Quand les « experts » se trompent au repêchage de la NBA: 12 citations regrettables.

Il est souvent dit que le dépistage et le repêchage d’athlètes est une science inexacte. Plusieurs coups fumants sont effectuées bon an, mal an; mais aussi certaines prédictions et déclarations-choc reviennent souvent hanter certains journalistes et autres soit-disant experts plusieurs années plus tard.

Le compte Twitter @OldTakesExposed se spécialise justement dans ce genre de citations juteuses qui permettent souvent de mettre les choses en perspective lorsqu’on analyse certains espoirs. Avec le repêchage de la NBA qui se déroulera ce soir à Brooklyn, le timing est de mise afin de jeter un coup d’oeil sur certaines prédictions erronées. De quoi se dire que parfois, certains gérants d’estrades n’ont pas à se sentir mal d’avoir loupé leur évaluation de certains joueurs.

Les paroles s’envolent, mais les captures d’écran restent. Voici les plus intéressantes au fil des années:

Pour ceux qui pensent que l’animteur Skip Bayless ne fait que dire des sottises maintenant afin de générer des cotes d’écoutes à Fox Sports 1, sachez que ses citations-choc ne datent pas d’hier: « Il n’est même pas un Nick Van Exel. » dixit Bayless, en décrivant le légendaire Allen Iverson en 1996.

 

Seth Davis, reporter de basket collégial pour CBS Sports, ne croyait pas en Kawhi Leonard à l’époque, jugeant que ses grandes mains n’étaient pas suffisantes afin qu’il réussisse à avoir du succès dans la NBA. À sa défense, il faut croire que les Pacers ont vu la même chose, puisqu’ils l’ont immédiatement échangé aux Spurs en retour de George Hill. Vous connaissez la suite…

 

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Bien entendu, il n’y a pas que les journalistes qui se trompent. L’entraîneur-chef des Rockets de Houston et candidat favori au titre d’entraineur de l’année, Mike D’Antoni, était parmi ceux qui, à l’époque, pensaient que Darko Milicic, la grande déception du repêchage de 2003, avait un plus grand potentiel à moyen et long terme qu’un certain LeBron James…

 

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Alberto Dal Cin, le chef du dépistage international du Jazz de l’Utah à l’époque, abondait dans le même sens que D’Antoni, disant que Milicic avait « plus d’habiletés et peut jouer à plus de positions » que King James.

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Doug Gottlieb, animateur et analyste à Fox Sports 1, avant le repêchage de 2009: [Steph Curry] n’a pas le même potentiel que [Ricky] Rubio. [Brandon] Jennings, [Jonny] Flynn, [Patty] Mills, [Jeff] Teague sont tous plus athlétiques. »
 

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Gary Parrish, de CBS Sports, croyait qu’il fallait être stupide pour penser que Paul George allait être le meilleur joueur de la cuvée 2010. Faut dire qu’il n’a pas totalement tort, car John Wall vaut également son pesant d’or, ceci étant dit…

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Marty Blake, directeur du dépistage de la NBA en 1996: « Predrag [Stojakovic] est bien meilleur et ne devrait même pas partager le même court que [Kobe] Bryant. » Stojakovic a tout de même connu une belle carrière dans la NBA, mais bon… on se serait gardé une petite gêne, avec le recul.

Ethan Strauss, récemment licencié par ESPN malgré sa couverture des Warriors de Golden State et de son populaire blogue, n’a malheureusement pas su reconnaître le talent d’un certain Splash Brother: « Terrible choix venant d’une franchise qui n’apprend jamais [de ses erreurs]. [Je] pense que Klay Thompson est un choix affreux. Fait penser au mauvais, vieillissant Jerry West ».
Même le vénérable Jeff Van Gundy se trompe royalement de temps en temps, en déclarant qu’il « préférerait avoir un Austin Rivers à 20 ans qu’un Damian Lillard à 22 ».
James Harden? Candidat au MVP? Connait pas, désolé.

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Et bien sûr, comment ne pas mentioner Charley Rosen, ancien entraîneur et chroniqueur à ses heures, qui en 2003 déclara entre autres que LeBron « ne sera qu’un joueur moyen dans la NBA ». Dans l’article ci-dessus, paru dans la section Page 2 d’ESPN à l’époque, il tentait de carrément détruire le mythe King James après l’avoir vu à l’oeuvre pendant un seul match, en affirmant notamment qu’il « ne peut même pas surveiller son ombre » défensivement, et qu’il ne sera « qu’un garçon parmi des hommes talentueux, expérimentés, puissants et, plus que tout, sans merci ».
Pour terminer, le reporter Randy Galloway du Dallas Morning News, qui semblait certain que de repêcher Michael Jordan au quatrième rang serait une erreur monumentale de la part des Mavericks de Dallas, si jamais il était encore disponible. Heureusement pour lui, les Bulls de Chicago leur ont rendu la vie facile, et se sont plûtot rabattus sur son coéquipier à North Carolina, Sam Perkins.

L’esprit du guerrier de Kevin Durant

L’ancien MVP de la NBA Kevin Durant vient de signer un contrat d’une durée de deux ans à 54 millions de dollars au total avec les Avengers Warriors de Golden State. Oui oui… ces mêmes Warriors qui viennent de fracasser tout plein de records la saison dernière, qui ont éliminé le Thunder de Durant de manière dramatique en séries, sans toutefois pouvoir mettre la main sur le trophée Larry O’Brien.

Sans aucun doute, cette décision controversée sera débattue en long et en large par tous les fans et analystes. Que peut-on en déduire dans l’immédiat?

La main de maître de Jerry West
Jerry West vient de prouver qu’il est un sapré gestionnaire et influenceur hors pair dans la NBA. Il a maintenant les deux MVP des trois dernières saisons dans son alignement, tout en ayant Klay Thompson et Draymond Green sous contrat jusqu’en 2019 et 2020, respectivement. Il aura à se départir d’Andrew Bogut, qui servait principalement d’écran à Steph Curry afin que ce dernier puisse se démarquer et lancer de n’importe où sur le court, afin de respecter le plafond salarial. Peu importe, cette équipe déborde de talent et plusieurs autres transactions peuvent être effectuées si jamais la chimie ne colle pas, telle que souhaitée.

Le manque de leadership de KD

Durant, pour tout le talent qu’il possède, n’est tout simplement pas un leader #1, un alpha dog comme on dit dans le jargon basket. Ce rôle, c’est Russell Westbrook qui se l’est approprié officiellement depuis la blessure de Durant en 2014. KD a tout simplement laissé Russell devenir le moteur de SON équipe, sans jamais reprendre les rênes à son retour, avec les résultats qu’on connaît maintenant. Westbrook est un joueur phénoménal, explosif et divertissant, qui a cependant la mauvaise habitude de prendre de mauvaises décisions dans les moments cruciaux, ce qui fait en sorte qu’on ne peut malheureusement pas remporter de championnat avec lui comme meneur.

À Oakland, Draymond Green reste le coeur et l’âme des Warriors, comme on a pu constater avec sa performance inouïe lors du septième match contre Cleveland. L’arrivée de Durant fera en sorte qu’il aura encore moins à se soucier de faire rentrer le ballon dans le panier lui-même, mais rendra sa tâche de distributeur et chef d’orchestre encore plus facile avec un tel outil de plus à ses côtés.

Reconstruction inattendue?
Il y a certains signes avant-coureurs qu’on choisit d’ignorer dans la vie, et l’échange de Serge Ibaka vers Orlando, conclu il y a quelques jours, aurait dû nous révéler la fin de cette époque en Oklahoma. On se sait pas encore ce qui aura été le catalyseur de tout ce mouvement de personnel, mais si jamais c’est le fait que Westbrook compte se prévaloir de son autonomie complète dans un an, alors le DG Sam Presti aurait intérêt à l’échanger au plus offrant immédiatement et amorcer la reconstruction de son club sans perdre de temps ni de valeur marchande. (Allo, les Lakers?)

May 30, 2016; Oakland, CA, USA; Golden State Warriors guard Stephen Curry (30, right) is congratulated by Oklahoma City Thunder forward Kevin Durant (35) after game seven of the Western conference finals of the NBA Playoffs at Oracle Arena. The Warriors defeated the Thunder 96-88. Mandatory Credit: Kyle Terada-USA TODAY Sports
Durant et Curry: d’adversaires à coéquipiers. Credit: Kyle Terada-USA TODAY Sports
Le dos large de KD
L’héritage de Durant est évidemment en jeu dans tout ça, et il est certain que tous les yeux seront tournés vers lui la saison prochaine. C’est une pression énorme qu’il vient d’endosser volontairement, mais qui risque fort probablement de payer fruit, au risque d’aliéner bien des fans à travers la planète NBA. L’envers de la médaille dans tout ça, c’est qu’il sera toujours perçu comme celui qui n’aura su transporter son équipe sur ses épaules et remporter les grands honneurs, préférant s’allier avec ses bourreaux des dernières séries. Il imite du même coup Ray Allen, qui signa avec le Heat de Miami en 2012 immédiatement après avoir été éliminé par ces derniers alors qu’il s’alignait avec les Celtics de Boston. Seul l’avenir nous dira si Russell Westbrook lui en voudra au point de ne plus lui adresser la parole, tout comme Kevin Garnett avec Allen…

Rien de nouveau sous le soleil…?
Beaucoup de fans voient d’un mauvais oeil ce concept de super-équipe fraîchement assemblée à coups de millions, mais ce n’est rien de nouveau dans la NBA, même que quelques unes d’entre elles ont lamentablement échoué (Rockets de 1996-97, Lakers de 2003-04), alors rien n’est garanti pour ces Warriors.

De plus, la parité n’a jamais vraiment existé dans cette ligue, et depuis 1980, seulement 11 franchises ont pu asperger leur vestiaire de champagne au mois de juin. Trois de ces équipes (Sixers, Mavericks, Cavaliers) ne l’ont remporté qu’une seule fois. On peut comprendre ceux qui souhaiteraient voir de nouveaux noms s’ajouter sur la liste de champions, mais ceux qui déplorent la façon de faire d’aujourd’hui tout en évoquant les beaux jours du passé ont la mémoire courte.

Dans cette décennie actuelle, nous avons déjà 6 équipes championnes différentes, alors jouons rapidement aux comparaisons:

Années 2010: Lakers, Mavericks, Heat, Spurs, Warriors, Cavaliers
Années 2000: Lakers, Spurs, Pistons, Heat, Celtics
Années 90: Pistons, Bulls, Rockets, Spurs
Années 80: Lakers, Celtics, Sixers, Pistons

La victoire avant tout?

Nous vivons à une époque où les superstars de la NBA semble vouloir prioriser la victoire au détriment de l’argent. La convention collective de la NBA fait en sorte que changer d’équipe rapporte moins que de rester en place si la valeur du joueur est indiscutable, vu que l’équipe qui détient les droits actuels du joueur en question peut offrir une année de contrat supplémentaire que les autres équipes du circuit.

Alors le choix est simple pour les joueurs: soit on opte pour la stabilité financière et/ou la loyauté, mais en espérant que l’état-major fasse les bonnes transactions pour améliorer l’équipe (Carmelo Anthony, DeMar DeRozan), ou bedon on bouge vers de meilleurs cieux, tout en sacrifiant un peu de sous mais en ayant de meilleurs chances de parader torse nu dans les rues de notre nouvelle ville adoptive pendant trois jours.

Dans son cas, Durant a tout de même passé 9 ans dans le plus petit marché de la ligue, sans toutefois remporter les grands honneurs. Certains pourront dire qu’il aurait pu rester et continuer à bâtir quelque chose de solide avec l’alignement en place, mais rappelez-vous que c’est la même organisation qui s’est débarrassée de James Harden car ils ne voulaient tout simplement pas le payer à sa juste valeur, à l’expiration de son contrat.

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La NBA vient de voir un de ses plus grands noms changer de cap, et le destin de plusieurs franchises vient d’être affecté du même coup. Reste à voir si le pari de Warriors et de Durant sera remporté en juin prochain.

Warriors de Golden State: Réécrire l’histoire en 24 victoires

Écrire quelque chose sur la NBA avant le 15 décembre (date où l’on peut échanger les joueurs que l’on a signé durant la saison morte) ou le 25 décembre (pour certains, c’est Noël. Pour les amateurs de la NBA, c’est là que la saison commence pour vrai), c’est un peu inutile à mon avis. Les équipes qui ont gardé le même noyau vont débuter en feu, les équipes qui ont un nouvel entraîneur-chef vont prendre du temps à s’adapter à la nouvelle philosophie, etc… Cependant, quelque chose d’historique vient d’arriver et on ne peut le passer sous le silence.

Samedi soir, dans un match peu enlevant, les Warriors de Golden State ont perdu, mettant fin à une série de victoires consécutives à 24. Voici pourquoi je ne peux qu’être heureux d’avoir vu cette séquence.

1- CHAMPIONS EN TITRE

Lorsqu’on est champions en titre, chacun de nos matchs devient LE match de la saison. L’aréna est rempli, les fans sont surexcités, tous les médias locaux sont présents et les joueurs adverses veulent prouver qu’ils sont aussi bons que les champions. Ajoutez à ce mélange le fait que le titulaire du joueur le plus utile à son équipe de la saison passée joue pour les champions. La motivation est à son plus haut niveau pour un match de saison régulière.

Si ce n’était pas assez, ajoutez une touche de dénigrement jamais vu pour un champion en titre. Le raisonnement (idiot selon moi) est que les Warriors ont été chanceux parce qu’ils n’ont pas joué contre les Spurs de San Antonio (qui ont été éliminés au premier tour par les Clippers de Los Angeles), parce que Mike Conley Jr était blessé durant le 2e tour, que les Rockets n’auraient pas dû être leurs adversaires au 3e tour et que Kyrie Irving et Kevin Love étaient blessés lors de la finale.

Soit, toutes ces choses sont arrivés. Cependant, devrait-on blamer les Warriors pour la tournure des évènements? Ils n’ont fait que ce que tous les champions font : ils ont battu tout le monde qui étaient devant eux.  On ne peut que lever notre chapeau devant leurs succès.

2- DÉBUT DE LA SAISON

Toutes les autres séries de victoires de la NBA ont un point en commun : les équipes avaient joués au moins 8 matchs durant la saison régulière.

Ce point est important parce que la plupart des bonnes équipes atteignent leurs vitesses de croisière vers décembre ou janvier. Personne n’aurait blâmé les Warriors s’ils avaient commencé 4-2, 5-1 ou 8-3. On les aurait excusé en disant “la saison est un marathon”, “à chaque match, ils ont le meilleur effort de chaque équipe”, “ils apprenent à jouer avec la pression d’être champions”, etc…

Or, Golden State a pris les meilleurs frappes de chacun de ses adversaires et est sorti vainqueur de chaque match.  



3- LA CONSTANCE

C’est vrai que la foudre ne tombe pas deux fois au même endroit. Si on remonte à la saison passée, ils ont gagné 16 matchs de suite durant la saison régulière. On ne peut donc dire que cette série de victoires est chanceuse. Comme le dit si bien Louis van Gaal, entraîneur-chef des Red Devils de Manchester United : “Quality is the exclusion of coincidence”. L’excellence est l’absence de coïncidence. Avoir deux séries comme ça, ce n’est pas de la chance. C’est la preuve que l’on est excellent.

4- STEPHEN CURRY

Ce point, je le dois à une conversation que j’ai eu avec un ami. Cet ancien joueur de football m’a demandé si c’était possible que Stephen Curry, titulaire du joueur de l’année 2014-15, pouvait gagner le trophée du joueur qui s’est le plus amélioré.

Aussi bizarrement que cela sonne, c’est présentement mon choix. Je m’explique.

Stephen Curry est un joueur de basketball, un peu comme un musicien de jazz est un musicien. Pour l’oeil non-initié, on ne voit que sa carrure modeste, son athlétisme médiocre selon les standards de la NBA, sa défense presqu’inexistante et ses tirs de l’extérieur.

Pour l’initié, on voit un génie du basketball qui voit des angles et des ouvertures où les autres ne voient qu’un mur. On voit dans la confiance qu’il a lorsqu’il tire de l’extérieur un homme qui a mis beaucoup, mais beaucoup de temps cet été à améliorer cet aspect de son jeu. On voit dans ses changements de direction (crossovers) et la façon dont il se libère pour tirer et/ou faire un tir en foulée (lay-up), le digne fils spirituel de Mark Price et de Steve Nash.

Le fait qu’il s’est amélioré et qu’il donne son meilleur de lui-même à tous les matchs, donne une ligne de conduite au reste de son équipe. Comme preuve de son leadership, l’équipe suit son rythme.

Je n’essaie pas de dire que cette équipe est la meilleure de tous les temps. Je n’essaie pas de dire que cette série de victoires est plus imposante que celle des Lakers de Los Angeles de 1971-72. Ce que je veux simplement dire c’est que l’on a vu quelque chose de spécial. On devrait lever notre chapeau et leur dire : félicitations!  

La Grande Liste: Les 10 équipes les plus divertissantes

Lorsque vient le temps d’établir l’état des forces dans une ligue spécifique, la plupart du temps il suffit juste de regarder le classement, et de suivre certaines tendances afin de dresser cette liste. Mais si on s’essayait à travers tous les sports d’équipes, au lieu de s’en tenir à une seule ligue? Et pas nécessairement les meilleures équipes, mais celles qui méritent votre attention, peu importe les raisons.

Pour cette première liste mensuelle, nous vous présentons donc dix formations actuelles pour lesquelles vous devriez tout arrêter et prendre le temps de regarder lorsqu’elles apparaissent au petit écran.

10 – Lakers de Los Angeles (NBA)

Fiche: 3-17 (.150), 29e dans la NBA
Attrait principal: Le fantôme de Kobe Bryant
Public cible: Fans des Lakers, fans de Kobe, haineux de Kobe

Dans les faits, cette équipe est moribonde et pénible à regarder jouer, et si votre objectif est de voir du basket de qualité, il est présentement difficile de faire pire que la bande à Byron Scott.

Ce dernier semble vraiment penser qu’il peut sauver son emploi en remportant quelques matchs avec ses vétérans, alors qu’il aurait plutôt avantage à faire jouer les jeunes à sa disposition (Julius Randle, D’Angelo Russell, Jordan Clarkson) afin de leur permettre d’acquérir le plus d’expérience possible, même si c’est à la dure. Il y a un autre homme qui se dresse sur leur chemin: le seul et unique Kobe Bean Bryant, légende afro-italo-américaine du ballon-panier et futur retraité multimillionaire égocentrique, qui risque d’aider l’avenir de son club, malgré lui.

Kobe est mauvais en ce moment. Minable, même. En fait, c’est carrément hypnotisant de voir un joueur de sa trempe jouer aussi piètrement, et ses jeunes coéquipiers commencer à s’impatienter. Mais l’espoir de le voir sortir des performances spéciales reste trop attrayant pour que ses fans l’ignorent à jamais. La réalité, beaucoup plus mesquine divertissante, est qu’il se passe toujours quelque chose de loufoque ou d’incompréhensible lors de ses mauvaises soirées, ce qui les rapprochent de plus en plus du premier choix en juin prochain et du jeune Australien Ben Simmons, qui se fait comparer avantageusement à LeBron James.

9- Canadiens de Montréal (LNH)

Fiche: 19-6-3, 2e dans la LNH
Attrait principal: Carey Price P.K. Subban
Public cible: Fans d’équipes réussissant à produire dans l’adversité, fans de joueurs charismatiques.

Pas toujours l’équipe de hockey la plus spectaculaire, mais vous le saviez probablement déjà. En fait, leur inclusion sur cette liste sera fort possiblement contestée, mais on vous explique.

Lorsque vous perdez le meilleur joueur au monde, dû à une blessure semi-mystérieuse, et que son remplaçant n’a jamais chaussé les patins dans la LNH, la panique peut vite s’installer. Mais même si les blessures continuent de s’acharner sur des joueurs-clés, que certains joueurs acquis pendant la saison morte ont déjà quitté le giron du club, et que la pression monte afin de remporter les grands honneurs immédiatement, il serait carrément ingrat de se plaindre de leur position au classement.

C’est bien beau, tout ça, mais… pourquoi leur dédier 150 minutes de votre précieux temps? Mike Condon ne sera jamais Carey Price, mais il se tire bien d’affaire considérant la pression immense d’être gardien de but à Montréal, sans bouée de sauvetage par surcroît. P.K. Subban n’a jamais la langue dans sa poche et reste sublime à regarder jouer, malgré quelques largesses défensives certains soirs et un manque de production au niveau des buts. Mais surtout, il semble y avoir un nouvel héros obscur sorti de nulle part (ou St John’s, c’est pareil) à chaque match, l’équipe est très rapide et continue de mener la ligue au chapitre du différentiel de buts (+31), loin devant les Stars de Dallas (+23). On attend toujours l’inévitable baisse de régime, mais pour l’instant les Glorieux semblent être en mission.

8- Leicester City (BPL)

Fiche: 9-1-5, 1er en Premier League
Attrait principal: Jamie Vardy
Public cible: Fans de petits clubs de foot anglais, fans d’équipes Cendrillon

Ce club est loin d’être un habitué des grandes occasions, étant plus proche de la relégation que d’une présence en Ligue des Champions en temps normal, mais cette saison en Ligue Anglaise nous prouve qu’on peut avoir des surprises de temps en temps.

Leur attaquant Jamie Vardy a connu une séquence de 11 matchs consécutifs avec au moins un but, un record. L’éclosion soudaine de l’Algérien Riyad Mahrez y est aussi pour beaucoup, lui qui talonne son coéquipier au deuxième rang de la ligue pour les buts. De plus, c’est un club qui préconise la contre-attaque rapide et échevelée au lieu d’une possession de balle contrôlée, alors il y a toujours matière à flammèches dans ce contexte.

Donc la question évidente sera de savoir s’ils pourront maintenir la cadence jusqu’au mois de mai et de tenir tête aux Manchester United, Arsenal et Manchester City de ce monde. À suivre…

7- Chelsea FC (BPL)

Fiche: 4-8-3, 14e en Premier League
Attrait principal: Jose Mourinho
Public cible: Fans d’entraîneurs excentriques, fans d’équipes championnes en crise

Comment une équipe championne peut-elle perdre le nord aussi abruptement? C’est la question que l’on se pose en regardant la troupe de Jose Mourinho, dit Ze Special One.

Une baisse de régime n’est pas inhabituelle dans ce contexte, mais on parle d’un club qui avait le championnat dans sa poche à la même période l’an dernier, et qui est revenu avec sensiblement les mêmes joueurs étoiles. Alors il est ou, le problème? Le blâme revient à Mourinho, qui ne semble plus tirer le maximum de ses effectifs, et reprend sa vilaine habitude de blâmer tout le monde sauf lui-même pour ses insuccès, incluant la docteure bien-aimée de l’équipe, qui n’a pas hésité à lui envoyer une mise en demeure pour ses efforts.

Ce club est en sérieux danger de relégation, et l’intrigue est de savoir combien de temps le propriétaire Roman Abramovitch attendra avant de faire le ménage. Mourinho a tout de même gagné partout ou il est passé, mais perdre contre des équipes de bas de classement tel que Bournemouth n’aide aucunement sa cause. Survivra-t-il la semaine?

6- Washington, Eagles de Philadelphie, Giants de New York, Cowboys de Dallas (NFL)

Fiches: 5-7 (WAS, PHI, NYG), 4-8 (DAL)
Attrait principal: Comédie d’erreurs assurée
Public cible: Fans de la NFC Est, fans de football imprévisible et décousu

Quatre équipes de football qui jouent bien en-dessous des attentes, qui sont regroupées dans la même division, pour le plus grand bonheur de tous. Pourquoi donc vouloir se soumettre à un tel supplice?

Très simple: on ne sait jamais ce qui va se produire avec ces clubs, surtout lorsqu’elles s’affrontent, comme ce fut le cas lundi soir. Washington semble capable du meilleur comme du pire à chaque match (c’est vrai qu’on aime ça); les Eagles n’ont pas de quart-arrière fiable mais refusent de confier leur attaque à leur demi offensif mécontent, embauché à gros prix (merci, Chip Kelly!); Odell Beckham Jr. réussit des attrapés incroyables à chaque semaine, mais le reste de l’alignement Giants est loin d’être aussi explosif… sauf peut-être Jason Pierre-Paul.

Les Cowboys auraient probablement remporté cette division haut la main, n’eut été de la blessure de Tony Romo. On les croyait morts et enterrés il y a à peine une semaine, mais ils sont encore dans la course en plein mois de décembre. Comment ne pas vouloir suivre ce passionnant désastre?

5- Stars de Dallas (LNH)

Fiche: 21-5-2, 1er dans la LNH
Attraits principaux: Jamie Benn, Tyler Seguin
Public cible: Fans de talent offensif

L’an dernier, on se demandait comment une équipe si talentueuse offensivement sur papier pouvait continuer à sombrer dans les bas-fonds du classement. Pour pallier à cette situation, le DG Jim Nill a effectué les changements nécessaires à son alignement pendant l’été, et du jour au lendemain on parle d’un aspirant à la Coupe Stanley.

L’ajout de Patrick Sharp, Johnny Oduya et Antti Niemi ont grandement aidé à stabiliser l’alignement à toutes les positions, ce qui allège le fardeau de Benn, Seguin et Spezza, qui sont des usines à buts sur patins. Pourront-ils maintenir la cadence jusqu’au bout?

4- Bayern Munich (Bundesliga)

Fiche: 13-1-1, 1er en Bundesliga
Attrait principal: Robert Lewandowski
Public cible: Fans de buts spectaculaires, fans de gardiens de but

Voici la meilleure équipe allemande, une véritable machine de foot explosif. Leur alignement fait peur sur papier, et peut faire mal paraître toute opposition.

Parmi toutes les stars sur lesquelles l’entraîneur Pep Guardiola peut compter à toutes les positions, un nom retient l’attention dernièrement: celui de l’international polonais Robert Lewandowski. Lorsqu’un joueur peut accomplir ceci en 9 minutes de jeu, on se doit de regarder à toutes les chances qui s’offrent à nous. 14 buts en 14 matchs de Bundesliga pour ce dernier ne mentent pas, et d’affirmer qu’il est le meilleur attaquant au monde en ce moment n’est plus totalement farfelu.

Et tout cela se passe sans leur leader des dernières années, le Français Franck Ribéry. Il a pris de l’âge et les blessures s’accumulent dans son cas, certes, mais son retour dans l’alignement fera frémir encore plus leurs adversaires. Oh… ai-je oublié de mentionner qu’ils peuvent également compter sur le meilleur gardien de but au monde?

3- Panthers de la Caroline (NFL)

Fiche: 12-0, 1er dans la NFL
Attrait principal: Cam Newton
Public cible: Fans de football excitant, fans de quarts-arrières qui aiment célébrer en dansant

Seule équipe invaincue dans la NFL présentement, les Panthers commencent enfin à écarquiller les yeux du grand public.

Cam Newton a toujours eu son lot de détracteurs depuis son arrivée dans le circuit Goodell, mais ses performances éblouissantes ne laissent aucun doute à ce stade-ci: il fait définitivement partie de l’élite de la ligue au poste de quart. Sauf qu’il aime célébrer ses touchés de manière « exubérante », et ça c’est toujours mal vu dans la No Fun League, que ce soit ses adversaires ou les médias. Pour cette seule raison, on lui souhaite de tout rafler cette saison, en plus du fait qu’il obtient des résultats autant par la voie des airs qu’avec ses jambes.

Il ne faut pas passer sous silence l’apport monumental de la défensive, menée par Luke Kuechly, elle qui peut faire basculer l’allure d’un match du tout au tout. De l’action garantie de chaque coté du ballon oval.

2- FC Barcelone (La Liga)

Fiche: 11-2-1, 1er dans La Liga
Attrait principal: Leo Messi, Luis Suarez, Neymar Jr.
Public cible: Fans de passes précises, fans de poésie footballistique

Vous avez fort probablement connu ou même grandi à l’époque ou MSN était la méthode de communication virtuelle de prédilection.

En 2015, c’est plutôt Messi, Suarez et Neymar qui se rejoignent entre eux avec un ballon au pied, très loin de l’ordinateur familial dans le soul-sol de vos parents. Les résultats peuvent être époustouflants, comme a pu le constater le Real Madrid lors du dernier Clasico. Neymar et Suarez mènent La Liga avec 14 et 13 buts respectivement,  ce qui équivaut à 79% de la production offensive du Barça.

Ne cherchez pas plus longtemps, c’est tout simplement la meilleure équipe de foot sur la planète. Du bonbon à toutes les occasions.

1- Warriors de Golden State (NBA)

Fiche: 23-0, 1er dans la NBA
Attrait principal: Steph Curry
Public cible: Fans d’équipes historiques, fans de lancers de trois points, fans de David et Goliath

23 victoires d’affilée pour débuter la saison. 27 depuis la saison dernière. Champions en titre. Le meilleur tireur de tous les temps. Un coéquipier presque aussi bon que lui. Un alignement parfaitement construit. Une distribution de balle ahurissante. N’ont même pas leur entraîneur-chef sur le banc avec eux. Vont-ils perdre un jour?

Ne vous cassez pas la tête, c’est l’équipe de l’heure dans le sport professionnel, et probablement une des meilleures de tous les temps. Elle est menée par un petit gars qui n’est pas le plus athlétique à première vue, mais qui possède un talent inoui et qui est sera encore dominant pendant des années. Steph Curry est probablement un extra-terrestre, et il est impératif de nous soumettre à son prodige.

 

Knicks – Raptors: Un autre grand rendez-vous montréalais

 

La NBA était de retour dans la métropole pour ce qui est en train de devenir une tradition annuelle, et les fans étaient de retour en grand nombre encore une fois, avec une foule survoltée de plus de 20 000 personnes au Centre Bell pour accueillir leurs héros. Les Raptors ont fait plaisir aux locaux en l’emportant 83-80 face aux Knicks de New York.

Le match en tant que tel? On peut affirmer que malgré le score serré et la fin de match enlevante, les deux équipes ont connu des ratés dans ce qui était leur dernier match préparatoire. Beaucoup de tirs ratés de chaque côté, surtout pour les Knicks qui semblent avoir encore beaucoup de travail et d’ajustements à faire afin de s’acclimater au « triangle offense » tant prisé par leur nouvel entraîneur, Derek Fisher.

Ce dernier en est conscient, et réalise que ses gardes doivent mieux se concentrer, malgré le fait qu’il était satisfait de leur effort collectivement: « Je ne m’en faisais pas vraiment pour leur difficulté à marquer des points. Je crois que défensivement, ils nous donné quelque chose par moments; et je crois que lorsque nous étions dans le pétrin ce soir […], je crois qu’on s’inquiétait plus du fait qu’on ne réussissait pas nos paniers au lieu de continuer à faire des arrêts défensifs ».

J.R. Smith semblait plutôt abattu de son côté, lui qui a terminé la soirée avec un maigre deux points, avec un seul tir réussi en 11 tentatives: « Oui, je réfléchis trop; je ne suis pas encore sûr d’où mes tirs doivent provenir. Je lance un peu hâtivement, mais j’ai de bonnes occasions de tir tôt aussi, alors on doit continuer de rouler et de faire confiance à notre attaque et éventuellement on réussira ».

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Du côté des vainqueurs, le bilan était plus reluisant, évidemment. Les Raptors terminent leur calendrier préparatoire avec une fiche de 7-1, mais ils sont conscients que cela ne veut pas dire grand chose au bout du compte, comme l’a fait remarquer l’entraineur-chef Dwane Casey: « (Les matchs) préparatoires, vous pouvez prendre cette fiche et… je ne peux pas dire ce que je voudrais dire, mais vous pouvez prendre ce papier et faire ce que vous en voulez, car la pré-saison ne veut rien dire, sauf pour notre condition physique, notre timing et notre rythme que cela nous procure ».

Pourtant, sa troupe tirait de l’arrière par 10 points à la mi-temps, mais ils se sont ressaisis par la suite, menottant les Knicks offensivement avec seulement 11 tirs réussis en 45 en deuxième demie. Kyle Lowry acquiesce: « On se devrait d’être meilleurs sur les rebonds. Le coach est venu nous montrer certaines choses sur le film du match (à la mi-temps), et on est sortis en deuxième demie afin de corriger ces lacunes ».

Carmelo Anthony a mené tous les joueurs avec une récolte de 24 points, et nous pouvons vous assurer qu’il semble fin prêt à commencer la saison régulière en force. Chez les Raptors, DeMar DeRozan a récolté 15 points, pendant que Kyle Lowry a également très bien paru avec 12 points, sept rebonds et huit passes décisives. Les deux seront fort probablement dans les discussions de meilleur duo de gardes de la ligue cette saison, avec ce qu’on a pu voir d’eux hier soir.

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Tous les joueurs étaient d’accord pour dire que l’atmosphère était spéciale au Centre Bell, et que Montréal devient une ville attrayante pour la NBA: « J’adore Montréal. Très bonne foule, ça me donne envie d’apprendre le français! », nous a notamment raconté le garde des Raptors Grevis Vasquez. Son entraineur Dwane Casey abondait dans le même sens: « Très bonne foule. Incroyable. […] Montréal est une grande ville de sport, la maison de Jackie Robinson. Il y a une histoire sportive sans égal ici, et j’ai le plus grand respect pour le flair sportif de Montréal ».

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Les dernières coupures ont été effectuées chez les deux équipes, et c’est ainsi que Jordan Hamilton et Will Cherry ont été remerciés de leurs services, tandis que le vétéran Travis Outlaw ne fera pas partie de l’aventure pour les Knicks.

Toronto amorce leur calendrier régulier à domicile ce mercredi contre les Hawks d’Atlanta, tandis que les Knicks se mesurent coup à coup aux Bulls de Chicago au Madison Square Garden mercredi, et se déplaceront vers Cleveland pour le grand retour de LeBron James avec les Cavaliers.

 

Le Procès de LeBron James

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La poussière est maintenant retombée. Cet été, LeBron James a bouleversé la hiérarchie des puissances de la NBA en annonçant son retour dans son patelin à Cleveland, en Ohio. Cette même équipe qui avait fait de lui le premier choix au repêchage de 2003.

Cette deuxième édition de « La Décision » a été menée avec beaucoup plus de classe que lors du fiasco d’il y a 4 ans. Dans une lettre touchante publiée sur le site de Sports Illustrated, LeBron annonce son retour au bercail. L’humilité qu’il a démontré dans ces quelques lignes le ramène d’une certaine manière dans mes bonnes grâces.

Bien qu’il soit adulé pour cette décision, elle soulève chez moi certaines questions quant à son caractère.

LeBron quitte une équipe qui a participé à la finale de la NBA aux cours des quatre dernières années. Pourquoi ne pas avoir donné la chance à Pat Riley de fignoler le club et d’essayer une autre poussée vers le titre? Il a l’air du capitaine qui se sauve de son navire dès qu’il commence à prendre de l’eau.

J’ai aussi de la misère à croire qu’il a été totalement honnête avec le Heat. Riley est l’un des meilleurs directeurs-généraux de la ligue, et les autres signatures qu’il a effectué cet été me laisse croire qu’il avait des discussions plus que positives avec James. Les joueurs de soutien que sont McRoberts et Granger ne sont efficaces que s’ils sont entourés d’une super vedette. Avec LeBron maintenant parti, Miami est pris avec de mauvais investissements. Une autre décision qui semble avoir été influencée par James est le choix de Shabazz Napier au dernier repêchage. Un favori de LeBron, ce garde médiocre au mieux aurait été disponible plus tard en deuxième ronde, mais afin satisfaire le King, Riley en a fait un choix de première ronde.

Dwyane Wade, coéquipier et très bon ami de LeBron, a renoncé à 40M$ garantis pour permettre de garder son pote à Miami et d’améliorer le club. Tout cela aurait pu être évité si les intentions de James avaient été clairement établies auprès des ses coéquipiers et les dirigeants du Heat. En fait, le seul qui en a profité, c’est Chris Bosh que Miami a du surpayer pour le garder loin des griffes des Rockets de Houston.

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Autre chose qui me fait mettre en doute sa loyauté est ce contrat de deux ans qu’il a signé avec les Cavaliers. Tout le monde s’entend pour dire que c’est une stratégie brillante puisqu’il va profiter de l’expiration des contrats de télévision et de l’augmentation de la masse salariale pour faire plus d’argent. Cependant c’est un couteau à deux tranchants placé sous la gorge de Dan Gilbert, car s’il ne fait pas tout ce qui est exigé par sa supervedette, le Roi James peut encore recommencer son cirque en 2016.

Vous n’avez qu’à en parler au dernier premier choix du repechage, l’Ontarien Andrew Wiggins, qui a pris la porte de sortie dès que LeBron a fait comprendre que le club devait aller chercher Kevin Love. Ce n’était pas prémédité, vous dites? L’absence de Wiggins et Bennett de la fameuse lettre de James n’était pas un hasard, croyez-nous. Pire encore, rien ne pressait d’aller chercher Love avant la date limite des échanges, car les Cavs tenaient sans aucun doute le gros bout du bâton dans leur négociations avec les Timberwolves. Ce n’était un secret pour personne que Love cherchait à quitter le Minnesota, et il aurait été intéressant de voir ce qu’un duo Wiggins/James aurait donné sur les ailes.

Intentionnellement ou non, Lebron s’enlève aussi de la discussion Jordan/Kobe. Il a mentionné d’emblée ne pas s’attendre à un championnat rapide. Il semble soulagé de ne plus avoir cette pression sur les épaules pour l’instant.

Pour les fans de basket, c’est toute une nouvelle que ce retour à Cleveland, car la NBA n’en sera que plus attrayante. Pour les puristes, la question reste la même. Peut-on vraiment le considérer comme le meilleur de tout les temps? Ou sera-t-il jugé coupable d’avoir trop voulu en faire à sa tête?

Becky Hammon: le choix innovateur des Spurs

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Les Spurs de San Antonio viennent de réaliser une première dans le sport nord-américain: ils ont engagé la première femme entraîneur-adjoint à temps plein. De loin, cela semble être un coup audacieux que seuls les Spurs ont le don de faire. Mais si on regarde de plus proche, on s’aperçoit que les champions en titre sont restés constants dans leur style de gestion.

Fermez les yeux un instant et imaginez ce scénario:

  • Un meneur de jeu très petit qui remporte plusieurs honneurs en jouant pour son école secondaire mais n’est pas recruté par des grosses universités.
  • Il va donc jouer dans une petite université où il brise des records durant sa carrière. Malgré cela, il ne sera pas repêché pour jouer dans les ligues majeures.
  • Au lieu de se décourager, il essaie de percer et gagne sa place comme recrue non repêchée. Après quelques équipes et quelques années, il arrive à San Antonio, où il devient une pièce importante de l’équipe.
  • Vers la fin de sa carrière, il commence à se faire une place dans l’équipe d’entraîneurs. Rien d’officiel, puisqu’il continue à jouer, mais assez pour que les autres entraîneurs voient en lui un futur entraîneur à temps plein.
  • Durant sa dernière saison, il annonce qu’il va prendre sa retraite au terme du calendrier et va faire partie du groupe d’entraîneurs de l’équipe la saison prochaine.

Vous imaginez qui, en ce moment? Avery Johnson? Ça pourrait être lui dont je parle mais c’est bel et bien l’histoire de Rebecca Lynn « Becky » Hammon.

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Comme la plupart des gens dans l’organisation des Spurs, Becky a toujours dû se battre pour avoir sa place. Après avoir été nommé meilleure joueuse de l’état du Dakota du Sud, elle se retrouva à l’Université Colorado State, qui n’est pas une puissance dans le monde du basketball universitaire féminin. Qu’à cela ne tienne, elle réussit à amener son équipe dans le tournoi de fin d’année, le March Madness, où son flair capta l’attention du public, à la Kim Phelke¹. Malgré une carrière où elle brisa tous les records de sa conférence, elle ne fut pas repêchée, mais elle se forgea une place avec le Liberty de New York. Même après avoir été nommée sur la deuxième équipe d’étoiles de la WNBA en 2005 et avoir été nommée pour jouer dans le Match des Étoiles à trois reprises (2003, 2005 et 2006) pour cette équipe, elle se fait échanger aux Stars de San Antonio.

Becky Hammon Russia

Sa détermination fit la une en 2008. N’ayant pas été invitée une fois de plus au camp d’entraînement de l’équipe américaine et voulant réaliser son rêve de jouer aux Jeux Olympiques, Becky décida de revêtir les couleurs de la Russie et amena son équipe à une médaille de bronze².

Comme la plupart des Spurs, elle est plutôt reconnue pour sa détermination et son haut quotient intellectuel de basketball que pour son talent. Elle fond parfaitement dans le moule de cette organisation.

Je tiens cependant à lever mon chapeau à l’état-major des Spurs. Ils sont reconnus pour faire les choses à leur façon sans prendre en considération leurs critiques. S’ils aiment un joueur européen, ils le prennent en première ronde même si tout le monde pense que c’est un risque (allo, Tony Parker!). S’ils aiment le meilleur joueur de la ligue italienne, ils le repêchent en deuxième ronde même si tout le monde pense qu’il ne viendra jamais jouer dans la NBA (allo, Manu Ginobili!). S’ils trouvent que le calendrier ne les favorise pas et qu’ils doivent donner du repos à certains joueurs, aucun problème (allo, Pop!).

Les Spurs pensent que Becky Hammon est la meilleure personne pour occuper un rôle d’entraîneur-adjoint. Non pas parce qu’elle est une femme. Simplement parce qu’elle a le talent et la connaissance pour faire le travail. Aussi simple que ça.

Bravo les Spurs et bravo Becky!

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¹ En 1992, Kim Phelke amena son équipe, Western Kentucky, au Final Four. Elle avait une entente avec son entraîneur: si une de ses passes à l’aveuglette derrière son dos se transformait en perte de ballon, elle venait s’asseoir. Pourquoi sais-je cela? Parce qu’à cette époque, CBS diffusait le March Madness féminin, ce qui le rendait très accessible. Un de mes souhaits les plus chers, en tant que fan de basketball, est que la NCAA décide d’avoir son March Madness féminin en février et le ramène à CBS.

C’est une victoire sur toute la ligne pour tout le monde :

– Le sport féminin aura plus de visibilité.
– La période morte entre le Super Bowl et le March Madness/début de la saison de baseball serait comblée.

Tout ce que la NCAA aurait à faire c’est de commencer la saison féminine en octobre. Facile comme solution, non?

² Puisque la saison de la WNBA se déroule en été et que les salaires n’y sont pas faramineux, beaucoup de joueuses vont jouer en Europe durant l’automne et l’hiver. Becky a joué pour le CSKA Moscow de 2007-2009, et les autorités russes se sont empressées de lui dénicher un passeport local lorsque les Américains lui ont fait faux bond.