Le Super Bowl XLVIII pour les nuls

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Nous en sommes déjà rendus au weekend du Super Bowl. J’ai des sentiments partagés en ce moment. D’un coté, j’ai hâte de voir la partie la plus importante de l’année et surtout de savoir qui sera couronné champion. De l’autre coté, ça veut aussi dire qu’à partir de lundi, il n’aura plus de foot pour les six prochains mois. Que vais-je faire de mes dimanches?!

Pendant que tous et chacun fignolent les détails de leur party de Super Bowl, je fais face à un dilemme qui m’afflige tous les ans. Où vais-je regarder ce match?
Je me confesse. Il n’y a rien que je trouve de plus agaçant que de regarder le SB entouré de néophytes qui ne suivent pas vraiment la NFL. Vous savez, ces personnes qui seront plus intéressées par la prestation de Bruno Mars et des Red Hot Chilli Peppers à la mi-temps qu’au match lui-même. Ceux pour qui le seul pointage qui compte est le nombres d’ailes de poulet qu’ils auront engouffré. Ceux qui voient le SB comme des retrouvailles pour amis, tout ce dont ils se rappelleront du match le lendemain matin est la dernière pub de Doritos.

Cependant nous aimons tous ces copines, parents et amis, et les bannir de la soirée de dimanche est hors de question. Afin de faciliter les échanges entre les vrais fans et les personnes venues socialiser, je leur rédige un petit guide de survie afin de passer au travers cette joute de football.

Le MetLife Stadium, situé à l'ouest de la rivière Hudson séparant Manhattan et les marécages du New Jersey.
Le MetLife Stadium, situé à l’ouest de la rivière Hudson séparant Manhattan et les marécages du New Jersey.

LES ÉQUIPES – Le match mettra aux prises les Broncos de Denver contre les Seahawks de Seattle, les deux équipes ayant présentement une fiche identique de 15 victoires et trois défaites, séries éliminatoires incluses.

L’EMPLACEMENT – Le match aura lieu à New York, ou plus précisément à East Rutherford au New Jersey, dans le domicile des Giants et des Jets, le MetLife Stadium, qui peut accueillir plus de 82 000 personnes.

LA MÉTÉO – La température pourrait avoir un gros impact sur l’issue du match, malgré que pour l’instant les prévisions météo indiquent un maximum de 9 degrés celsius pour dimanche, avec de la pluie.

Peyton Manning dirige l'attaque des Broncos de Denver de main de maître.
Peyton Manning dirige l’attaque des Broncos de Denver de main de maître.

LES ATOUTS PRINCIPAUX – Les Broncos de Denver et les Seahawks de Seattle étaient les deux équipes favorites pour se retrouver en finale au début de la saison, et pour une des rares fois dans la NFL, la logique a été respectée. On aura la chance de voir la meilleure offensive de la ligue, menée par le numéro 18, le quart-arrière Peyton Manning des Broncos, contre la meilleure défensive et le belliqueux numéro 25 des Seahawks, le demi de sûreté Richard Sherman.

Manning est considéré comme un des meilleurs quarts de tous les temps, et a pulvérisé la plupart des records offensifs par la passe cette saison. Sherman a fait des vagues il y a deux semaines en s’auto-proclamant encore une fois le meilleur demi défensif de la NFL et en défiant les quarts de lancer de son coté. Le gradué de l’université Stanford tente par tous les moyens de remporter la petite guerre psychologique qui accompagne tout match de foot qui se respecte. Sa couverture contre le receveur de passes étoile Demaryius Thomas sera un point tournant de la rencontre.

Russell Wilson
Le quart-arrière des Seahaws de Seattle, Russell Wilson.

JEUNESSE VS EXPERIENCE – Le duel de quarts-arrières est également à surveiller. L’expérience et la précision de Manning contre la jeunesse et les jambes de Russell Wilson. Pour certains, ça va même jusqu’à un affrontement entre un quart vétéran caucasien et un jeune quart afro-américain. Je vous parlerai prochainement des détracteurs qui disent que les Noirs ne sont pas assez brillants pour occuper ce poste.

HÉROS OBSCURS – Dans la catégorie Meilleurs joueurs de soutien, je m’attends à un fort match du receveur Wes Welker pour les Broncos. Le facteur X cependant est le porteur de ballon Knowshon Moreno, qui pourrait bénéficier de l’attention portée à leur talentueux groupe de receveurs. Du coté des Seahawks, leur porteur de ballon Marshawn Lynch devra garder son quart Wilson loin des troisièmes essais et long pour donner une chance à son attaque. Percy Harvin, quant à lui, est l’arme secrète de Seattle, de retour d’une commotion cérébrale. Sa performance pourrait donner au Seahawks le pep nécessaire pour rivaliser avec Denver.

Le porteur de ballon des Broncos de Denver, Knowshon Moreno.
Le porteur de ballon des Broncos de Denver, Knowshon Moreno.

Vous avez maintenant ce qu’il vous faut pour regarder cette partie et faire semblant de comprendre ce qui est en jeu. Pour ma part, je débat encore l’endroit ou assister au match, mais une chose est certaine: on aura droit à tout un spectacle! Merci de m’avoir suivi durant cette saison de football, et restez sur nos pages pour avoir mon point de vue sur pleins d’autres sujets.

Bon Super Bowl à tous!

Le petit guide parfait du fan exaspéré des Knicks de New York

Kenyon Martin

Bonjour, je m’appelle Alexandre et je suis un fan fini des Knicks de New York. Fait important à noter: je déteste les Knicks.

Tout fan de sports d’équipe finit par développer une sorte de relation amour/haine avec son club préféré, alors ma déclaration bipolaire ne devrait pas trop surprendre, vue de cet oeil. La plupart du temps, on ne choisit pas son équipe fétiche, un peu comme on ne choisit pas sa famille ou ses vêtements lorsqu’on est à l’école primaire. On y va avec l’équipe de notre ville dès un très jeune âge, ou sinon avec le joueur ou l’équipe populaire de l’époque s’il n’y a pas d’équipe locale.

Au football, les prouesses de Joe Montana, Jerry Rice, Ronnie Lott et autres m’ont vite impressionné (autant dans Tecmo Bowl que dans la vraie vie), et donc je suis devenu fan des 49ers de San Francisco. Dans la NBA, Michael Jordan était bien sûr mon héros, mais après sa retraite, je n’ai pas ressenti cette loyauté pour les Bulls, et donc pendant quelques saisons j’étais un orphelin du basket. Les Raptors? Ils ont failli m’avoir pendant les années Vince Carter, mais bon… ça n’a pas pris, en fin de compte.

Pendant les années 90, les Knicks formaient une équipe assez redoutable, reconnue pour leur ténacité défensive et leur attitude de cols bleus, se rendant même en finale de la NBA en 1994 et 1999. Leurs séries disputées contre mes Bulls de l’époque, et surtout celles contre les Pacers d’Indiana étaient des classiques, tellement que le réseau ESPN en ont fait un de mes documentaires sportifs préférés. Et lorsqu’on considère qu’il est toujours plus plaisant de pouvoir partager ses joies et ses frustrations de partisan avec d’autres personnes ayant les mêmes intérêts sportifs, le fait que je passe beaucoup de temps dans la métropole américaine aura fini par faire pencher la balance dans mon cœur vers les Knickerbockers. Pire erreur sportive de ma vie, je vous le garantis.

[Parenthèse pour les fans de hockey néophytes du basket: l’équivalent pour vous serait de devenir fan des Leafs de Toronto. Le plus gros marché de la ligue, qui se considère comme la Mecque de leur sport, d’où plusieurs grands joueurs ont grandi, les deux franchises n’ont rien gagné depuis l’ère de glace (1973 pour les Knicks), malgré le plus gros budget de leur ligue respective.]

Les Knicks de 1972-73, champions de la NBA. Regardez-moi ces belles têtes de vainqueurs… Deux morceaux de robot si vous avez reconnu le légendaire Phil Jackson et sa moustache (#18).

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Alors donc, par où commencer? Honnêtement, je ne sais pas. Mais pas du tout. Trop, c’est comme pas assez.

Devenir fan des Knicks par choix en tant qu’adulte, c’est un peu comme tomber en amour avec une danseuse nue (T-Pain et moi, même combat): tant de promesses, de belles choses à voir, de palpitations brèves sans toutefois pouvoir goûter au fruit absolu; sans compter l’argent fou qu’on dépense pour entretenir cet amour allant droit dans les poches d’un mégalomane. Et ne parlons pas des regards confus, voire dérisoires que les autres me jettent quand je leur confie mon béguin. «Pourtant, tu pourrais trouver tellement mieux, Alex!», puis-je lire dans leur yeux. En espérant qu’il me parlaient bel et bien de basket…

Justement, ce mégalomane mentionné plus tôt, celui qui empêche mon amour de voler de ses propres ailes pour réaliser son plein potentiel. On parle ici du propriétaire de l’équipe, monsieur James L. Dolan. Fils de riche, il a hérité de la compagnie de son papa Charles Dolan, Cablevision Systems, une télécom qui perd année après année sa part de marché dans la région de New York au profit de Verizon, Time Warner et autres compagnies de télé cablée. Sous le giron de Cablevision se retrouve MSG Properties, qui regroupe les Knicks, les Rangers de la LNH, et les chaines de télé MSG, notamment. Sauf que la vraie passion de notre Jim national, c’est plutôt la musique, et il a même son groupe, JD & The Straight Shot. Je vous laisse juger par vous-mêmes. Il pousse même la note ces temps-ci (!) en refusant d’accorder des entrevues sur les Knicks s’il n’y a pas de mention sur son band.

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Alors, juste parce qu’il chante du blues de bas de gamme, cela veut-il dire qu’il est si mauvais gestionnaire pour autant? Voyons voir.

– Les Knicks n’ont pas eu de fiche gagnante entre 2000 et 2011, malgré une masse salariale élevée, année après année. En première ronde des séries 2011-12, lorsqu’ils ont enfin réussi à soutirer une victoire insignifiante aux mains du Heat de Miami lors du quatrième match (la bande à Lebron menait 3-0), les gens jubilaient à New York car cela faisait 11 ans que l’équipe n’avait pas remporté de match éliminatoire. Que de progrès.

– Leur historique de repêchage est tout simplement pitoyable, à un point tel que les fans des Knicks présents à la séance annuelle se font toujours un malin plaisir de huer le malheureux élu. Le nombre et la qualité de joueurs qu’ils auraient pu choisir au lieu des illustres inconnus qui ont abouti à Manhattan depuis 2002 est ahurissant. Voici des joueurs présentement actifs que les Knicks ont préféré ignorer: Carlos Boozer, Luis Scola (2002), David West, Boris Diaw (2003), Danny Granger (2005), Rajon Rondo (à qui on a préféré nul autre que Renaldo Balkman un rang plus tôt en 2006), Marc Gasol (2007), Brandon Jennings, Jrue Holiday (2009). Il est vrai que le repêchage est une science très inexacte, mais pour se tromper il faut avant tout avoir l’opportunité de le faire. Devinez qui ne s’est pas pointé au podium en première ronde de 2004, 2010 et 2012? Et qui n’aura pas droit de parole l’été prochain pour ce que la plupart des experts considèrent la meilleure cuvée d’espoirs des 15 dernières années?

– L’ancienne légende des Pistons de Detroit, Isiah Thomas, était le président et D.G. de l’équipe pendant la grande majorité de ces années de misère, et a même poussé l’audace en se nommant entraîneur-chef, après avoir congédié tour à tour des entraîneurs de renom tels que Lenny Wilkens et Larry Brown, entre autres; alors que la ville entière voulait sa tête. Dolan l’a défendu corps et âme, jusqu’à ce qu’une poursuite pour harcèlement sexuel venant d’une employée de l’équipe lui coute 11M$. «Cela demontre qu’ils ne sont pas un modèle de gestion intelligente», fut la citation du commissaire David Stern à l’époque concernant cet épisode (je n’invente rien, les amis). Dolan a tout de même hésité longuement avant de finalement reléguer son grand ami vers un rôle de consultant, poste qu’il occupe officieusement à ce jour.

Isiah Thomas, cherchant la porte de sortie du Madison Square Garden…

– Le successeur de Thomas, Donnie Walsh, n’était pas parfait lui non plus, mais avec le temps nous avons compris que la plupart des décisions douteuses qu’il a pris venaient en fait de Dolan, qui le poussa à démissionner en 2011, car il est probablement la seule personne qui a osé lui tenir tête. Glen Grunwald, l’ancien D.G. des Raptors, n’aura pas fait long feu lui non plus, s’étant fait congédier au cours de l’été dernier. Son défaut principal aura surement été d’avoir amené les Knicks à leur meilleur dossier de saison régulière en seize ans (54-28), et d’avoir enfin remporté une série éliminatoire, leur première depuis l’an 2000.

– Le successeur de Grunwald, Steve Mills, était dans le giron de l’organisation au début des années 2000 en tant que gestionnaire pour MSG et les Knicks, principalement. Une bonne tête sur les épaules, sauf qu’il est plutôt expert en feuille de calcul, et beaucoup moins en feuille de pointage. Lors de son premier séjour, il pensait avoir trouvé la personne idéale pour mener la barque aux opérations basketball, car il ne se sentait pas assez calé en la matière pour prendre les décisions nécessaires. Vous l’aurez deviné… le règne de terreur d’Isiah Thomas, c’était son idée. Et maintenant, n’ayant toujours pas acquis d’expérience en gestion sportive, il se retrouve en tant que président et directeur-général. Comme je vous dis, j’invente rien.

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«Ok, c’est ben beau tout ça, mais tu nous dis pas plus pourquoi les Knicks sont poches, cette année!», je vous entends penser dans votre crâne de fan non-martyrisé dont je suis jaloux. Avec une fiche de 5-14, tout découle de ce qui vient d’être énoncé plus haut, parmi tant d’autres facteurs.

La chute libre d’Amar’e

Si je vous dis qu’à l’été 2010, Dolan a lamentablement échoué son opération séduction sur LeBron alors qu’il était joueur autonome, et qu’après avoir essuyé des refus de la part des autres gros noms sur le marché, il a du se rabattre sur un gars qui a subi d’importantes blessures aux deux genoux, à un tel point que le contrat exorbitant qu’il lui a accordé n’a même pas pu être couvert par les assureurs du club. Vous reconnaitrez ici le cadavre d’Amar’e Stoudemire, qui après une première demi-saison digne d’un MVP en 2010-11, n’arrive clairement plus à suivre le rythme de la NBA. Voici un exemple concret de ses prouesses actuelles:

Amar’e ne se donne même plus la peine de suivre le jeu, et préfère lever les yeux vers les montagnes… (Image gracieuseté de Hoops Lounge)

Si jamais ça vous intéresse comme cadeau de Noel, avoir un joueur sévèrement handicappé par les blessures, qui tourne le dos à l’action et qui en plus se plaint de ne pas avoir assez de temps de jeu vous coûtera la rondelette somme de 21 679 893$ cette saison et 23 410 988$ l’an prochain.

Club d’expérience recherche leadership

La saison dernière, les Knicks comptaient sur des vétérans établis tels que Jason Kidd et Marcus Camby qui, sans être aussi productifs qu’avant, ne laissaient pas leur place dans le vestiaire. Ce vide a été brillamment comblé notamment par l’embauche de… Metta World Peace, feu Ron Artest, qui revient jouer dans sa ville natale. On vous a déjà détaillé ses exploits auparavant. Si au moins il contribuait sur le court, mais non…

Bien sûr, tout ceci ne serait pas un si grave problème si le commandant du navire s’acquitterait de sa tâche. Il est maintenant plus qu’évident que le message de l’entraineur Mike Woodson ne passe plus dans le vestiaire, vu l’indiscipline et la nonchalance extrême de la plupart des joueurs en ce moment. Ça finit par donner ce genre de regard incrédule:

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Et il le fait plusieurs fois par match. À TOUS LES MATCHS.

Petite remarque comme ça: si son prédécesseur Mike D’Antoni était un spécialiste offensif qui arrivait à soutirer le maximum de ses joueurs à ce niveau, mais qu’on lui reprochait son inefficacité totale à établir un système défensif le moindrement adéquat, c’est tout à fait normal que ça lui ait coûté son poste. Mais si Woodson est supposé être un gourou défensif et qu’il n’arrive toujours pas à imposer sa façon de faire à son alignement… on fait quoi?

Les hauts et les (très) bas de J.R. Smith

Earl Smith III est un joueur avec un talent offensif inouï: très athlétique, manie bien le ballon, peut lancer de l’extérieur autant qu’il sait se frayer un chemin jusqu’au panier, et ne se défile pas lors de moments importants. Il est clairement devenu la deuxième option offensive de son équipe après Carmelo Anthony, et son trophée de Meilleur Sixième Joueur de l’Année était amplement mérité, la saison dernière.

Mais justement, il y a une raison pour laquelle il est impensable de lui confier un poste de garde partant: il est incroyablement inconstant, et ne sait pas quand s’arrêter de tirer lorsqu’il n’est pas en possession de ses moyens. En d’autres mots, il est comme du fast-food: peut nous combler de temps en temps, voire même nous surprendre agréablement, mais on serait très mal en point s’il fallait compter dessus à tous les jours pour notre bien-être.

Malheureusement pour les fans des Knicks, il se rapproche plus d’une Belle Province miteuse en pleine nuit que d’un bon Five Guys depuis qu’il a asséné un uppercut du coude à Jason Terry en séries, le printemps dernier (moyenne de 11,7 pts/match cette saison, au lieu de 18,1 la saison dernière). À moins que ce soit dû au fait que Rihanna ait rejeté ses avances, à la même époque?

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Oh, j’aimerais vous rappeler que James Dolan avait peur de perdre Smith sur le marché des joueurs autonomes pendant l’été, et que pour lui faire plaisir, il a également signé son frère Chris, qui n’arriverait pas à se démarquer dans votre ligue locale. Quel fin renard. Encore une fois, je n’invente RIEN.

Primo Pasta

Oui je sais, c’est mesquin de ressortir ce surnom pour le grand Andrea Bargnani, mais il représente bien toute la discorde qui règne à NY en ce moment, malgré lui. Je m’attendais au pire pour lui dans la Grosse Pomme, mais force est d’avouer qu’il se débrouille pas si mal en ce moment. Ses statistiques sont même en hausse par rapport à la saison dernière, et son apport offensif est indéniable pour l’instant, lui qui est le deuxième meilleur marqueur de l’équipe avec ses 15,4 pts/match.

Alors il est où, le problème? L’ancien premier choix des Raptors aurait été une acquisition judicieuse s’il répondait aux lacunes défensives de l’équipe, car il n’était qu’une question de temps avant que Tyson Chandler se blesse encore une fois (si vous n’avez pas encore remarqué que la clairvoyance n’est pas la specialité de Dolan et l’état-major des Knicks…).

Bargnani mesure sept pieds, et la saison dernière il est devenu le premier joueur de sa hauteur à obtenir une moyenne en-dessous de quatre rebonds par match dans l’histoire de la NBA. Il peut contenir son homme à un-contre-un de temps en temps, comme il l’a fait avec Dwight Howard récemment, mais il a aucune espèce d’idée comment aider un coéquipier défensivement. Exemple:

Bargnani Hawks

Des fois, on se demande s’il maîtrise bel et bien son corps, ou si la manette de la personne qui le contrôle fait défaut:

Bargnani Spurs

La grande question pendant la saison morte à Toronto était de savoir comment le nouveau directeur-général Masai Ujuri allait réussir le tour de force de se débarrasser de Bargnani et de son contrat démesuré (11M$ cette saison, 12M$ la saison prochaine), vu qu’il y était considéré comme du bois mort. Bien sûr, les Knicks ont répondu à l’appel. Et bien sûr, il se sont dit qu’un joueur surpayé ayant des carences flagrantes valait non pas un, ni deux, mais bien TROIS futurs choix au repêchage. On applaudit haut et fort, svp!

Ah, j’allais oublier! Bargnani et son jeu défensif risible réussit même à causer des conflits entre deux autres coéquipiers:

Iman Le Terrible

Justement, vu qu’on en parle… voici un jeune joueur qui a toutes les qualités requises pour aider n’importe quelle équipe: très athlétique, joue très bien défensivement, contribue de plusieurs façons offensivement, est aimé des partisans, et a surmonté des épreuves avec brio, lui qui a subi une grave blessure au genou à la fin de son année recrue. Mais dans l’univers des Knicks, c’est toujours une bonne idée de vouloir se débarrasser d’une pièce importante de l’alignement sans vraiment savoir ce qu’on veut en retour.

Shumpert fait donc l’objet de transactions depuis quelques temps, et on parle ici de Kenneth Faried des Nuggets de Denver, ou bedon Dion Waiters des Cavaliers. Il y a même eu des rumeurs pour Rajon Rondo, mais évidemment ça prendra beaucoup plus que Shump comme pièce maîtresse pour inciter les Celtics à se départir d’un des cinq meilleurs meneurs de jeu de la ligue. Boston serait enclin à entamer des pourparlers sérieux si des premiers choix au repêchage étaient inclus, mais je crois avoir oublié de vous mentionner que les Knicks n’ont plus de choix à leur disposition jusqu’en… 2018. Misère.

De plus, selon plusieurs sources, l’argument utilisé par l’état-major lors de négociations avec d’autres clubs serait que Shumpert connait une saison en dents de scie dû à l’utilisation qu’en fait son entraîneur. Bien sûr, personne là-bas n’a pensé à, je sais pas… remplacer l’entraineur? Au risque de me répéter… JE N’INVENTE RIEN.

Melo-drame 2.0?

Carmelo Anthony est sans aucun doute l’un des 10 meilleurs joueurs de la ligue, voire même un des cinq meilleurs. Il a remporté le championnat des meilleurs pointeurs de la ligue l’an dernier, et semble être en voie de pouvoir réaliser l’exploit une fois de plus cette saison. Personne n’a autant de facilité à mettre le ballon dans le panier que lui, et ce de toutes les façons possibles et imaginables. Quand on le regarde, il n’a pas le physique imposant de Lebron, ni la grâce de Kobe ou la touche de Kevin Durant, mais les points continuent à s’accumuler année après année.

Sauf que Melo ne peut se soustraire au théorème de la NBA qui dit qu’un joueur ne peut gagner les grands honneurs à lui seul, peu importe son talent. Demandez à Lebron, Kobe, et même Michael Jordan. Allen Iverson a failli devenir l’exception qui confirme la règle, mais il s’est buté aux puissants Lakers de 2001. Et le problème à NY, c’est que lorsque Carmelo connait un match hors de l’ordinaire au niveau individuel, son équipe finit par perdre plus souvent qu’autrement. On est mal barrés, comme on dit.

Il y a aussi un léger problème de réputation surfaite: Anthony est reconnu pour être un des meilleurs joueurs sous pression en fin de match, communément appelé closer dans le jargon basket. Carmelo a eu le ballon dans les mains à 15 reprises avec 3 points ou moins de retard en toute fin de match depuis deux ans. Il a réussi à enfiler l’aiguille à combien de reprises, selon vous? Si je vous dis UNE SEULE FOIS, vous me répondez en me disant que c’est trop peu pour un joueur de concession, n’est-ce pas?

N’oublions surtout pas le fait qu’on parle des Knicks ici, et que s’ils ont la chance de briser une formule gagnante, ils se doivent de le faire sans aucune hésitation. Melo jouait en tant qu’ailier fort (power forward) la saison dernière, et tout roulait à merveille de cette façon, autant pour lui que pour ses coéquipiers, même si ce n’est pas sa position naturelle d’ailier (small forward). À 6’8″, il est beaucoup plus agile que bien des adversaires et arrivait à se démarquer aisément. Certains observateurs notaient par contre que l’abus physique qu’Anthony subissait à se frotter contre des joueurs plus gros que lui finirait par le ralentir et l’épuiser. «Un gros paquet de n’importe quoi!», je me disais quand j’entendais cette théorie. Voici comment la saison des Knicks s’est terminée, à quelques minutes près:

J’ai passé l’été à tenter d’oublier cette image…

Il a dit vouloir tester le marché des joueurs autonomes l’été prochain. Pour ensuite se rétracter. Pour ensuite laisser sous-entendre à certaines personnes de son entourage qu’il était déjà parti dans son esprit. Les fans des Lakers salivent déjà de pouvoir l’avoir en mauve et or. On connaîtra le dénouement en temps et lieu.

*   *   *   *   *

Alors, la solution pour sortir de ce marasme? Honnêtement, aucune idée. On pourrait échanger Melo tout de suite et se renflouer en choix de repêchages, mais vu l’historique de recrutement, je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée. Finir dans la cave ne sert à rien sans choix disponibles. Patienter jusqu’à l’été 2015 et refaire le plein de gros noms qui deviendront joueurs autonomes (Kevin Love ou Rajon Rondo, comme la nouvelle rumeur le suggère)? C’est une option. Congédier Woodson? Cela semble inévitable. Empêcher Raymond Felton de se rendre au McDo? Je vote oui.

Carmelo n’est pas le problème. Ni Shumpert. Ni Tim Hardaway Jr, qui montre des signes prometteurs en tant que recrue. Mais tout le reste de l’organisation pourrait et devrait être remplacée, tellement la gangrène s’y est infectée. Au bout du compte, tout repose sur l’homme au haut de la pyramide, mais il ne faudrait pas trop compter sur lui, malheureusement. Comme la plupart des fans, je m’y suis fait, et j’accepte que mon équipe favorite est loin d’être parfaite. Cela permet de me défouler comme je viens de le faire avec vous. En fait, il est peut-être là aussi, le problème…

Le grand ménage chez les Sabres de Buffalo

Darcy Regier

Coup de théâtre à Buffalo ce matin, alors que la haute direction des Sabres a congédié le directeur-général Darcy Regier ainsi que l’entraineur-chef Ron Rolston. Elle a aussi annoncé que Pat LaFontaine sera nommé président des Opérations hockey. Le tout a été annoncé lors d’une conférence de presse à Buffalo. Le club a également annoncé que Ted Nolan assurera le poste d’entraîneur-chef par intérim.

LaFontaine a joué six saisons avec les Sabres entre 1991 et 1997, et était jusqu’à hier un conseiller chez les Islanders de New York.

C’est un retour dans l’organisation pour Nolan, après avoir dirigé l’équipe entre 1995 et 1997. Durant la saison 96-97, il a mené les Sabres en tête de la Division Nord-Est avec un rendement de 40 victoires, 30 défaites et 12 matchs nuls ce qui lui a mérité le trophée Jack-Adams, remis à l’entraineur de l’année.

Regier, qui a signé une prolongation de contrat juste avant le début de la dernière saison, était à sa 17e saison en tant que directeur général. Sous sa gouverne, l’équipe a atteint la finale de la Conférence de l’est à quatre reprises, dont la dernière fois remonte en 2007.

Il a embauché Ron Rolston à titre d’entraîneur-chef au printemps dernier, alors qu’il l’était par intérim suite au congédiement de Lindy Ruff en début d’année, suite à une fiche de 6 victoires, 10 défaites et une autre en prolongation.

Rolston, à son tour, a conduit son équipe vers une fiche de 15-11-5. Avant d’être en poste, il était l’entraineur des Americans de Rochester depuis 2011, le club-école des Sabres dans la Ligue Américaine.

La saison dernière, Buffalo a compilé un dossier de 21-21-6 et a manqué les séries éliminatoires pour une deuxième année de suite, une quatrième fois en six saisons. Cette saison, à ce jour, leur rendement est à 4-15-1.

La transaction Vanek/Moulson: Analysons

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Déjà une première transaction d’importance dans la LNH. Dimanche dernier, les Sabres de Buffalo ont envoyé le marqueur étoile Thomas Vanek aux Islanders de New York pour Matt Moulson, un choix de première ronde en 2014 ainsi qu’un choix de deuxième ronde en 2015.

New York a donné beaucoup trop vous dites? Oui et non. Voici pourquoi :

OUI

Au cours des quatre dernières saisons, Moulson a marqué 112 buts alors que Vanek a fait sensiblement de même avec 106. Ils ont le même âge, repêché dans la même année, et tous les deux deviendront des joueurs autonomes sans restriction à la fin de la présente campagne.

Même si le risque est élevé et qu’on ne sait jamais sur quoi on va tomber, les choix au repêchage demeurent toujours des atouts importants. Trop souvent, les directeurs-généraux n’hésitent pas à les échanger, surtout les choix de deuxième ronde, pour améliorer leur équipe en vue des séries éliminatoires. Or, faites une petite recherche, et vous réaliserez que bien des mines d’or sont dénichées en deuxième ronde, quasiment autant qu’en première.

NON

Pourquoi NYI ont-ils payé aussi cher alors? Même si Moulson est un bon marqueur, il a plutôt plafonné, son potentiel reste limité, et donc les chances qu’il s’améliore sont minces. Rappelez-vous qu’avant que John Tavares ne demande une faveur à la Direction afin qu’elle signe son bon ami à un essai, Moulson ne s’était jamais taillé une place dans la LNH. La magie a évidemment cliqué, et Moulson est devenu un marqueur respecté. En quatre saisons, il aura marqué 235 pts en 334 matchs dont trois saisons de 30 buts et plus. Pour sa part, Vanek compte 8 saisons sous sa cravate totalisant 497 pts en 598 matchs dont sept saisons de 25 buts et plus (dont deux de 43 et 40). Sa seule saison de 20 buts est issue de la saison écourtée du lock-out.

Vanek a donc plus d’expérience, a démontré une meilleure constance et contrairement à Moulson, il a prouvé qu’il peut jouer, peu importe qui est son joueur de centre. C’est pour cela que Snow a payé le gros prix. Bien sûr, il a surpayé en quelque sorte puisque les deux deviendront joueurs autonomes, mais ce prix en est clairement un issu de la dernière saison écourtée. Je dois tirer mon chapeau à Darcy Regier qui a tiré la gâchette aussi tôt, puisque sinon j’ignore s’il aurait eu ce prix à la date limite des transactions, où Vanek ne jouerait que quelques matchs avec sa nouvelle équipe. Avec une transaction aussi hâtive, Regier a mis en valeur la jeune saison qu’est celle de 2013-14, et que l’Autrichien aura le temps de s’épanouir à Long Island.

Là où les Islanders ont perdu la transaction, c’est qu’ils n’ont fait que remplacer Moulson et qu’ils auraient pu améliorer l’équipe tout en le gardant. En ayant les deux marqueurs, les Isles seraient présentement une menace sur les deux premiers trios, en plus de compter sur une unité dévastatrice en avantage numérique. J’aurais préféré voir Snow offrir soit Kyle Okposo, Josh Bailey ou Michael Grabner. Bien sûr, étant dans une équipe où la situation financière est précaire, il était probablement menotté et il n’a eu aucun choix que d’offrir Moulson et espérer signer Vanek par la suite. Il devait faire un choix entre les deux. Sinon, la négociation d’un choix au repêchage conditionnel à l’éventualité que Vanek prolonge son séjour à Long Island aurait été une meilleure option.

Mais parlons que pour parler… Avec ce que j’ai proposé, imaginez les Islanders suivants :

Matt Moulson – John Tavares – Thomas Vanek
Pierre-Marc Bouchard – Frans Nielsen – Josh Bailey

Là, il y a de quoi à rêver….. pour la première ronde! Ce n’est évidemment pas assez fort pour se rendre à la quête ultime.

Peter Laviolette est congédié

Peter Laviolette

Un entraîneur est déjà congédié dans la Ligue Nationale de Hockey.

Avec une fiche d’aucune victoire et trois défaites pour débuter la saison, Peter Laviolette a été remercié de ses services ce matin, et sera remplacé par son adjoint, Craig Berube. Laviolette a mené les Flyers à la finale de la Coupe Stanley en 2010, a compilé une fiche de 142 victoires, 98 défaites et 29 autres défaites en prolongation avec cette équipe. Il a également mené son équipe vers une participation aux séries éliminatoires trois fois, ne manquant une seule fois la danse du printemps, lors de la saison écourtée du lock-out l’hiver dernier. Outre les Flyers, Laviolette a également dirigé les Islanders de New York et les Hurricanes de la Caroline, avec qui il a gagné la Coupe Stanley en 2006.

Il était venu en renfort chez les Flyers en 2009, après que les joueurs aient réclamé un entraîneur plus exigeant que John Stevens. Pour ce qui est de son successeur, Berube, il s’agira d’une première expérience derrière le banc d’une équipe de la LNH en tant qu’entraineur-chef, lui qui a toujours œuvré en tant qu’adjoint.

Congédiement trop rapide, vous dites? Bien sûr, avec seulement trois parties disputées à date, personne ne mérite d’être mis sur la sellette aussi rapidement. Je trouve cette décision injustifiée également. Certes, Philadelphie est un gros marché de hockey et les attentes y sont énormes, vu l’objectif d’accéder aux séries éliminatoires, mais le pilote n’a raté ce rendez-vous qu’une seule fois en quatre ans.

Les Flyers ont fait des acquisitions-clés l’été dernier en embauchant Ray Emery, Mark Streit et Vincent Lecavalier, tout en liquidant les salaires de Daniel Brière et d’Ilya Bryzgalov. Tout parait bien sur papier. Le seul problème, c’est que le directeur-général, Paul Holmgren, a décidé de dépenser à nouveau l’argent qu’il venait d’économiser suite aux rachats de ces salaires, en ne prenant pas compte des prolongations de contrats qu’il a eu à donner à Claude Giroux et Matt Read.

Le point tournant de l’ère Laviolette chez les Flyers a été la saison morte où, encore une fois, Holmgren lui a carrément menotté les mains en échangeant les vedettes Mike Richards et Jeff Carter, des échanges aux allures d’un coup de tête. La jeune équipe des Flyers à l’époque était sur le point d’exploser, de dominer et surtout, de rivaliser contre des gros clubs comme les Penguins de Pittsburgh et les Bruins de Boston. À cause de ces échanges, Holmgren a retardé de quelques années l’arrivée à l’apogée de son équipe et pendant ce temps, Richards et Carter gravèrent leur nom sur le prestigieux trophée de Lord Stanley. Malgré tout, Laviolette a mené les nouveaux Flyers aux séries éliminatoires, mais s’inclina au deuxième tour face aux Devils du New Jersey.

Ensuite, le DG a multiplié ses mauvaises décisions en échangeant James van Riemsdyk pour Luke Schenn, en échangeant ses choix au repêchage pour Filip Kuba, en octroyant un contrat hyper lucratif à Ilya Bryzgalov, et en échangeant Sergei Brobovski qui gagna le trophée Vézina l’année suivante.

Il est donc clairement inapproprié que Peter Laviolette, avec une fiche gagnante durant son règne à Philadelphie, ait écopé pour les déboires de son ancien patron.

Il est évident que le propriétaire Ed Snider fait pleinement confiance à Holmgren. Peut-être que leur relation personnelle aveugle le riche milliardaire et qu’il décide de vivre et mourir avec ses mauvaises décisions. Sauf que vous savez probablement autant que moi qu’à Philadelphie, c’est comme à Montréal: c’est bien beau une relation d’hommes d’affaires qui se font confiance, mais à un moment donné, l’équipe doit gagner avec l’état-major adéquat pour celle-ci. Et ça, Philadelphie ne l’a pas.

Donnons une chance à Berube derrière le banc. Comme John Stevens, il a pratiquement « élevé » tous les jeunes de l’organisation, en étant dans le giron du club-école à Adirondack. Mais combien de temps cela prendra-t-il avant qu’il soit victime du tandem Snider/Holmgren?

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