

En ce qui a trait aux surnoms en tant que tel, c’est un concept qui existe déjà au soccer dans certains coins du monde (j’espère que vous ne pensiez pas que Kaka et Chicharito étaient leurs vrais noms). Est-ce que les autres grandes ligues nord-américaines seraient tentées d’emboîter le pas dans un avenir rapproché? On en doute fortement dans le cas de la NFL, vu la façon dont ils ont traité le cas Ochocinco, mais la MLB et la LNH alors? Ça reste à suivre.

Rautins voit l’avenir en grand

Leo Rautins

Je crois qu’il y a plein de grandes choses qui se passent, evidemment, pour Basketball Canada. Le sport a grandi considérablement dernièrement. Nous avons eu de bons cycles [de développement] par le passé et dans notre histoire, mais ceci est un cycle qui va s’établir et rester; ca va juste aller en s’améliorant, il ne devrait pas y avoir de baisse de régime. Mais ça va prendre du temps afin de donner de l’experience au niveau international à ces joueurs, mais en termes globaux, ce qui se passe au pays pour le sport est fantastique.

– Leo Rautins, analyste télé des Raptors de Toronto et ancien entraineur-chef de l’équipe nationale canadienne de basketball, en entrevue avec notre Woodwendy Séraphin hier soir après le match McGill – Syracuse. On peut facilement imaginer qu’il n’aurait pas eu à démissioner de son poste d’entraineur s’il avait pu compter sur des joueurs de la trempe de Bennett, Olynyk, et bien sûr Andrew Wiggins.

Syracuse c. McGill: les Oranges beaucoup trop forts pour les Rouges

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Les Redmen de McGill recevait de la grande visite du sud de la frontière hier soir, en cette occasion les demi-finalistes au dernier Final Four de la NCAA, les Orangemen de l’Université de Syracuse. Plus de mille personnes assistaient à ce match sous une chaleur étouffante au centre sportif de McGill.

Les Orangemen sont restés sous le meme thème: la célèbre défensive de zone du Coach Boeheim qui a étouffé l’attaque de McGill. L’équipe hôtesse a commis pas moins de 16 revirements en première demie. Sans jamais regarder en arrière, Syracuse l’a facilement emporté par la marque de 80-40.

Trois joueurs ont attiré l’attention et seront à surveiller lors du championnat de la NCAA .

CJ Fair, le plus connu, est un ailier de dernière année. Du haut de ses 6’8″, il a montré beaucoup de progrès dans son jeu à un contre un et à la sortie du dribble.

Un autre ailier de 6’8″ qui a créé des remous est Jerami Grant. Il est le neveu de l’ancienne vedette de la NBA et ancien coéquipier de Michael Jordan chez les Bulls de Chicago, Horace Grant. Physiquement, Grant a tout ce qu’il faut pour évoluer au prochain niveau: élancé et ultra-althlétique. Saura-t-il mettre ses atouts à l’oeuvre pour atteindre son plein potentiel ?

Le dernier, mais non le moindre, est le garde recrue originaire de l’ontario, Tyler Ennis. Il montre déjà un certain leadership et son jeu sur le terrain est très réfléchi pour un joueur de première année.

Syracuse reste dans la région de Montreal pour y affronter l’Université Bishop ce soir à 19h, au College Champlain de Saint-Lambert.